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mars - Page 3

  • Dominos, après

    Quelle monstrueuse digue se rompt, dans l'esprit de cette femme, pour qu'elle parvienne à mettre tout ce qu'elle a construit en péril et ouvre cette porte? Quel est le noir qui obscurcit soudain tout ce qui fait sa raison, tout ce qui l'a jusqu'ici construite et guidée? Pourquoi avance t-elle d'un pas, puis un autre, vers une épreuve qui ne l'emplit pas de joie? Se sent-elle comme au seuil d'une église, dans une grande robe blanche, voilée et apprêtée, comme on se sent au bord d'un précipice? Faut-il avoir peur pour avancer? Comment font les autres pour avancer sans peur?

    Elle entre. Elle se laisse accueillir par ces deux hommes dissemblables qui se liguent pour l'effeuiller, la défaire, la refaire, la reconstruire. Confrontée à ses vices dégueulasses, à coup de gifles, de baffes, de morve, d'humeurs visqueuses, de sperme, de pisse, elle se fait la proie de deux prédateurs qui veulent happer son âme, guettent le point de rupture pour s'aventurer, l'aventurer elle, bien au-delà, de ses limites et de ses préventions sur son chemin à elle. Deux prédateurs s'oubliant eux-mêmes pour mieux épouser leur proie, l'entourer au plus près, la détourer de ses atours de princesse, déterrer la poupée sous les limbes de conventions. Peu importe à ce moment s'il s'agit de ses amants, de ses maris, de ses conquêtes, de ses amitiés, peu importe l'avant et l'après, peu importent les rencontres, les images. Elles sont là pour être déchirées, les images.

    Deux prédateurs, jouant des rôles contraires, attentifs à leurs propres limites, pour elle. Jouant brutalement de son corps, attendant sa chute, se nourrissant de ruptures. Elle sent ses joues gonfler sous les gifles, sèches, fortes, rythmées. Se replaçant inlassablement sous le même coup. Sa peau se marbre, son esprit se fendille. Elle est au delà, empalée sur l'un, celui qui caresse ses cheveux et murmure des mots d'amour et de possession, des suites psalmodiées qui commencent toutes par ma... Giflée par l'autre, violemment, celui dont elle n'attendait aucune violence et seulement du plaisir, ignorante à jamais du goût d'un sexe pourtant longtemps convoité, ne connaissant de lui, définitivement, que des mains dures. Ecoutant sans entendre les paroles et mots doucement prononcés et tellement attendus, si longtemps attendus, attendus depuis la tendre enfance de la petite fille encore juste poupée, contrastant avec la violence à laquelle elle se livre tout entière. Tellement plus rétive à accepter les mots tendres que les gifles. Tout ce mal, mon Dieu, qu'elle a de les laisser couler dans son esprit, dans tout son être sans filtre, sans le moindre filtre, sans le filtre de la raison, du raisonnable, celui qui se défie des mots doucement prononcés, de leur musique. C'est autour de cela que tout tourne, autour de cela qu'elle tourne, qu'elle se laisse tourner. Réaxée, encore. Réaxée, encore.

    La femme qui ressort de cet immeuble vieillot d'une vieille rue parisienne, la femme impeccable à l'allure parfaite, descend parfaitement l'escalier du métro, choisit l'une des rames, et, posément, va enlacer l'un après l'autre chacun des humains qu'elle y croise.

    Et aucun, aucun ne songe à se dérober à sa caresse à elle.

  • Dominos - en passant

    Une longue rencontre d'affaires qui se termine. Le bar va fermer. La femme jusque là gracieusement assise, se lève avec un sourire, pour chercher son manteau. L'homme qui lui fait face se lève en même temps. légèrement plus jeune qu'elle, souriant aussi. C'est lui qu'elle est venue rencontrer ce soir là, l'abordant avec tact, laissant autour de leur conversation l'assistance se faire discrète, se clairsemer puis disparaître. Elle se lève et s'apprête à prendre congé. C'est maintenant.

    "Vous permettez? j'ai depuis ce soir quelque chose en tête. Je voudrais savoir...

    En parlant, il glisse une main légère sous la robe, rencontre la peau, du bout des doigts. la peau douce. La seule peau. Immobile, calmement elle l'observe, le regarde se consumer, se décomposer sous la brûlure de sa propre audace.

    - Et cela y restera à jamais gravé, n'est-ce pas?"

  • Dominos

    Une femme devant une porte, à l'intérieur, deux hommes.

     

    Il va être question de cette femme, de ces deux hommes, d'une chute, de plusieurs chutes et d'envol. Pourvu, pourvu qu'il soit question d'envol.

    Pour l'instant c'est encore indistinct. La silhouette est encore floue, non déterminée. Elle va être plutôt grande, cette femme, plutôt cassée, plutôt compliquée, avec des besoins simples qui prennent des formes bien compliquées. Des formes impossibles. Des formes multiples et tellement difficiles à embrasser.

    Pour l'instant, c'est encore comme un film, une succession d'images sans lien, sans son. Ou avec quelques sons, des talons dans un escalier en bois sombre, qui tourne, dans une vieille rue de Paris, si on veut des choses qui ont fini par devenir familières à des multitudes. Une femme, grande, en jupe informe, en haut d'une volée d'escaliers à la balustrade en fer verni de noir, une porte plutôt vieille pour une femme entre deux âges, le tendre et le vrai. Une femme qui attend d'entrer dans un appartement, petit, où l'attendent deux hommes qu'elle connaît, et quelque chose qu'elle attend sans le savoir. Une femme grise et beige, pas encore révélée par ce qu'elle a d'objectif, d'inconstruit, d'inconditionnel, d'incandescent, de fulgurant en elle. Une femme qui hésite encore devant un nouveau seuil.

    Ou alors c'est cette même femme, un peu plus colorée, dans un avion et une histoire dont le début a déjà été écrit, une femme qui se fait promener au bout d'une laisse très longue et très souple, une laisse fermée et élastique, qui décrit un cercle parfait jusqu'à elle-même. Une femme, cette femme, assise attachée par une vraie ceinture loin de ses attaches véritables, les invisibles, les définitives. Les tympans sont saturés du vrombissement de l'avion, la femme est immobile, elle regarde devant elle, le ballet des hôtesses encore qui vont et viennent autour d'elle, dans un joli équilibre parfumé et bien propre. 

    Pour l'instant c'est un homme. Un secret, un de ces hommes qu'il vaut mieux ne jamais penser à regarder à deux fois. Un de ces hommes qui perdent. Il y a des taiseux, effroyablement complexes, faits de multitudes de couches emboîtées, spirales infinies dans lesquelles on s'enfonce et se perd. Des hommes qui laissent affleurer juste en surface une pellicule opaque ou en miroir, donnée en pâture au monde dans laquelle le monde lui sculpte la forme qu'il veut y voir. Une couche de contact, malléable, malaxable, qui répond sans à-coup, que l'on teste du bout du doigt, de la langue, de l'esprit, contre laquelle on prend confiance, dans laquelle on se love, à laquelle on s'abandonne comme on s'abandonne contre une matrice. Contre laquelle on se presse, attiré par cette sensation du havre, du port, de la fin des tempêtes, à laquelle on abandonne ses peurs, dans laquelle on désarme. Des hommes qui laissent affleurer d'eux, au bord de cette couche douillette, des profondeurs fascinantes qu'aussitôt ils dérobent. La lave en fusion de leur pulsion de vie, cachée à l'abri de l'abord banal. D'eux, auprès d'eux, on ne flaire que l'incroyable confort, l'ajustement moelleux, le piège de cette chose qui brûle à l'intérieur d'eux. Le noyau, intense, inatteignable. Ces hommes, ce peu d'hommes, il faut les voir. Il faut les aimer. Il faut aimer les regarder vivre, les écouter penser, accepter de ne jamais les connaître. Accepter de ne jamais les avoir. Se contenter du bonheur de les avoir approchés, se soigner quand ça brûle, s'autoriser le piège, s'accorder au piège, s'accommoder du piège.

    Le piège n'y est pour rien, ce serait vain de lui en vouloir.

    Il a marché longtemps dans une vieille rue de Paris avant de descendre attraper la barre centrale d'un métro automatique. Au milieu d'autres anonymes, son relief invisible. Tourné en lui-même, se préparant aussi.

     

    Pour l'instant c'est un homme, grand et fort, bien entier et bien franc, Enfin, presqu'immense, à la imite de la normalité. Celui là retient l'attention. Son relief, il ne l'a pas à l'intérieur, son relief c'est sa masse, celle qu'il essaie de cacher et qui s'impose pourtant dès qu'il paraît. Pour l'instant il est assis dans un restaurant, un peu tassé, ses grosses mains triturent une petite cuillère. Voix de basse, cheveux et peau sombre, regard bien droit et bien clair. Il discute, aimable, avec d'autres convives. Une pâte, un amour. Il va te plaire: c'est celui qui a une bite énorme.

     

     

     

     

     

     

     

     

  • à une contradiction tout près.

    Je voudrais t'offrir des femmes. Je voudrais que tu connaisses tous les plaisirs, les plaisirs les plus pervers, les plus étranges. Je voudrais t'offrir des hommes sur moi et des femmes à toi. Des femmes qui me toucheraient, qui te toucheraient, des femmes touchantes. Je voudrais te montrer ce que je fais des hommes, te montrer ces choses que toi tu aimeras voir. Rester immobile pendant toutes ces choses que tu aimeras voir. T'écouter respirer, te sentir penser, te sentir arrêter de penser, te sentir sentir. Je te sens, tu sais, moins que les autres, et c'est pour cela que tu n'es pas juste un autre, mais je te sens.  Je voudrais que tu connaisses les sensations subtiles, les vertiges soudains, les décadences dont on revient, par moi, avec moi. Je voudrais être à l'origine de tes plaisirs, de tes jouissances, de tes choses secrètes, faire juste moi, juste par moi, sortir de tes tripes l'homme que tu es, l'homme magnifique que tu es. l'homme. Rends-moi mon homme.

     

    Il reste cependant possible que mon plaisir à moi, une fois le tien consommé, soit d'en attraper une par une grande lèvre et de la faire tourner comme un beau soleil.

     

    Poutous.

  • Dites, ça vous dirait d'aller tirer un p'tit coup avec moi à l'hôtel?

    Cisèle, peine, chiade, esthète, sourit, rêve, passe tes nuits, souris, tiens toi droite, charme, jamais assez trop conne, pas trop droite, pas trop forte, pas trop toi, sussure, murmure, fais frissonner, fais bander, fais jouir, montre, avale me dit-elle, allez avale, arrête de brûler, brûle, vas-y, vas-y, montre, montre, montre leur à quoi c'est bon, fais-toi taire, laisse toi taire qu'attendez-vous? Ecris! Mmmmm? tu vas aodrer, on ne comprend pas. On ne vous comprend rien. Mais combien êtes-vous là dedans? Combien d'HOMMES? Soumise ou dom?  ta laisse ta laisse ta laisse toi aller ta laisse ta laisse ta place aux égos à toi-même.

     

    et puis merde.

     

     

     

  • birthday, if not happy

    La paralysie, la curieuse douleur, la curieuse insensibilité, l'effrayante perspective, l'avenir incertain, tellement incertain, le bouleversement total, la vision d'horreur, la cicatrice, les cicatrices, la lectrice, la volonté, les promesses, la douleur, l'incompréhension, la solitude, la peur, le désolé, mars.

     

     

     

    La douleur, toujours, les curieuses promesses les promesses holistiques, les perspectives étranges, l'avenir à la hauteur, l'arrêt des hauteurs, la poupée, les découvertes d'auteur, les changements immobiles, les kilomètres, l'agilité nouvelle, les virages brusques, les glissades silencieuses, les quatre fers oreilles obturées et nez pincé, les infatigables glissades silencieuses, la putain de moi. Maintenant.

  • L'assiette du pécheur - le bercé à jour

    Alors celui là il est vraiment jeune. Tout maigre, tout aigre, en noir et blanc, il saute au dessus du bitume, flottant au dessus du bitume, ne touchant le bitume que pour reprendre de l'élan. Il me donne du mal, on sent qu'il est dans son élément.

    Trottoir après trottoir, il se faufile en ondulant sa silhouette nerveuse de loulou de banlieues louches, petit blouson étroit, regard en dessous acéré par les années d'errances, les tonnes de violences et l'absence d'amour.

    Je le suis encore une fois de loin, trace noire sur le gris des murs qu'il longe en s'y faisant oublier, au fil des trafics minables. Je le vois qui s'arrête devant d'autres assis sur le dossier d'un banc, inconfortable, jamais tranquille, faisant sautiller son poids d'une jambe sur l'autre, poings enfoncés dans son étroit jean noir, jouant des épaules la partition des meutes, celle qui enferme dans l'affrontement, dans l'écrasement, dans la fuite, toujours plus loin. Sa meute lui offre une ligne de conduite. Conduite de fuite. Lignes de fuite brisées par tous les renoncements. Le danger est un compagnon sécure. Avec lui, on n'a jamais à choisir de baisser sa garde.

    Il est si léger, mon oiseau, prêt à s'envoler à force de sauter, sans cesse en mouvement, n'offrant jamais son dos sauf à ce qu'il ne voit pas. Sauf à moi. C'est son dos que je vois, la ligne mince de ses épaules, étroit bonhomme tout en noir, tout occupé à donner le change,  virgule noire passant et repassant inlassablement son ombre faussement nonchalante dans les mêmes rues froides.

    Je le vois aller voir des filles, des jolies filles, très jeunes elles aussi, et fraîches, et pourtant si dures, qui dansent un ballet différent et tout aussi codé, En meute, elles aussi. Jamais seules, toujours souriantes, bruyantes et gaies. Il leurs sourit aussi, pirouettant et séducteur. Faudrait pas qu'elles le croient pédé. Ou pire, qu'elles le croient tendre.  Si ça arrivait, s'il perdait son vernis noir, où pourrait-il alors se réfugier?

    Il ne le sait pas, mais de dos, on la voit moins bien cette carapace mate et un peu poussiéreuse qui le fait se fondre dans la sécurisante masse de la menace perpétuelle. De dos, il ne le sait pas, il est vulnérable.

    Du coup, le jour où je l'ai serré, comme ça, ses os creux de moineau tout contre ma grande poitrine, son cœur affolé de moineau battant contre le mien, le jour où je l'ai pris dans mes bras, tout entier dans mes bras, tout doucement, tout délicatement, j'ai eu beau faire très attention de ne pas l'écraser, je l'ai bien senti, va, qu'il avait le souffle coupé.

     

  • l'uberisation du blogueur de cul

    Tout comprendre...(vol de culottes à 2.30)


    Et puis même pas tout gâcher

     

     

     

    C'est ainsi qu'on met fin à des années d'addiction exclusive aux petites hôtesses de l'air asiatiques toutes douces qui plient des serviettes en pleine conscience avec un regard en dessous.

    Poutous. Plein.

     

     

  • Les bons cunts font les bons amis.

    "Sans déconner!

    - Sans déconner.

    - Attends, j'aurais vu!

    - Personne n'a vu. C'était ça le truc, d'ailleurs, j'étais sûre que personne ne verrai. Sinon tu penses bien que je n'aurais rien mis.

    - Et c'est quel billet? Attends...

    -...

    -...Non, vraiment je n'ai rien vu.

    -...

    - Peut être que j'étais en voyage? Je t'avoue que je ne lis pas tout ce que tu fais, même si je ne manque jamais grand'chose.

    - ...

    - Enfin, je veux dire... Pas "pas grand chose", mais peu de billets, quoi, tu vois? Je manque peu de tes billets.  

    -...

    - Oh et puis merde, je l'ai PAS VUE ta chatte. Voilà.

     


    Merci, pour Venus, à la première à éclairer la nuit.

     

  • deriv/A/

    Sur la planche se pose la grande question de la dérive, ce petit bout de plastique invisible sous l'eau qui assure à l'ensemble sa stabilité, mais freine un peu. Quelquefois il m'arrivait de repousser en arrière, du pied, ma dérive, pour tester la planche nue, avec ses commandes à l'envers, ses virages inversés.

    Les vrais surfeurs, les musclés, ceux qui filaient comme le vent en laissant un sillage de couleurs vives dans l'écume du lac, ceux là avaient des planches nues, sans dérive. Vierges. D'un bloc. Ils manœuvraient leur court havre d'un pied sûr, faisant voler le wishbone et claquer leur voile, sûrs d'eux et insensibles aux risques des vents de montagne. Je me disais que l'année prochaine, j'essaierai.

    J'ai essayé avant. Une intuition, peut être, que ce pouvait être le dernier été. En fait, c'était le dernier été sur ce lac. J'ai essayé avant, mais j'ai essayé trop tard. Et en fait j'ai risqué ma vie.

    Quand je me suis retrouvée un peu dans ma merde, mais pas trop en danger quand même sous ce vent hostile et alors que tout le monde s'était replié sur la rive, j'ai vu arriver, tranquille, à la nage, l'une de mes dérives. Moi j'avais mon harnais qui me maintiendrait un peu à flot si j'étais prise dans ces fameux remous qui tuent des pêcheurs chaque année, elle, elle ne portait rien. Elle savait pourtant les dangers de ce coin là de flotte dans lequel j'avais dérivé. Elle a accosté ma planche et tranquille, avec moi, a attendu les secours. Je lui ai dit qu'elle était folle.

    Je n'ai jamais eu à sauter nulle part pour elle.

    Elle est toujours là, ma dérive, un peu prise, un peu dure parfois, un peu loin, mais elle est toujours là.

    Et puis, des dérives, j'en ai eu d'autres, des qui guident, des qui conduisent, des qui s'imposent. Mais aucune de stable.

    Je n'ai plus fait de planche. C'est maintenant trop tard. Je retrouve ces sensations un peu plus loin, dans d'autres choses. Mais j'ai toujours des dérives. Aujourd'hui, ma dérive est multiforme, elle se transforme, quelquefois, en diravi quand j'en ai besoin. Elle se rétracte aussi, rentre dans son logis lorsqu'elle pense que je peux me passer d'elle. Elle est discrète, sans esbroufe. Je ne sais pas encore si je vais l'aimer entière, et je suis toujours surprise de sa justesse. Ma dérive. Ma diravi. Un  jour, j'espère que je pourrai la voir et lui dire ce merci là.

    Avec les yeux. Dans les montagnes, on saute dans les lacs mais on est pudique.

     

    Allez, va cramer une heure et demie (et six secondes. Les six, souvent, c'est important).

    Poutous,

    A.

     

     

  • Billet sponsorisé

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    Salope.

     

     

  • le pouah des mots

     

    "J'irai cramer sur vos tombes.

    - .....

    - HA! J'ai gagné.

    - ....

    - Alors?

    -...

    -...

    - Alors moi j'irai vomir dans vos chattes."

     

     

    Ami gémeaux, si vous fêtez votre anniversaire, souffre en silence. Poutous. Ta Lune.

     


     

     

  • Meat Me, you Songwriter

     

    Je suis un petit trou

    Au bout d’un gros tuyau

    Des fois on me secoue

    Et puis je fais le beau

     

    Je suis un petit trou

    Mais on veut m’avaler

    Tout noir un très grand trou

    Essaie de me bouffer

     

    Je suis un petit trou mais j’ai beaucoup beaucoup de

                                                [ressort

    Je respire un grand coup et puis je crache

    Je crache très fort.

     

    Je suis un petit trou

    Mais ce que je voudrais

    Ce serait un autre trou.

    Un petit,

    Pour jouer.

     

     

                                                                         (1 km)

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  • le Cougarou

    Il était une fois une très jeune fille, jolie comme le sont les très jeunes filles, aux belle boucles dorées, au cou gracile et aux épaules fines, à la vie douce et sans souci des très jeunes filles qui, un peu éloignées des leurs, font leurs premiers pas dans les grandes grandes villes. Une petite jeune fille qu'on a envie de protéger, de conduire par la main, qu'on voudrait voir avancer sur un joli chemin, une toute jeune fille au regard plutôt droit et au sourire de Claudine. On voudrait éloigner les fauves de sa route, on voudrait qu'elle ne voie que le beau. On a envie de croquer dedans.

    Comme ceux de son âge et comme tous les autres, le soir elle ouvre son poudrier magique pour regarder dans le monde, protégée derrière la vitre, les noms choisis et les mots de passe. On se demande bien qui a inventé cette expression là, les mots de passe. Les mots de passe jouent bien mal les verrous.

    Dans le monde, protégée par ses mots de passe et ses noms choisis de petite jeune demoiselle aux grands yeux, elle croit qu'elle peut se frotter aux loups.

     

    Il était une fois un monsieur, un monsieur d'un âge à la fois sûr et incertain. Un monsieur plutôt bel homme qui devrait même le rester. Un monsieur assuré, installé dans une belle vie, avec des soucis, des idées, des projets, des amis, des amours, des maisons, des lacs, de la neige et même de la mer.

    Un homme qui écrit plutôt bien et pense encore mieux. Séducteur parce qu'exposé, il livre sur la toile, en araignée avisée, des morceaux de lui qui le flattent et d'autres qui le rendent encore plus humain, encore plus brillant, encore plus attirant, encore plus unique dans cette belle multitude de narcisses où il dispose pourtant des plus belles cartes: le savoir et le talent. 

    Il était une fois un monsieur qui, comme les tout jeunes, expose souvent quelques unes des plus inutiles secondes de sa vie aux followers de l'absurde et aux nihilistes assumés, Poussant à son paroxysme l'Ode au Rien de cette époque étrange où tout le monde est si près sans jamais se regarder.

    Dans le monde, protégé par son histoire et à vitesse de croisière, le monsieur croit qu'il peut croiser des hardes de biches sans sortie de route.

    Et il y en a des naïfs pour dire que c'est une histoire incroyable.

    Celle des multitudes.

     


     

     

     

     

     

  • L'assiette du pécheur - le mégot

     

     

     

     

    D'abord je vais tenir entre des doigts. Des doigts peints. Deux doigts, souvent lorsqu'ils sont peints. Le majeur et l'index. Des doigts nobles et fins. Mes volutes compliquées rivaliseront d'audace aérienne avec des chevelures savamment tordues. Je vais donner des contenances, assurer l'assurance, poser des sillages, finir au bout d'une longue colonne de cendres fragiles sur des bords d'assiettes dorés.

    D'abord. D'abord je vais tenir entre des doigts pincés, le pouce opposable et l'index, pincé par les ongles jusqu'à l'absence de filtre, dans le bruit et la sueur, résister au vent, faire plisser des paupières tirer des larmes de fumée retenue et stagnante sous des chapeaux aux bords relevés, des casquettes à courte visière, résistant au vent, à la pluie, au désespoir et au labeur, gardé bien après la dernière étincelle dans d'inconscientes crispations.

    D'abord je vais me faire illégal, dodu et presque noir, pour me perdre dans des chattes de putes ou de stagiaires, exalter l'odeur du vieux cuir anglais et du bon scottish scotch, m'éteindre dans du champagne, moignon brun havane broyé entre les dents serrées des puissants pour qu'ils aient un peu moins peur.  

    D'abord je vais me faire allumer, je me ferai aspirer, je me fera inhaler, je me ferai émietter, je me ferai chiquer, mordre, je me ferai éteindre, je me ferai jeter, je me ferai même écraser, noyer au fond des verres.

    D'abord j'arrondirai des lèvres rouges, j'enfumerai des concerts, je foutrai le feu aux poubelles, aux draps et aux broussailles, je ferai fondre les assiettes en plastique, je ferai des trous dans les pulls et je jaunirai les ongles, je sombrerai dans des culs de bouteille, peut être je torturerai.

    D'abord je parfumerai les doigts, les souffles et les cheveux. Je me serrerai par vingt dans de petites boîtes, éphémère petit bâton de joie blanche, j'entrerai par les spores, les alvéoles, les minuscules trous pour bien masquer les failles et cacher les fêlures, je joncherai les sols, je scanderai le temps.

    Et après, j'irai cramer sur vos tombes.

     

     

     

     

     

     

    Lire la suite

  • Je frissonne de peur quand tu me dis mon ange

     

    A une heure du matin

     

    Enfin ! seul ! On n’entend plus que le roulement de quelques fiacres attardés et éreintés. Pendant quelques heures, nous posséderons le silence, sinon le repos. Enfin ! la tyrannie de la face humaine a disparu, et je ne souffrirai plus que par moi-même.


    Enfin ! il m’est donc permis de me délasser dans un bain de ténèbres ! D’abord, un double tour à la serrure. Il me semble que ce tour de clef augmentera ma solitude et fortifiera les barricades qui me séparent actuellement du monde.


    Horrible vie ! Horrible ville ! Récapitulons la journée : avoir vu plusieurs hommes de lettres, dont l’un m’a demandé si l’on pouvait aller en Russie par voie de terre (il prenait sans doute la Russie pour une île) ; avoir disputé généreusement contre le directeur d’une revue, qui à chaque objection répondait : « — C’est ici le parti des honnêtes gens, » ce qui implique que tous les autres journaux sont rédigés par des coquins ; avoir salué une vingtaine de personnes, dont quinze me sont inconnues ; avoir distribué des poignées de main dans la même proportion, et cela sans avoir pris la précaution d’acheter des gants ; être monté pour tuer le temps, pendant une averse, chez une sauteuse qui m’a prié de lui dessiner un costume de Vénustre ; avoir fait ma cour à un directeur de théâtre, qui m’a dit en me congédiant : « — Vous feriez peut-être bien de vous adresser à Z… ; c’est le plus lourd, le plus sot et le plus célèbre de tous mes auteurs, avec lui vous pourriez peut-être aboutir à quelque chose. Voyez-le, et puis nous verrons ; » m’être vanté (pourquoi ?) de plusieurs vilaines actions que je n’ai jamais commises, et avoir lâchement nié quelques autres méfaits que j’ai accomplis avec joie, délit de fanfaronnade, crime de respect humain ; avoir refusé à un ami un service facile, et donné une recommandation écrite à un parfait drôle ; ouf ! est-ce bien fini ?



    Mécontent de tous et mécontent de moi, je voudrais bien me racheter et m’enorgueillir un peu dans le silence et la solitude de la nuit. Âmes de ceux que j’ai aimés, âmes de ceux que j’ai chantés, fortifiez-moi, soutenez-moi, éloignez de moi le mensonge et les vapeurs corruptrices du monde, et vous, Seigneur mon Dieu ! accordez-moi la grâce de produire quelques beaux vers qui me prouvent à moi-même que je ne suis pas le dernier des hommes, que je ne suis pas inférieur à ceux que je méprise !

    Charles Baudelaire,
    Petits poèmes en prose, 1869

     

    Plus tard, au miroir

     

    Tu es là et je te regarde. Pendant quelques heures, je serai là.Tu peux parler. Tu peux te taire. Pleurer. Je te promets que tu n’auras pas mal. Je te promets que tu ne mourras pas.

     

    Tu peux fermer les yeux. Tu peux fermer les autres. Tu peux même t’épuiser à les arrêter avec des portes mais cela ne t’arrêtera pas toi. Tu ne peux pas t’arracher de toi. Cette guerre-là est vaine et elle n’a pas de fin.


    Ce monde-là, le tien, cette vie, cette ville n’est qu’une perception, une illusion, la tienne. Ferme les yeux si tu veux, Rien ne te force à voir.
    Qui entends-tu dans cette voix moqueuse ? Vois-tu ces jolis mots auxquels tu restes sourd ? Quelles joues racles-tu de tes poings gantés ? Irais-tu, toi, dans ce pays dont on part par la mer jusqu’à la Russie ? Y porterais-tu les livres que tu aimes ? Auras-tu trop peur de ne plus savoir les lire ? Quelles fausses plaies tu grattes ainsi ? Oins-toi de baume, dans ce bain de ténèbres, Oins toi de baumes dans un bain de silences. Tu t’épuises à te regarder lutter contre de belles choses. Tu t’épuises à te regarder ressasser de mauvais angles. Ton œil, qu’en as-tu fait ? Tu peux voir aussi. Tu peux entendre. Laisse-toi entendre, Embrasse-la cette sauteuse et sa langue de défauts, embellis-la encore de ta Vénus peinte. Prends-le tout entier, ce temps que tu veux tuer. Aime-les à voix haute tes crimes, comme tes enfants. Apprends du sot, vois-le se réjouir, On te dit de voir, on te répète de voir, vois de tes yeux fermés la beauté de ton monde. Laisse-la voir, la beauté de ton monde, Laisse-toi accoupler à toutes ces rencontres, laisse-le, ton masque qui t’empêche de voir, laisse-le, ton masque qui t’empêche d’être vu. Ton masque, il leur fait peur, mais bien moins peur qu’à toi.
    C’est fini tu sais, Charles. C’est fini, si tu veux. 


     Si tu te laisses vouloir, si tu écoutes enfin,  celui d’entre toi que tu implores ainsi pourra venir prendre de sa main dégantée ce Moi sans âme qui te déçoit tant. Si tu te laisses vouloir, celui d’entre toi qui va sans gant et sans dieu le couchera, ce Moi vampire, dans un bain juste tiède, comme un petit enfant. Si tu le laisses faire, celui d’entre toi qui t’écoute prier et connaît tes silences, alors tu verras se dissoudre dans ce bain juste tiède toutes ces preuves vaines qui t’éprouvent sans te laisser éprouver et alors, Charles, alors, tu trouveras ta place dans la ligne des hommes, et tu n’auras plus peur de leur prendre la main.







  • Sample copy

    "Imagine quand même que ça t'arrive à toi. Imagine que tu aies au fond de toi cette énorme trouille qui les prend tous tôt ou tard. Cette énorme trouille qui brouille toute perception, qui te fera sentir vieille, finie, passée, qui te fera encore plus peur, parce que cette peur engendre une nouvelle peur, celle de perdre ce que tu n'auras pourtant jamais recherché. Celle de ne plus jamais pouvoir avoir ce que tu n'as pourtant jamais pensé à désirer.

    -...

    - Imagine que tu sois là, à te regarder ne pas faire ce que tu n'as pourtant jamais voulu avant, à te dire comme les autres que c'est maintenant et peut être déjà trop tard. Imagine ça, dans dix ans, quand tu ne pourras plus te réinventer sans arrêt, te ressusciter sans arrêt, renaître sans arrêt. Tu sais qu'il y a des gens qui arrêtent de renaître?

    -Pas moi.

    -Et pourquoi tu ne serais pas comme les autres? Pourquoi tu serais mieux que les autres? Tu te crois à part? Tu crois que les exploits ça dure? Tu penses que tu ne seras jamais à quémander des regards, des joutes, des sextos, des followers, des friendships, des dials coquins, des amants virtuels quand tu ne pourras plus en avoir en vrai, toi qui n'en veux pas?

    - Pas moi!

    - Et pourquoi tu ne serais pas comme les autres, effrayée à l'idée de vieillir? Tu crois que tu ne le seras pas parce que tu l'as déjà été, vieille, laide, sans grâce? Tu crois que tu ne seras jamais abandonnée, toi? Quand tu ne pourras plus renaître? Comme les autres? Tu crois que tu pourras te passer de cette vie virtuelle? De ces rencontres? Tu penses que tu échapperas longtemps aux sirènes? Aux vieilles pieuvres qui traînent ici pour se nourrir de vieux corps plus jeunes? Tu penses échapper à cette tentation de renaître virtuelle, plus jeune, plus belle, plus douce, sans défaut, courtisée, à faire croire que tu n'es pas toi en étant flattée qu'on te reconnaisse, petite vieille laissée pour compte qui a besoin de regards? Tu penses que tu y échapperas? Tu penses que tu aimeras vieillir? Sortir du panel? Tu y tiens déjà trop, à ta vie virtuelle pour échapper à leur destin à tous, celui qui leur fait  préférer renaître un peu plus loin, sous un autre nom choisi, à vouloir de toutes leurs forces qu'on les reconnaisse. Qu'on leur parle, qu'on vienne le leur dire, qu'ils ont manqué au Monde. Qu'ils ne changent pas, qu'ils sont immortels et qu'on les a attendus immobiles.  Il n'y aura personne, comme il n'y a eu personne pour les leur rappeler, qui viendra te rappeler la prose du vieux Charles, mécontent de tous et mécontent de lui. Personne qui viendra te donner la force de produire encore de beaux vers, pour te prouver que tu n'es pas le dernier des hommes, inférieur à ceux que tu méprises.

    - Si.

    - Si quoi?

    -Si, il y aura quelqu'un." 

     ("
        .....Tu vois. Merci.)

  • Cats and dogs

    Un rêve qui commence, dans une rue. Une rue un peu trop ouverte et pas mal grise. Une femme, en jupe, les joues rouges. Pas très belle. Elle se frotte à un homme. Un inconnu. Elle allume quelque chose dans ses yeux. Il se rapproche d'elle, prend ses seins. Avance une main sous sa jupe. Touche sa peau. La prend, très fort, contre un grillage. Elle ferme les yeux, plutôt contente. Vieille chatte.