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mars - Page 5

  • Coyote fendu

    dominant modèle d'emploi,almanach du petit pervers illustré (vol 2 à paraître)

    Ne DITES PAS:

    "ça? ça mais ma pauvre Cathy c'est NORMAL, ça. Les autres elles sont photoshopées.  Mais tu me plais toujours autant, tu le sais bien.

    Ni même:

    Attends, regarde Séve, depuis qu'elle s'est faite refaire les seins  elle a vraiment repris confiance en elle. Penses-y, quand même. Oh, attends: je te l'offre.

    Ni encore:

    Arrête de chouiner, enfin! TOUTES les femmes qui ont un jour enfanté ont le nombril un peu flasque. (Surtout si vous projetez de vous moucher immédiatement après).

     

    MAIS prenez le temps d'un long silence et DITES, posément, en détachant chaque mot:  

    "Détale me chercher tes pinces à linge. Celles en bois. TOUTES. Tu vas devoir les compter, une à une.

     Et il ne faudrait pas qu'il en manque."

     

    NE DITES PAS:

     "Achètes-les si tu veux, mais tu vas crever dans des bas en vinyle!"

    MAIS faites courtoisement semblant de ne rien avoir entendu.

    (Et offrez vite une paire de gants d'opéra à cette écervelée aux goûts vulgaires). 

     

    NE DITES PAS:

     "Je DORS putain mais samedi, promis, je te fouette au sang" (ou à tout le moins, cachez cette paupière qui tressaute).

    MAIS murmurez PLUTÔT:

    "Mon insatiable petite salope va devoir attendre avant que son dos s'embrase que tout le reste soit en feu. Cette nuit, tu te contenteras de sucer très sagement mon pouce. 

    Oh non, inutile d'ouvrir ta bouche."

     

     

    NE DITES PAS:

    "Pas mal, ta photo"

    MAIS DITES:

    "Pas mal, ta photo.

    Tu peux venir te coucher, je t'ai préparé ton panier"


     

     

     

  • Sonné en whore

    "J'attends de vous, Mademoiselle la Poupée, que ce sonnet compliqué et que vous n'aimez pas, vous l'appreniez par cœur, consciencieusement. Je sais que vous vous le murmurerez craintivement, les trois soirs qui précèderont notre rencontre, dans votre lit virginal, lovée entre vos draps blancs. Et lorsque vous viendrez à ma rencontre, petite fille vêtue de votre jupe sage et de votre chemisier boutonné, vous prendrez place devant moi. Vous tirerez vos bras en arrière et conserverez votre regard baissé tout au long de votre longue récitation. Je garderai en travers de mes cuisses cet instrument en osier pour battre les matelas, et que vous craignez tant. Et lorsque vous vous tromperez, Petite fille, car vous vous tromperez, vous croiserez alors mon regard sévère, je me lèverai, je vous ferai tourner sur vos talons plats, et j'abattrai sur le tweed tendu de votre jupe mon paddle en osier.

    Pour ce sonnet, Mademoiselle la Poupée, Mallarmé n'avait que trois rimes en X et vous n'aurez que trois jours pour vous y préparer.

    Mes instructions, Jeune fille, ne souffrent aucune exception, et vous les prendrez  au pied de la lettre.

     

     

     

     

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     - Mais...Mais... C'est MOI le Maître!

     


    "

     

     

     

     

     

  • "Libère ton expression comme tu pisserais au bord d'une route, l'ami: en faisant bien attention au sens du vent"**

     

    Une rue de province assez large, près d'un fleuve, bordée de commerces et de places de stationnement, du monde qui va et vient en ce samedi matin très clair et très froid pourtant post apocalyptique mais où les gens continuent à faire un peu attention les uns aux autres.

    La petite voiture blanche et bien propre jouxte la devanture d'un grand fleuriste. Un monsieur, la respectable et altière cinquantaine, bien mis et bien propre aussi, l'air sérieux, tient courtoisement ouverte la porte arrière du véhicule, côté route, à une femme, peut être la sienne, à peu près du même âge et vêtue avec recherche, pour l'heure penchée en avant et occupée à installer au centre de la banquette arrière une imposante quoique bien gaie composition florale.

    Je me dis qu'ils doivent se préparer à se rendre à une cérémonie de mariage.

     

    Le monsieur, l'air absent et le regard baissé vers la femme, semble lui avoir totalement délégué la délicate opération qu'il ne surveille même pas. La dame, concentrée, s'affaire à trouver l'agencement optimal.

    Autour, les voitures avancent au gré de la libération des feux. 

     

    Lorsque soudain, sans prévenir, peut être sans que l'idée même arrive à sa conscience, sans doute comme un arc réflexe, sans se préoccuper des passants, ni des voitures, la main du monsieur, prenant son élan, s'abat de toutes ses forces sur la jupe blanche tendue. 

     

     

     

    ** Poutous,

         Dirty Harry.

     


  • Per rompere il ghiaccio guardare sotto il tavolo

     

    a."Les moyens les plus pittoresques d'enlever les petites lentilles aplaties de cire du corps d'une femelle, par ordre décroissant d'effroi pour cette dernière :
     
    - un couteau aiguisé, dont le fil tranchant concourt à parfaire l'épilation,
    - le fouet ,
    - un couteau peu aiguisé,
    - un martinet
    - une serviette, pour frotter énergiquement, ce qui confère un statut de pouliche bouchonnée à la malheureuse.
     
    En fait, je m'arrange généralement pour combiner ces différentes techniques.
     
    Ne pas perdre de vue que le fouet et le martinet sont des centrifugeuses à lentilles de cire. Ca en fout partout..."
     
     
     
     
     
     

     
     
     
     
     
    Texte: A
    Son: eighties
    Image: p.powder

     

  • Magnif'

     

     

     

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    Dans le silence, les claquements de mains, une gosse minuscule avec son bébé sœur et sa mère, fières, qui chante depuis leur balcon et fait fondre tout le cortège. Ce gamin sur le feu rouge avec son crayon, RSF, en noir, Hollande qui fait un énorme câlin à Pelloux, et merde, un cortège de cars de CRS, qui descend Beaumarchais, et qu'on applaudit en haie d'honneur. Mon doigt était au centre du monde. Mon cœur, aussi.

     

     

    Et juste avant, samedi soir, le dernier fou-rire, Cabu qui règle le sort du FN et de Soumission en 4 mots.

     

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    Vous vous rendez compte? Ils ont plus déplacé qu'un pape mort!

  • Nature et découverte

     

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    " Ça va au-delà du bordel des blogs des clubs, des envies, des noirceurs. Sa crainte, c’est l’insatiabilité. C’est que jamais je sois rassasiée de tout cela. C’est que j’en veuille toujours plus, et c’est que, à la fin, cela finisse par m’éloigner, par nous éloigner l’un de l’autre.

     

    -…

     

    - Je comprends bien tout ça. Mais moi tu vois, l’insatiabilité, il est temps que je me l’autorise. Il est grand temps que je l’accepte. Il est temps que j’arrête de me l’interdire. Au nom de quoi, parce que je pourrais être insatiable, je m’interdirais le moindre pas en avant ?

     

    -…

     

    - Comment peut-on faire pour être raisonnablement insatiable ?  Comment pourrais-je, moi qui ne connais que la marche arrière ou en avant toute ? Comment fait-on pour se cramer prudemment ?

     

    -…

     

    - Parce que moi, je sais de quoi je suis insatiable. Cela n’a rien à voir avec des clubs, des salopes offertes, des culs bleuis, des laisses et des colliers. Je ne me rassasie pas de son regard noir. Je ne me rassasie pas de ses envies noires. Je ne peux plus me passer de  provoquer son plaisir et son abandon. Je ne peux plus me passer de cet accès qu’il me laisse à ses vices renouvelés. Je ne peux plus, à présent, lui retirer mon âme. Ne pas le laisser accéder à ma propre noirceur. A mon propre vice. A lui seul. Je raffole de ses envies. Je raffole de son insatiabilité à lui. Je suis prête à en passer par tout ce qu’il voudra, quoi qu’il en coûte, pour accéder à son plaisir. Je ne veux pas m’interdire de vivre quoi que ce soit. Comment peut on raisonnablement s’offrir corps et âme ? Comment peut-on se mettre parcimonieusement à l’entière disposition de toutes les turpitudes ?  Comment fait-on, pour être inconditionnelle en posant des limites ?

     

    -…

     

    - Alors tu vois, il n’y aura pas de safeword. Il n’y aura pas de frontière. Je prie de toutes mes forces pour détester ce qu’il adorera obtenir de moi. Je prie de toutes mes forces pour que ma propre insatiabilité à son vice à lui me fasse sortir de mes préventions à moi, de mes envies à moi, de mes limites à moi. Je suis insatiable. Je suis insatiable de son insatiabilité. Les clubs, les autres, les lanières, les marques, les larmes, les putes russes on s’en fout. Je suis insatiable de lui. De lui seul. Et j’espère bien m’y perdre. Je ne supporterai pas de ne pas m’y  perdre. Je ne supporterai pas qu’il aie peur de m’y perdre. Comment pourrais-je me perdre quand toutes les transgressions me ramènent à lui ?

     

    -Je t’envie, tu sais.

     

    -Oh, fous-moi la paix avec ça »

     

     

     


    Image copyright p.powder

     

  • Chute de liens

     

     

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    "J'aime cet homme qui me fait souffrir sans même en prendre conscience. Ma nature masochiste ne suffit pas à expliquer mon sentiment passionnel. Il est différent. Il est cette partie de moi que j'aurais voulu être. Je l'aime pour la force qu'il m'insuffle jusqu'à faire  d'une petite étudiante complexée l'héroïne de nuits ensorcelantes que la majorité des femmes ne connaîtra jamais. Il me hisse. Il me projette. Il me multiplie en me révélant les abysses de mon âme, en les magnifiant, en me sublimant en tant qu'esclave, en me faisant accepter mon rang d'objet. Il a créé entre nous un lien indestructible, que rien ne pourra briser, surtout pas la rupture car si nous nous quittons un jour, si le désamour nous éloigne, si nos fantasmes s'éteignent, alors pour moi il deviendra immortel".

    Vanessa Duriès. Le Lien.

     

     

     

    Speak low, spank hard.

     


  • Les"sons d'hommes

    Poney him himself aïe

     

    "Ma japonaise? oui. On se voit toujours.

    ...

    On se voit quand il y a du monde.

    ....

    ....

    ....

    Tu verrais son regard... Son regard à l'instant où une main se pose sur elle."

     

     

     

     

    Titre tendre

    Image: Rogelio de Egusquiza. Rêverie durant le bal, 1879. Pour les tigres à terre.

    Son: en L .

    Images qui bougent: work (stuff). In progress.

     


     


     

     

  • App'lez moi le démiurge

    eDhpendhMTI=_o_madame-reve-alain-bashung-clip-chanson-musique-film-fr-.jpg"Dresser un jeune cheval est un travail de longue haleine, mais c'est une expérience très gratifiante. En entraînant vous-même votre cheval, vous pourrez lui apprendre à réaliser des exercices comme vous l'entendez tout en établissant d'importants liens affectifs avec lui. Commencez par travailler le cheval à pied et au fil du temps votre cheval deviendra une monture parfaitement agréable."

     

    "Ayez conscience de votre niveau d'expérience. Entraîner un jeune cheval est un projet enthousiasmant, mais votre excitation ne doit pas vous donner une vision faussée de votre niveau de connaissance et de votre expérience équestre. Dresser un cheval est un processus qui prend du temps et c'est une décision qui ne doit pas être prise sur un coup de tête. Si vous désirez dresser votre cheval, mais n'avez pas une grande expérience de cavalier ou n'avez jamais entraîné de cheval auparavant, envisagez de louer les services d'un entraîneur professionnel à temps partiel ou de vous faire conseiller par un ami plus expérimenté. "

     

    "C'est vous qui prenez les décisions, faites-le fermement. Pour que l'entraînement fonctionne, vous devez montrer aux chevaux que c'est vous qui décidez et que vous ne voulez que leur bien. Il y a une différence entre décider et imposer. Lors des entraînements, assurez-vous de donner des indications claires et fermes sans être agressif ou excessif. Pour votre rôle d'entraîneur :

    • Soyez ferme sans être agressif
    • Travaillez lentement, mais régulièrement afin d'instaurer la confiance
    • Gardez toujours à l'esprit la santé (physique et mentale) de votre cheval, en toute situation.
    • Restez confiant et calme."

    "Élaborez un programme d'entraînement. Même les meilleurs entraîneurs ont toujours en tête un plan d'apprentissage. Divisez les tâches en de petits objectifs et travaillez lentement pour les atteindre. Chaque étape de votre programme doit être basée sur des notions sur lesquelles vous avez déjà travaillé afin que votre cheval perfectionne sans arrêt ce qu'il a déjà appris.Tenez-vous à votre programme. Il n'y a pas de mal à prendre un peu plus ou un peu moins de temps que ce que vous aviez prévu, mais ne laissez pas passer de longues périodes entre les séances d'entraînement."

     

    Mettez en place un système de récompense et de punition qui soit constant. Vous ne pourrez pas entraîner votre cheval correctement si vous n'êtes pas en constant accord avec votre système d'apprentissage. Comme avec n'importe quel être vivant, les récompenses fonctionnent mieux que les punitions. Quand votre cheval répond correctement à un ordre que vous lui avez donné, récompensez-le immédiatement. En général, on récompense le cheval en le félicitant (c'est bien/bravo !) ou en lui caressant l'encolure/(...)/(...). Ne punissez jamais votre cheval, à moins qu'il n'ignore votre demande à plusieurs reprises.

    Pour punir le cheval, faites-le comme il y est habitué, c'est-à-dire de la façon qu'un cheval dominant dans un troupeau « punirait » un autre cheval pour sa mauvaise conduite. « Mordez » le cheval en lui pinçant le poitrail ou en le lui claquant fermement avec la paume de votre main.

    Ne punissez jamais un cheval en le battant ou en le fouettant. En tant qu'entraîneur, vous devez montrer votre autorité sans pour autant mettre en danger la santé mentale ou physique de votre cheval.

    Ne récompensez pas votre cheval en lui donnant des friandises, au fil du temps il pourrait devenir oppressant et avoir tendance à mordre. Vous pouvez donner des friandises occasionnellement, mais une à une et en dehors du temps d'entraînement. (pause rêveuse)...

     

    Votre cheval doit tolérer qu'on manipule sa tête/(...)/(...), habituez-le à cela. Commencez par placer votre main/(...) sur une partie de la tête ou de l'encolure du cheval qu'il vous laisse toucher sans problème puis déplacez lentement votre main tout autour de sa tête. Faites des mouvements en douceur. Les chevaux détestent les mouvements brusques (puisqu'ils sont des proies) et deviennent nerveux si l'on fait des gestes trop rapides. Si votre cheval devient stressé ou nerveux quand vous touchez une partie de sa tête en particulier, arrêtez votre main et ne la bougez plus jusqu'à ce qu'il se détende. Récompensez-le ensuite d'avoir vaincu son anxiété.

     

     (special tribute) Entraînez votre cheval à reculer. Le reculer est l'un des mouvements basiques que tout cheval bien dressé doit savoir exécuter. Emmenez votre cheval dans un espace ouvert, muni d'un licol et d'une longe. Vous devez tout d'abord faire en sorte de capter son attention : le cheval doit vous regarder en orientant l'un de ses yeux vers vous (!!!!) (note personnelle, il est vrai qu'une certaine forme subtile d'humour maîtrisé peut être bienvenue dans l'apprentissage, mais inutile d'en faire des tonnes.)

    Faites pression sur la longe avec la cravache et dites « recule » fermement (sans agressivité). Attendez que le cheval recule.

    Quand votre cheval a reculé d'au moins deux pas, relâchez la pression en reculant vous-même de quelques pas et en relâchant le contact visuel. Marchez Allez ensuite en avant en caressant le cheval et en le félicitant.

    Faites en sorte que tous ces exercices deviennent des habitudes en les répétant fréquemment.

    (Note personnelle: la précision n'est peut-être pas nécessaire, mais l'entraîneur doit avoir pris le soin de placer quelque chose d'attrayant, ou d'effrayant (pause rêveuse) derrière l'animal avant de formuler son ordre).

     

     

    "Faites comprendre au cheval qu'il doit respecter votre espace personnel. Ne le laissez pas se frotter à vous ou vous bousculer sinon de mauvaises habitudes risquent de s'installer dans le futur. (note personnelle...Non, rien.)

    Vous devrez toujours faire preuve de patience pour dresser un cheval.

    Passez du temps avec votre cheval en dehors des séances de dressage. Vous pourrez développer des liens plus étroits avec votre cheval en le pansant souvent et en poursuivant vos diverses activités tout en étant près de lui.

    Pensez à la sécurité. Portez une bombe, des chaussures adaptées (on recommande des bottes d'équitation), un pantalon ou jean adapté et un tee-shirt (CHEMISE) approprié." Les pantoufles?

     

     

    Image: Fanny rêve qu'elle délasse

    Texte: Wiki How. Ou O.

    Son: pour changer de Maiden.

     

     

     

     

  • Casser la noix

    J'avais rencontré cette fesse-copie pendant un séminaire où je n'étais allé que d'une fesse, dans un rade du bord de mer où en entrant pour boire un coup j'avais de suite repéré son bout de fesse dorée perché sur un tabouret haut. Après les présentations d'usage et quelques poignées de main elle avait fini par ramener ses fesses et ses valises chez moi. Au début j'avais un peu serré les fesses mais en fesse tout le monde avait vite pris ses marques.

    (pause)

    Une fille facile à vivre, mignonne, plutôt sympa, pas conne, avec un cul de pute russe QUI NE SERVAIT JAMAIS.

    Alors si, on pouvait le malaxer, le triturer, le caresser, lui faire prendre des postures étonnantes, le cambrer, l'élastiquer, le sculpter, le mordre, le fesser, le fouetter, le martiner, en faire de belles images, le dessiner, l'éclairer, le regarder à contre jour, de profil, y appliquer le plat de la main, le secouer, l'attraper, poser la joue dessus, le caresser d'une barbe naissante, le balayer au pinceau, l'habiller de dentelle noire, l'empaqueter serré, le déballer sec, le promener devant du monde, faire pleurer ses amis devant, dormir dans ses creux ou renverser des choses dessus.

    Mais le visiter, non pas.

    Je convoquais ma science mille fois renouvelée pour amener d'une main douce cette jument rétive à accepter l'obstacle, mais mes tentatives pour quitter le paddock et entrer dans le champ de course se soldaient inévitablement par un retour à l'écurie.

    L'idée ne me quittait plus et mon obstination risquait de devenir gênante pour la poursuite de ma par ailleurs fort agréable collaboration avec tout ce qui ne relevait pas du bas de son dos, lorsqu'un banal après midi de courses m'apporta par hasard la clé qui seyait à son huis.

    Je revins avec des noix.

    Des noix charnues, des noix goûteuses, des noix tendres. Des noix qui explosaient sous la dent de saveurs âcres et sucrées. Des noix juteuses. Des noix choisies pour un plat compliqué que je m'apprêtais à réaliser avec soin, en prenant mon temps. Et lorsque j'en vins à l'instant d'ajouter les noix précieuses à ma préparation, plus rien. Elle les avait boulottées. Toutes.

    La fureur glacée qui m'envahit céda heureusement assez vite la place à une soudaine illumination. Son point faible allait servir le mien.

    Les semaines qui suivirent, armé de mon sachet de noix de compétition,  je me livrai à un véritable travail de sape, façonnant de main de maître son envie et sa volonté. Surentraîné à la frustration, connaisseur de l'âme humaine et de la sienne en particulier, je me montrai un dealer parfait, distillant ma came cannelée à petites doses, créant le besoin, l'assouvissant parfois dans de presqu'overdoses, mettant à sa disposition juste de quoi l'appâter, ou la laissant au contraire par les quantités exposées à son désir se satisfaire jusqu'à la nausée. Je créai sa dépendance à la mesure de ma dépendance à ses reins. Je la frustrais ou la comblais. Je la frustrais souvent. Jamais nous n'en parlâmes.

    Et je lui coupai les vivres. Trois jours. Je la voyais errer comme une âme en peine, soulever les paquets de pâtes pour espérer trouver quelques miettes de fruit sucré. Au troisième jour, je la sus prête et je fus prêt. Au troisième jour, cette osmose particulière fut convoquée. Au troisième jour, les petits Dieux décidèrent qu'il était temps d'y aller et j'y fus.

    Disposée en offrande sous moi, le visage enfoui dans les draps, assouplie, détendue, attendant lascive que je réponde, comme elle en avait pris l'habitude, à ses désirs appris par coeur, je la cueillis en parfait traître en lui imposant derechef ma volonté impérative, ou du moins son extrémité.

    Surprise, elle se crispa tout entière en  tournant la tête de côté...Et fut confrontée directement à la noix offerte entre mes doigts à trois centimètres de son nez.

    "Nous y sommes, murmurai-je à son oreille. Il est inutile de bouger, tu es entièrement à moi. Je veux te sentir te détendre autour de moi. A chaque centimètre, tu pourras avoir un cerneau de noix. Prends tout le temps qu'il te faudra".

     

     

    Titre de chanteur à noix

    Billet sponsorisé par les palmes Spidos. Présence de glutéal. Elaboré dans un atelier utilisant abondamment les fruits à coques. Traces de lipides dans les marques de pouces.

    Images animées: rien, juste une idée à la n... con.

     


  • Du bois dont on fait les putes

     

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    Si tu peux sans me craindre, quand tu me vois faiblir
    Et sans un mot de trop rattraper mes envies
    Et lorsque je me perds conserver tes esprits
    Pour faire renaître mes soupirs
    Si tu peux être amant en étant fou d'amour,
    Si tu peux être fort et souvent être tendre
    Et te sentant haï, sans haïr à ton tour
    Rendre mes luttes vaines et briser mes défenses

     

     

     

    Si tu peux supporter d'entendre mes paroles
    Blessantes ou déplacées, te transpercer d’un mot
    laisser me perdre ma bouche folle
    Sans jamais me montrer le dos ;
    Si tu peux rester digne quand tu me vois vulgaire
    Si tu peux rester dur quand  je n’obéis pas
    Et si tu peux m’aimer, toute ta vie entière
    En te sachant tout pour moi

     

    Si tu sais me guider, m'observer, me connaître
    Sans jamais devenir cynique ou destructeur ;
    Si tu sais m'amener sans te dire mon Maître
    A t’abandonner la somme de toutes mes peurs
    Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
    Si tu peux être doux et jamais innocent,
    Si tu sais être bon, me faire rester sage
    Tutoyer l'amoral et ramener l'enfant

     

    Si tu fais des triomphes de toutes mes défaites
    Si tu restes impassible lorsque je te fais front
    Si ton cœur reste ouvert, si tu gardes la Bête
    Quand me reprendront tous mes sursauts de non !
    Alors de ces liens sûrs naîtront tous les toujours
    Alors nous connaîtrons les paradis promis
    Et au delà des pute, épouse ou corps soumis
    Je serai Femme, très, mon amour.

     


    Image copyright p.powder

    (


                            )

     

  • Sodomie dans le cul avec des seins plein ta bite femme fontaine nue nichons score match culotte gagne des millions avec la bourse foie gras facile

    Maintenant que j'ai toute votre attention je voudrais vous parler d'une cause qui me tient vraiment à cœur.

    Il y a des moments dans la vie où la solidarité s'impose. Où la dilution de nos petites individualités mesquines dans la soupe primitive de l'amour du prochain transcendent nos vies étriquées en une explosion de joies partagées d'humbles dons de soi. Où l'étonnement de se laisser aller à la gratuité d'un geste d'humanité pure perdure bien au delà de l'effet réel de l'acte reçu avec la gratitude innocente de l'enfant souriant apaisé contre la hanche ronde et tendre de sa mère aimante et attentive. Où l'évidence de l'apaisement né de l'abandon à l'altruisme pour l'autre qui n'est pas soi mais tellement semblable adoucit un temps la scansion délétère de nos vies harassées de violences indicibles et tout ça c'est maintenant.

    Je connais une femme, une femme droite. Une femme courageuse, une femme qui ose tout, comme les cons mais en mieux, une femme qui nage et qui rêve de nager dans cette eau là.

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    Pour l'aider à réaliser ce fol mais brûlant désir d'humidités aériennes au long court, l'association 1000 culs pour 1000 culottes met en vente 150 mètres, soit la longueur de la piscine ci-dessus, de culottes portées mises bout à bout. Dix malheureux euros pour un morceau d'éternité dédicacée sans les mains de la talle 34 à la taille 52. La somme réunie permettra d'acheter deux billets aller, retour, et aller retour, et aller retour et va et vient entre tes reins pour Singapour, sur une compagnie aérienne asiatique dans un avion clos plein d'hôtesses de l'air en jupette et assez de champagne pour assommer une blogueuse de cul meurtrie d'anticipation douloureuse et au bord du claquage clitoridien, quatre nuits d'hôtel où personne ne va dormir, un peu de matériel intransportable en avion, la privatisation de la piscine deux heures le matin et deux heures le soir, ainsi que l'orchestre, une robe de chambre, et une paire de pantoufles assorties.

    Le bon dieu vous le rendra.

     

     

    (Echange traduction présent billet anglais turc japonais contre déjeuner à l'Européen)

     


    Palmée


     

  • 3 consonnes et pas d'voyelle.

    "Moi? Moi je vivrais à l'hôtel, à Paris, Ou NY? Un hôtel avec une piscine sur le toit, avec un lit immense, sans boutis surtout. Avec du doux, de la fourrure, une cheminée, tiens. Ou alors moderne, béton, bois, marbre, fourrure, cheminée. Je vivrais sans rien faire, à poil, et pas seule. On en aurait peut être deux, de chambres, d'ailleurs. Dans l'une d'elles, de temps en temps, on m'attendrait dans des vêtements d'intérieur, une robe de chambre bordeaux. Des pantoufles. Voilà.

    - Des pantoufles?

    - Oui, je sais.

    - Si je reformule, toi si tu gagnes beaucoup d'argent on te retrouve dans la chambre d'un hôtel de luxe à NY avec un type en robe de chambre et des pantoufles.

    - Oui, je sais.

    - Tu sais que lui c'est le seul qui ne reviendra pas.

    - Oui, je sais.

     

     

    (Pour illustrer ce billet sur le contrat social, Rousseau n'écrivant qu'en manteau arménien, c'est Diderot qui viendra dans l'une de ses vieilles robes de chambre enlever en douceur ses dernières appréhensions à l'auteur malhabile de ce blog de cul pour aborder vraiment le sujet qui le torture et l'habite depuis des jours: quelles pantoufles maître pour garder son génie?)

    mon cher claude j'ai deux passions dans la vie

     

     

    (Feyd Rautha, les explicit lyrics et les ruptures de rythmes. Il faut lire Dune jusqu'au bout, pour les pas non rythmés dans le sable, et parce que c'est un traité de sciences politiques, le meilleur.)
     

     

     

    Titre: ça rimait bien avec Sofitel

    Texte: fruit d'un dimanche d'élections de têtes pesantes qui font regretter l'absence définitive dans le tableau de certains acronymes.

    image: Diderot apprend à réfléchir, Rousseau explique dans quel sens. Dune finit le boulot. Pour les pantoufles, c'est un lancinant questionnement.

    Son: Sting est suffisamment explicite, surtout torse nu.

     

     

  • L'origine du monde, avec des bras autour

    En écoutant encore lana del rey, dont le petit accent auvergnat pourrait expliquer bien des choses, je me suis demandé pourquoi aussi peu de voix de femmes arrivent à me toucher. Pourquoi dans les duos j'ai envie qu'elle se taise, Sauf, tiens, un duo de blog, entr'ouvert un soir par une gentille fée jusqu'à minuit, où de cette femme là je n'ai sauté aucun passage.

    Les voix de femmes, les chants de femmes, les mots de femmes, je ne les écoute pas vraiment.

    J'aime bien, en revanche, les dictions de femmes, surtout dans une langue étrangère. La voix de Victoria Abril quand elle parle en espagnol, des italiennes, entendues dans la rue, Ute Lemper, Lhassa quelquefois. Certaines actrices en VO qui se tiennent très droites et parlent avec soin. Maggie Smith. J'aime les regarder, les femmes. J'aime aussi leur regard. D'assez loin si possible. J'aime les femmes, avec la voix basse, qui chuchotent, si possible pas en français, comme ça je n'ai pas besoin d'écouter, juste d'entendre. Il y en a même qui savent faire un shampooing.

    Les hommes, je les écoute, beaucoup. Les voix basses d'hommes,  et même les voix de chatoune: Brian Molko qui chante my sweet prince la clope à la main et le maquillage qui dégouline. Les voix d'hommes accompagnent mieux les très bons guitaristes, les très bons bassistes et les très bons batteurs. Dickinson, le roi des miauleurs qui prend le relais de Churchill sur l'intro de l'album live after death. La voix de Churchill, tiens. Les discours, les mots de certains hommes politiques dans les heures dures. Les sons d'hommes aussi. Les sons d'un homme.

    Tu écoutes des femmes et tu lis des hommes, ai-je fait remarquer un jour, il y a longtemps, à une rare amie que j'ai bien voulu écouter une ou deux fois. La seule que j'ai laissée me toucher pour des trucs de fille. Et me prendre en photo.

    Je ne lis pas beaucoup de femmes non plus. Et quand je le fais, je lis plutôt leur vie. Ce que je préfère, c'est lire les vies simples de femmes devenues vieilles. Je regarde ce qu'elles ont fait de leurs douleurs.

    Et puis un jour, je me suis retrouvée dans un gynécée de vies simples de femmes devenues vieilles, qui faisaient à manger avec de l'huile, qui donnaient du coin de la bouche la recette multiséculaire de l'égrenage du couscous, qui regardaient méfiantes par en dessous la goy pas du pays, mais qui me voulaient bien quand même. Des femmes pas très douces, qui bousculaient beaucoup, et faisaient de grands gestes et brassaient les enfants. Au milieu d'elles, il y avait celle qui m'a raconté sa vie, heure après heure, avec sa voix de femme claire, sans chuchoter, sans me toucher sauf une fois où elle a pris mon bras pour marcher. Sans broncher, je l'ai écoutée des heures me parler de femmes, d'enfants, d'hommes, et d'elle. Sans broncher parce que j'avais peur, si je m'approchais trop, que ce chant d'oiseau-là s'arrête. Cette voix de femme dans mon oreille.

    Je n'ai pas bronché en l'écoutant pendant des mois, mais la vache, quand le rabbin s'est mis à chanter pour elle, j'ai pris cher. Une voix d'homme. L'habitude.

     

    Dans les voix de femmes, il y a les voix des foraines. Les vraies. Celles qui sont nées dedans. C'est quelque chose, aussi. ça peut durer des plombes et ça ressemble à ça. Scream for me Long Beach!


     

     

     Et puis pour ceux qui n'ont pas peur du noir:


     Pour toutes les ruptures et les reprises de rythme


     Et pour la gloire.

     

     

  • On dirait l'origine du monde mais avec le pouce dedans

    C'est une fille mince et tatouée qui m'a tendu le volume 2 de la compilation de France Inter, l'esprit inter, sorti il y a deux ou trois semaines. Elle m'a à la bonne parce que je me laisse complètement faire quand elle me propose de la musique et parce que je l'ai sauvée d'un vieux chasseur à la recherche d'un DVD qui n'existait pas. Et depuis, j'aime Lana del Rey. Enfin, une chanson de Lana del Ray, cette espèce d'Amélie Nothomb avec du son et en nettement  plus joli mais au moins aussi barrée. Je n'arrive pas à lire Amélie Nothomb. Je pense à ce qu'elle mange. Lana del Rey me faisant penser à Amélie Nothomb, j'avais décidé que c'était pourri aussi.

    Le double disque de France Inter (un CD de morceaux issus de la scène française, un CD issu de la scène internationale) est vraiment très très bien. Mieux que le premier, que j'ai écouté après. Il n'y a vraiment que quelques morceaux à passer rapidement.

    Et puis il y a ce truc de Lana del Rey, sussuré, braillé, avec des ruptures de rythme, qui ne parle pas à la raison. Comme souvent la musique. Et ça marche à fond.

     

    Sinon, j'ai eu la surprise d'être contactée par mail pour ouvrir ma boutique de cul, en tant que blogueuse intéressée. Cela m'a donné une idée, en attendant le volume 2 de l'almanach du parfait petit pervers ainsi que l'ouverture prochaine d'une chaîne d'aires de jeux gonflables pour adultes.  Je donne, parce que ces choses là ne se vendent pas mais se transmettent, un double DVD reçu en cadeau d'une e-boutique dont je tairai le nom. Sur le DVD deux films, le premier, sobrement intitulé débauches campagnardes, met en scène l'incandescent William, caution BDSM de Jacquie et Michel, qui a introduit le pipi dans la bouche et les grosses baffes dans l'imaginaire collectif de milliers de branleurs amateurs. Le second, intitulé véritables vieilles divorcées frustrées, met en scène Simone, Lucette et Georgette. Pierre Moro, le réalisateur, pose pouce en l'air dans une pastille située entre les jambes de Lucette, avec un drapeau bleu blanc rouge et juste au dessus de la mention usuelle selon laquelle ce DVD est réservé à un usage privé dans le "cercle de famille" au sens de l'article 41 de la loi du 11 mars 1957 modifiée et de l'article 22 de la loi du 3 juillet 1985 qui doivent maintenant être codifiés depuis le temps. Conformément à plusieurs autres articles de codes divers, je donne cet objet, œuvre des éditions Concorde, qui avaient déjà commis, en leur temps, l'heureux événement, un film tourné à Champigny sur Marne dans lequel, avec force vaseline, un monsieur accouchait d'un baigneur en plastique privé de ses bras.

     

    Moi, ce que j'aime, ce sont les films de boules des années 70. Avec de vraies femmes contentes dedans, des hommes qui bandent mou, de vrais décors. Ce que j'aime regarder, ce sont des films où on me dit, de l'autre côté de l'écran: "tu as vu? Elle a joui. Regarde la rougeur de son cou et du haut de sa poitrine".

     

    Alors celui là de DVD, je le donne. Mais ça m'étonnerait qu'on le prenne.


  • Toujours sur la ligne blanche

    shine on you crazy diamondTu veux être offerte, tu seras offerte. Tu veux être impudique, tu seras impudique. Tu veux être attachée, tu seras attachée. Tu veux être nue quand d’autres restent vêtus, tu le seras. 

    Tu veux des convives qui mangent sur toi sans te voir, qui reposent leur verre haut entre tes cuisses, qui se servent de toi.  Mais sauras-tu rester immobile ? Sauras-tu ne pas les déranger ? Sauras-tu, toi, te faire oublier ?  Sais-tu bien ce que tu veux ?

    Il y aura un plateau tournant ?

     

    Ne fais pas ta maligne ça te va beaucoup moins bien dans le noir.  

    Je ne te parlerai ni te regarderai. Tu ne m’intéresseras pas. Et puis quand ce repas sera terminé, je te laisserai seule sur la table encombrée. Tu devras rester sage. Tu ne sauras ni où je vais, ni combien de temps ça va durer. Tu ne sauras jamais ce que j’aurai fait de ce temps où tu seras restée allongée, entravée, nue,  au milieu des reliefs du repas, sur cette table.

    Longtemps.

    Quand je reviendrai, tu devras accepter tout ce qui arrivera.  Tu devras te taire, tu ne devras pas regarder. Tu pourras, toi ne pas regarder qui te touche ? Qui te prend ? Tu sauras, toi, garder les paupières closes, si tu sais que tout s’arrête à l’instant où tu ouvres les yeux ?  

    Tu veux des hommes, je te donnerai des femmes.  Des soumises.  Des détachées de frais. Des déconnées de frais.  Je t’offrirai à des soumises encore douloureuses pour que tu sois plus soumise encore que soumise. Plus soumise encore qu'elles. Tu imagines ce que pourra te faire une soumise à qui tout est déjà arrivé ?

     

    Si c’est ce que tu veux pour moi, si tu es là pour me voir, si tu es là pour me protéger, je n’aurai pas peur.

     

    Oh, mais tu n’as pas compris. Je ne te protègerai pas. Pas avant que tu aies joui.

     

    Titre : à réécouter encore.

    image Nyotaimori, via Flikr. Mon dieu.

    Son : Encore en train de biaiser ?


     

     

     

     

     

  • Céleste

     

    Ça se passait dans le garage. Le grenier, lui ne renfermait que des exemplaires de pièces de théâtre de lycéen studieux : Molière, Racine, dans des livrets écrus au liseré violet. Je ne me souviens pas de la collection. Je n’avais pas le droit de monter seule au grenier, à l’escalier branlant et au palier peu sûr. C’est dommage, on y avait une jolie vue sur les montagnes autour, le ruisseau en bas, et les cavaliers qui passaient dans le chemin.

     Donc ça se passait dans le garage. Une lourde porte en bois, plein sud. Une odeur de sec. La voiture, une 504 blanche, avec encore les plastiques sur les sièges.  Elle se conduisait sans ceinture à l’arrière et avec une casquette à l’avant, surtout le vendredi pour le télé 7 jours et le poissonnier qui n’ouvrait que là. Merlan, Baudroie, Bombel, Gruyère (emmental en fait mais on est loin de la Suisse sans trou), pain sans sel pour la semaine et télé 7 jours. Sans faute. La seule entorse, ça a été pour le Play-Boy où l’épouse d’un homme politique d’une droite incorrecte posait en tenue de soubrette  avec encore des seins pas mal pour une quinqua.

     Aux murs, des étagères un peu rapides, remplies de cartons. Dans les cartons, des livres. Des tonnes et des tonnes de livres. Tous les Bob Morane, tous les Sylvie de René Philippe, tous les SAS, tous les San-A.  Mon père est parti sans fille et sans livre.  Moi je les ai tous lus et j’ai adoré ça.

    A 10 ans, j’ai lu le standinge selon Bérurier. Je me suis marrée.  Béru et ses dames, je n’ai pas tout compris mais je me suis marrée.  Le monde des adultes, pour moi, c’était ça. Le Prince Malko et ses yeux dorés, les femmes rétives  pâmées, les rituels compliqués, les pipes au thé chaud, les barbouzes. Morane et l’Ombre Jaune, qui m’a valu mes premières vraies trouilles  nocturnes :  les yeux de l’ombre jaune et le cri glaçant des Dacoït, plus effrayants que le necronomicon de Lovecraft.

    Il y avait Sylvie, hôtesse de l’air (tiens, déjà), puis mariée à Philippe Gambier, le pilote de ligne, puis maman de jumeaux, à qui il arrive des aventures de jolie jeune femme courageuse et féminine. Passons, alors, une petite trentaine d’années.

    Et il y avait San Antonio. Les titres que je ne comprenais pas toujours, les tournures que je ne comprenais pas toujours, les allusions qui m’échappaient.  Les Morane, les Sylvie, je les ramenais pour les lire dans la chambre,  quand le soir finissait par tomber sur ma grande montagne et le lac au loin et que les adultes, qui fumaient autour de la table pas encore débarrassée, finissaient d’écouter la télé. Après le dernier tour de balançoire, le dernier tour de vélo et le bonsoir aux lapins.

    Mais les San Antonio je n’osais pas.  Alors j’attendais que les autres soient bien installés sur les chaises en fer à l’ombre du pommier, avec les tantes et les parrains qui passaient dire un bonjour, je prenais un grand escabeau, je me perchais et, debout, en équilibre, je lisais les histoires du commissaire, du Grand, son amour pour Félicie, et les petits culs. Les allusions politiques, elles, m’échappaient rarement. Assez rapidement, les autres me sont devenues très familières aussi.

    Quand les autres lisaient Alice, le club des 5 et Fantômette, moi je me vautrais, debout sur mon escabeau, prête à larguer le bouquin dans le carton à la moindre ombre s’incrustant dans le rai de soleil de la porte ouverte, dans les morceaux les plus lascifs de la littérature de gare, les régimes politiques violents, je me faisais le goût.

    L’homme de la maison, qui me tenait lieu de père de mère et de tout le reste,  à la grivoiserie d’un autre siècle, à l’œil coquin, qui avait appelé Joseph le fouet dans le placard pour faire bisquer sa croyante et adorable épouse mais ne l’a jamais vraiment sorti, infiniment patient avec le petit chat silencieux et calme qui le suivait partout, scrutait chacun de ses gestes  et buvait ses paroles, n’était sûrement pas dupe mais n’a jamais remonté les cartons au grenier. J’ai compris plus tard que enfants sages bénéficient d’une belle présomption d’innocence qui leur permet tout.  Une fois, j’ai entendu une des femmes de la maison dire de ces livres : « ben dis donc, céleste ! ». Je n’ai rien dit. Elle avait bien raison.

    Dans tous ce fatras de bel argot perdu, de bonshommes à l’ancienne, de seins arrogants, de vraies putes, d’aventuriers  chanceux et de féminités mutines absorbé comme les cigarettes de l’époque, sans filtre et jusqu’au fond, ce bordel de sensations et de mots tordus qui n’étaient  ni de mon âge ni de ma génération,  j’ai vu dans ce personnage flamboyant, dégueulasse, impudique, tendre, minable, braillard, insensé, parfois complètement con, parfois fulgurant, à l’amitié indéfectible,  amoureux de son incroyable Berthe et se déculottant souvent, bouffeur de tripes et écluseur de gros rouge, un lien avec celui que je cherchais au fond de ces cartons. Le Gros, la Gonfle, l’Inculte, l’Abominable, L’Immonde, l’Enorme, le Sandre, c’était mon père.

    Je me suis perdue dans les profondeurs du blog d’un monsieur à tiroirs, un monsieur qui raconte une vie de tiroirs à l’air libre. Un  monsieur qui joue vraiment à la poupée, un monsieur qui met de la douceur aux bons endroits. Et plus tard,  dans l’eau fumante de la grande piscine, j’y ai repensé. Et comme souvent dans l’eau, tout ça est remonté  à la surface. Je me suis laissée  draguer, comme on le fait du fond d’une rivière, par Waldo.

     

    Je crois que c’est pour cela le blog de cul. On annonce la couleur dès le départ alors du coup quand céleste, ça passe tout seul.

     

     

     

     

     

     Moi qui aime les muscles ludiques inédits et les exercices exotiques,  ce qu’on entrevoit de son arrière gorge quand elle chante me donne plein d’idées.  Elle dit que des conneries, mais avec un gland entre les amygdales.

     

  • Un vilain monsieur

    Des chapeaux, des tailles étroites, des bas sans nylon sous des jupes longues, une brasserie au plafond gras, des cocottes, des peaux, des moustaches souriantes, des yeux luisants, des mains serrées sur des genoux et au fond, Claudine.

    "— Je comprends ! Tout est en perspective
    japonaise !

    Renaud lève un bras désolé, puis s'essuie
    le front. Dans la glace de droite, quelle drôle
    de Claudine, avec ses cheveux en plumes
    soufflées, ses yeux longs envahis de délice
    trouble, et sa bouche mouillée ! C'est l'autre
    Claudine, celle qui est « hors d'état » comme
    on dit chez nous. Et, en face d'elle, ce mon-
    sieur à reflets d'argent qui la regarde, qui la
    regarde, qui ne regarde qu'elle et ne mange
    plus. Oh, je sais bien! Ce n'est pas l'Asti, ce
    n'est pas le poivre des écrevisses, c'est cette
    présence-là, c'est ce regard presque noir aux
    lumières qui ont enivré la petite fille...

    Tout à fait dédoublée, je me vois agir, je
    m'entends parler, avec une voix qui m'arrive
    d'un peu loin, et la sage Claudine, enchaînée,
    reculée dans une chambre de verre, écoute
    jaser la folle Claudine et ne peut rien pour
    elle. Elle ne peut rien; elle ne veut rien non
    plus. La cheminée dont je redoutais l'écrou-
    lement, elle est tombée à grand fracas, et la
    poussière de sa chute fait un halo d'or autour
    des poires électriques. Assiste, Claudine sage,
    et ne remue pas ! La Claudine folle suit sa voie,
    avec l'infaillibilité des fous et des aveugles...

    Claudine regarde Renaud ; elle bat des cils,
    éblouie. Résigné, entraîné, aspiré dans le sil-
    lage, il se tait, et la regarde avec plus de
    chagrin encore, on dirait, que de plaisir. Elle
    éclate :

    — Oh, que je suis bien ! Oh, vous qui ne
    vouliez pas venir! Ah! ah! quand je veux...
    N'est-ce pas, on ne s'en ira plus jamais d'ici?
    Si vous saviez... je vous ai obéi, l'autre jour,
    moi, Claudine, — je n'ai jamais obéi qu'ex-
    près, avant vous... mais obéir, malgré soi,
    pendant qu'on a mal et bon dans les genoux !
    — oh ! c'est donc ça que Luce aimait tant
    être battue, vous savez, Luce? Je l'ai tant
    battue, sans savoir qu'elle avait raison; elle
    se roulait la tête sur le bord de la fenêtre, là
    où le bois est usé parce que, pendant les ré-
    créations, on y fend des cornuelles... Vous
    savez aussi ce que c'est, des cornuelles ? Un
    jour, j'ai voulu en pêcher moi-même, dans
    l'étang des Barres, et j'ai pris les fièvres,
    j'avais douze ans, et mes beaux cheveux...
    Vous m'aimeriez mieux, pas, avec des cheveux
    longs?... J'ai des « frémis » au bout des doigts,
    toute une « fremilloire ». — Sentez-vous?
    Un parfum d'absinthe? Le gros monsieur en a
    versé dans son Champagne. A l'Ecole, on
    mangeait des sucres d'orge verts, à l'absinthe;
    c'était très bien porté de les sucer longtemps.
    en les affûtant en pointe aiguë. La grande
    Anaïs était si gourmande, et si patiente, elle
    les appointissait mieux que tout le monde,
    et les petites venaient lui apporter leurs sucres
    d'orge. « Fais-le-moi pointu! » qu'elles di-
    saient. C'est sale, pas? — J'ai rêvé de vous.
    Voilà ce que je ne voulais pas vous avouer.
    Un méchant rêve trop bon... Mais maintenant
    que me voilà ailleurs, je peux bien vous le dire...

    — Claudine ! supplie-t-il, tout bas...

    La Claudine folle, tendue vers lui, ses deux
    mains à plat sur la nappe, le contemple. Elle
    a des yeux éperdus et sans secrets; une
    boucle de cheveux, légère, lui chatouille le
    sourcil droit. Elle parle comme un vase dé-
    borde, elle, la silencieuse et la fermée. Elle
    le voit rougir et pâlir, et respirer vite, et
    trouve cela tout naturel. Mais pourquoi ne
    paraît-il pas, autant qu'elle, extasié, délivré?
    Elle se pose vaguement cette question floue,
    et se répond tout haut, avec un soupir :

    — Maintenant, il ne pourrait plus m'arriver
    rien de triste. "

     

    Toulouse_Lautrec____Seule.jpg

     

     

     

    Difforme, alcoolique, nabot aux lèvres pleines, enfant choyé lui aussi, humaniste, surdoué, adoré, syphilitique, mort très vite, Toulouse Lautrec c'est un Degas, mais en VRAI.

     

     

     

     

     

     

    Texte: Claudine à Paris

    Titre: Colette, 1898, j'aimerais le lire.

    Dernière image: Seule, 1896, huile sur carton. D'un descendant des comtes de Toulouse difforme comme le Rescator!

    Musique: explicit lyrique, quand Daho cache un A majuscule.


     

  • Dandy des grands chemins

    pour faire le portrait d'un oiseauAvant Sexus, avant le rayon Filles, avant même les blogs et avant même les guerres, c'est en 1900 que Claudine à l'école est paru.

    Combien de petites filles ont lu et relu Claudine comme une histoire du soir, sans comprendre vraiment, ou sans oser comprendre exactement ce que Claudine apprenait quand elle lisait Pierre Louÿs avec la bénédiction de ce père amoureusement indifférent? Combien de petites filles ont pu lire, sans vraiment comprendre, cette histoire un peu étrange de fissures à constater au milieu des zéros qu'on refuse d'abaisser d'un brevet depuis longtemps disparu, sans que leurs parents y trouvent à redire? Laisserai-je prendre, à mon tour, ce petit livre pervers pour enfant trop sensuelle?

    Je n'ai pas autant aimé les autres Claudine. Maintenant je sais pourquoi, en relisant les premières pages de Claudine à Paris. Mais j'ai lu, jusqu'à le connaître quasiment par cœur, Claudine à l'école, chaque année, au printemps des cerises d'un arbre superbe et depuis disparu. Claudine, mon exemplaire, ou plutôt celui de ma mère, taché irrémédiablement des empreintes de doigts rougis de mes petits déjeuners dans l'arbre avec le livre. Je ne sais pas si ma mère l'a lu. Il est resté à la maison. Je vais faire de mémoire.

    Claudine et Anaïs, la veule, longue, maigre et jaune Anaïs. J'aurais adoré la connaître, lui filer mes gommes à manger. Je ne sais pas si je me serais entendue avec Claudine: loin d'être assez sournoise pour faire une Luce correcte, pas assez Claire pour être la mienne.  Mais la perverse Anaïs, je me serais beaucoup amusée avec. Marie aurait doucement existé, avec ses mains de sage-femme et son teint chaud. Et Luce. Je me serais tenue loin. Je l'aurais regardée à la dérobée. J'aurais rêvé de ses yeux verts. J'aurais remarqué ses rubans. Je ne l'aurais jamais touchée, jusqu'à ce qu'elle le réclame. Je suis sûre qu'elle aurait réclamé: j'ai connu la même. Elle avait les yeux délavés d'un chat persan et l'esprit bien trop compliqué pour une gamine de pas 10 ans.

    Son père. Que je le lui ai envié, comme je lui ai envié sa tranquillité à elle, sa sérénité face à l'indifférence de son père. Elle manquait de mère et de père, mais Colette la dépeint comme une princesse choyée au creux d'un écrin taillé pour elle. Etrange que Colette ait tué la mère de son double. Etrange aussi le relief donné à ce père qui ne fait rien pour et auquel on ne reproche jamais ce rien.

    Son mari: Renaud, c'est Willy. Je ne l'aime pas. un sec à moustache qui lui prend son art, son air, ses passions, ses déraisons, et qui la perd. Absent dans Claudine à l'école. Il apparaît dans ce Paris que je ne connaissais pas et qui m'impressionnait, petite. Il est secondaire. Il arrive quand elle est finie. Je n'aime pas les maris.

    Claudine n'est vraiment Claudine, la flamboyante, l'improbable Claudine que dans le premier volume. Après, Claudine la vivante cède la place à la ville, aux situations, aux adultes, aux amours interdites bien ou mal vécues mais sans le ton inédit, la gouaille, la drôlerie, la liberté, totale, de Claudine à l'école. Elle n'est plus à moi.

    Et puis il y a Dutertre. Dutertre le toubib. Dutertre aux dents de loup. Dutertre au souffle chaud, Dutertre au sourire carnassier, Dutertre aux poils noirs. Dutertre l'animal. Dutertre à la peau chaude. Dutertre le député, qui vient frôler les petites filles. Dutertre et sa moustache, caressante. Dutertre qui ne s'annonce jamais et vient prendre, sur le coin de la bouche, un baiser. Dutertre, brun, incandescent et irrésistible. Dutertre, le seul qui fait plier comme une rosière la sévère et saphique  Mlle Sergent, cette rousse bien faite. Dutertre, et la bottine qui tombe dans l'escalier neuf et sur laquelle, pudique, on referme la porte. Dutertre et ses fissures à constater. Dutertre et son absence de pudeur, son appétit, Dutertre qui parle tout bas.

    J'aurais adoré, petite et même grande, me retrouver serrée dans l'étreinte exigeante et trouble du bon Docteur Dutertre.

     






    Musique: vers la Malaisie

    Image: Marie-Hélène Breillat, la fière, la superbe. Avec son menton haut de Claudine. Avec ses seins de Claudine aux pointes rentrées, pour ceux qui préfèrent les belles images à la lecture. photographe inconnu. Une autre?

    pour faire le portrait d'un oiseau

     

     

  • Strophe' y laisse

    shine on you crazy diamond

    Dans cette maison que l'on sent chaleureuse, derrière la très grande fenêtre à petits carreaux, un peu embuée dans le soir qui commence et le froid qui tombe, une femme.

    On la devine affairée et douce, dans sa robe un peu passée, son chignon un peu affaissé, sa taille un peu lourde. Les couleurs autour d'elle appellent aussi à la douceur. Beige des murs, sable de son tablier, écru de sa robe, rouge des rideaux. Sur un plan de travail hors cadre depuis le dehors et la nuit, elle est occupée à trancher avec soin, les yeux baissés et la tête un peu penchée. On voit de temps en temps se lever le manche du couteau qu'elle tient dans la main droite. Le lent mouvement du couteau qui se lève et s'abaisse suit celui, tout aussi lent et doux, de sa poitrine qui se lève et s'abaisse dans sa vieille robe claire à la taille marquée.

    Elle se retourne et part, un plat entre les mains. Dans son dos, accrochée sous le chignon lâche à ce fin collier banal une laisse, longue, noire et tressée, la suit en oscillant vers la table dressée.

     


  • Oiselle (de ch'val)

    Almanach du Petit Pervers illustré (vol 2 à paraître)

     almanach du petit pervers illustré (vol 2 à paraître)

     

     

    Image, La vénus noire, Claude Mulot, (auteur également des petites écolières)

    Texte, Monsieur Lapointe,

    Titre, chanson de saillie

    Base, 16

    Police, copyright 0FOL

    Fautes, j'espère bien 

     

     

     

     

     

  • Bleu comme un cul d'enfer

    Quelquefois dans la vie il y a des moments de grâce.  Quand on ne tolère ni les drogues, ni la morphine, ni la codéine, ni pas mal de trucs en ine de plus de deux syllabes, on doit trouver ailleurs de quoi se noyer dans les endorphines. Les pitchounes en maillot de corps qui lavent les voitures, les hôtesses de l’air, les accouchements sans péridurale, le cul, les blogs de cul, certains exploits,  les maisons normandes, cramer, les chalets suisses, la musique, certains enfants, certains voyages, les blagues qui ne font vraiment rire que moi, et l’eau.

     

    Quelquefois,  la recherche du plaisir est inscrite sur une ordonnance. La mienne, laconique, tenait en trois verbes. Le deuxième était : "nage ".

     

    J’ai retrouvé l’eau, puis mon rythme, excessif évidemment. Les longueurs enchaînées se sont accumulées, la fréquence est devenue quotidienne, les endorphines plus longues à atteindre. 20 longueurs, puis 40, puis 60, puis 80, 100. Le corps qui guérit, qui s’assouplit, qui embellit, qui durcit, l’endurance.

     

    Mes plugs à moi vont dans les oreilles. Mes pinces sont à nez,  mes cheveux emprisonnés dans un bonnet à tête de mort, ma peau sent le chlore.

     

    Je commence doucement. Je me fous de la technique comme je me fous des règles. Je nage fort. Je respire tous les deux temps au lieu de trois, toujours du même côté. Mon bassin oscille, je ne bats des jambes que sur le dos et je ne nage sur le dos que rarement.  Je me sens bien après 30 longueurs. Après 40, je me berce. Après 60, je vole. J’oscille longtemps dans l'eau, je glisse,  A 80 je m’oblige à sortir, et une fois  sur terre je vole pareil.

     

    Je nage partout où je vais. Je m’insère dans les lignes d’eau comme sur l’autoroute. Une seule fois, j’ai dû sévir. Des nageurs du dimanche. Je m’accommode des  milf qui viennent « courir » dans l’eau en palmes, je suis complice des tonnes de muscles du couloir nage rapide. Je nage avec eux. Certains jours, ce sont eux qui nagent avec moi.

     

    Je préfère nager ailleurs que chez moi, où les piscines sont un peu trop étriquées.  Et puis un jour, j’ai trouvé mon graal.

     

    On y accède après quelques sorties d’une autoroute sur laquelle je me suis longtemps refusé de mettre une roue. Au bout d’une impasse bordée d’un canal, c’est un monolithe de béton, de colonnes élancées, il y a même  une piste d’envol.  L’architecte, inspiré du bauhaus et des temples incas, s’est complètement lâché.  

     

    Le bassin est dehors, sauf s’il grêle ou que la foudre menace. 50 mètres d’eau immobile qui fume dans le froid. Pas de milf en palme. Bordé à chaque bout de chronomètres vieillots, et tout le long de colonnes de béton. Le type connaît son nombre d’or. Plus loin, des lignes colorées  s’élancent vers le ciel. On y accède par une chatière. Il faut être motivé pour toucher le ciel. Pour y aller, à chaque fois, je dois m’autoriser trois heures avec moi.

     

    Une fille qui change toutes les 30 minutes surveille en doudoune que personne n’est mort. Les feuilles ont le droit de tomber dans l’eau. Je suis seule dans ma ligne.

     

    Les nanas à l’accueil sont toujours charmantes. Aujourd’hui, en prenant  un nombre impressionnant d’entrées,  j’ai regardé les palmes courtes, pour la quatrième fois.

     

    Ça me plaît de nager quasi nue et sans aide. Mon maillot, cycliste et très moche, est deux tailles trop grand pour ne pas me toucher. Je lorgne sur les MP3 amphibies, juste pour voir si ça parle vraiment à l’os, je mets des lunettes qui me bousillent  la peau délicate du tour de l’œil qui est pourtant l’objet de toutes les attentions des coquettes qui ont passé 40 ans, et un truc sur le nez pour ne pas me brûler les muqueuses . Je l’ai perdu aujourd’hui, d’ailleurs, laissé sur le bord après les plongeons.

     

    Quand j’étais très jeune, trop jeune pour comprendre mais pas assez pour oublier, quelqu’un de cher a dit devant moi « cette petite, quand elle connaîtra l’amour, elle ne pourra plus s’en passer ».  C’est pour cela que, entre autres, les autoroutes,  les palmes, et aimer vraiment, j’avais toujours évité.

     

    Je les ai achetées. Taille 39/41. J’avais envie de les garder aux pieds mais on a sa dignité. Je pensais les essayer sur  trois ou quatre longueurs, histoire de voir comment mes os détruits allaient les supporter. Je suis passée par la chatière, j’ai commencé à nager. Rapide, fluide, les palmes immobiles dans mon sillage. Et j’ai commencé à osciller. Une jambe, l’autre, une hanche, l’autre, au rythme des bras. J’ai décollé.  J’ai décollé sur trois kilomètres.

     

    A la 33 ème longueur,  le soleil a troué les nuages et est venu frapper directement  la vapeur qui montait.

     

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    Il me faut maintenant assortir mon maillot à mes palmes. Mais pour avoir sans question celui que je veux, je pense que je vais avoir besoin d'une dispense médicale.

     

     

     

     

     

     


     

  • Libre comme un porno des années 70

    C'est pas calculé, ça respire, c'est à peine supportable, c'est mal fait, en plastique, pas abouti, ça s'en fout d'être vu, c'est fait pour se faire plaisir, c'est barré, jouissif, sans complexe, infantile et gratuit. Mais en plein milieu de ces années terribles, stridentes, étouffantes de violences faites à la vie et à la liberté, putain, ça se branle avec un chou.

    Pour eux ça doit être un peu comme ici. Eux non plus, il ne doivent pas vraiment savoir s'il y aura un autre clip après chaque dernier.

     


  • Mais c'était juste un doigt!

     

      Vous reprendrez bien quelques grammes de brute?

     


    "Mécontent de tous et mécontent de moi, je voudrais bien me racheter et m’enorgueillir un peu dans le silence et la solitude de la nuit. Âmes de ceux que j’ai aimés, âmes de ceux que j’ai chantés, fortifiez-moi, soutenez-moi, éloignez de moi le mensonge et les vapeurs corruptrices du monde, et vous, Seigneur mon Dieu ! accordez-moi la grâce de produire quelques beaux vers qui me prouvent à moi-même que je ne suis pas le dernier des hommes, que je ne suis pas inférieur à ceux que je méprise !"

    Charles Baudelaire, (A une heure du matin) Petits poèmes en prose, 1869

     

  • Lasher prise

    shine on you crazy diamond

    C’était juste un fouet, acheté à Tolède. Un fouet en cuir, un vieux, un vrai  avec le manche tressé,  glissé dans une valise dans un silence complice et un sourire en coin avant de la boucler aussi. Un fouet longtemps retenu qui a trouvé sa  place dans cette  seule main qui pouvait le tenir. Un fouet qui ne savait pas qu’il savait faire brûler, et qui ignorait à ce point aimer ça. Ce fouet qui craignait tant de blesser et se perdre a su mordre, lacérer et mordre encore, cingler, fendre, ne plus se retenir, et dans un tourbillon de lanières  et de dessins de feu  dissoudre dans l’abandon  les derniers des hauts murs  qui éloignaient encore.

     

    La trace de ce fouet, gravée sur ta rétine, te montrera encore  le chemin qu’il faut prendre pour faire rendre les armes aux âmes congelées.  

     

     

    (très troublante photo, trouvée sur le net).