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mars - Page 2

  • Domino - petite histoire du matin, encore

     

     

    Des carreaux blanc immaculés tout le tour de ce hammam, dessus, dessous, sur les quelques gradins. Une table en hauteur, un plateau, plutôt, et sur le plateau, allongée sur le ventre, une femme, serviette blanche aux hanches, à ses côtés un homme massif, torse nu sur une toison fournie, qui, doucement, la masse, la caresse, la touche, la malaxe, la pétrit, l’effleure, l’embrase.

    Soulève ses cheveux pour souffler doucement sur la peau pâle en dessous.

    Suit du bout des doigts la courbe des muscles vallonnés le long de sa colonne vertébrale,

    S’arrête à la lisière de la cambrure soulignée par la serviette moelleuse.

    Remonte le long des flancs, vers le renflement des seins et le creux de l’aisselle douce.

    Repart sur la nuque, s’enfonce dans les cheveux et serre.

    Ça dure et les cuisses, imperceptiblement, se pressent et s’écartent. Elle veut être touchée, que ses doigts attrapent et pincent les lèvres épaisses entre ses jambes, clapotent entre les lèvres épaisses entre ses jambes, trouvent, tirent, écartent et pénètrent.

    Mais ça ne vient pas et sa bouche s’entr’ouvre pour prendre un peu plus d’air. Elle croit qu’il ne voit pas qu’elle commence à respirer un peu plus vite, la poitrine pressée sur la table carrelée, la bouche dans les boucles des cheveux, les petites dents qui brillent. Elle croit qu’il ne la sent pas alors qu’il n’est là que pour elle.

    Des hommes arrivent, s’installent dans les gradins. D’abord deux, puis un troisième en retrait.

    La serviette disparaît et il commence à masser à pleine paume les globes trop musclés des fesses, les deux creux au-dessus des muscles des cuisses, le petit renflement de graisse tout en haut à l’intérieur. Descend jusqu’à la cambrure du pied et tire sur la peau brillante des orteils. Remonte, la prend aux hanches et la retourne. Les deux seins un peu écrasés ont des pointes longues, le ventre un petit duvet scintillant qui se perd dans le renflement, surprenant, du pubis, rasé.

    Elle est étendue sur le dos et on ne voit plus que ça, le renflement forcé du pubis blanc, avec cette fente qui débute haut. Les trois hommes fixent son entrejambe. Envie de le bouffer, d’y enfoncer son nez et sa langue, de happer ses lèvres, de suçoter bruyamment tout ce qui passe à portée de bouche, de la boire, d’y enfoncer toute la tête.

    Quand il la relève, elle ouvre les yeux, tend sa poitrine et son cul à la vue des trois hommes, regarde, longtemps, le plus éloigné, tout sombre. L’invite, presque. Presque.

    Il lui tient la main et s’assoit tout en bas des gradins. Il a ôté sa serviette à lui. Du bout des doigts il la fait pivoter, la fait assoir, dos à lui, sur lui, l’arrime millimètre après millimètre sur son sexe dressé, Elle a refermé les yeux et s’empale, concentrée, la lèvre un peu tordue. Ça lui fait mal, mais elle s’entête, cuisses tendues, encouragée par les regards des trois hommes, quatre, avec le sien qui ne la quittent plus des yeux. Ouverte par la chaleur, la sueur, elle fait disparaître ce sexe dans son dos, dans ses reins, profond, très profond et ne bouge plus.

    Alors, il attrape entre ses mains fortes les cuisses bien blanches et il les écarte, à fond.

    Il l’expose, empalée par les reins comme un papillon maigre

    et là, c’est la curée.

     

     

  • Domino - petite histoire du matin

    Une femme brune est allongée, les yeux clos, la bouche close, on voit ses cheveux lisses et bruns de chaque côté de son visage mince au nez un peu fort et aux lèvres foncées. On ne voit que son visage et son cou, nus. Ni col, ni maquillage. Elle semble dévêtue.

    Allongée, dévêtue, les yeux clos.  

    Derrière elle se tient un homme, debout, habillé. immobile.

    En voyant cet homme immobile, on se rend compte qu'elle, en revanche, est en mouvement. Mais pas d'elle même. Elle monte, descend, monte descend comme poussée, secouée, tenue. Elle se laisse faire, les yeux clos.

    Soudain elle est secouée de droite à gauche, puis reste immobile, quelques secondes. De la peau nue entre dans le champ, un homme, un autre, sexe dressé, il se caresse très vite, l'autre main à peine posée sur la poitrine et jouit, sur les joues minces, dans les cheveux lisses, le long du long cou. Et à l'instant où jaillit son sperme, le mouvement de haut en bas du corps abandonné reprend, comme une houle.

    Et on recommence, encore, encore, les hommes nus se succèdent entre les jambes écartées, le corps bouge de haut en bas, un sexe entre dans le champ et le sperme chaud, parfois blanchâtre, parfois presque transparent vient s'écraser contre la peau de la femme immobile, aux yeux clos, tandis qu'un autre prend la place encore palpitante à l'intérieur d'elle et recommence à la bouger, et que l'homme, immobile, vêtu derrière elle regarde cette femme se faire prendre, encore, encore, encore. Nue, allongée sur le dos, les yeux clos, abandonnée.

    Offerte.

    Son sexe doit être glissant, bouillant, surchauffé par les frottements répétés d'hommes, les parois gonflées par les frottements répétés d'hommes. La pénétrer doit être devenu irrésistible, de plus en plus irrésistible au fur et à mesure que ça dure, et ça dure encore. La peau de son visage, de son cou, le haut de sa poitrine scintillent sous la couche de sperme, sous les jets, les coulures, juste en dessous de ces mains velues, glabres, blanches, noires qui se succèdent en agitant des sexes courts, épais, allongés, aux glands saillants, aux glands recouverts, oh, pas longtemps, quelques secondes, parfois sans la toucher, parfois une main posée sur sa bouche, sur son cou, sur un sein, parfois pinçant, parfois caressant sans y penser jusqu'à couler à leur tour.

    On peut deviner, derrière elle, rien qu'à l'épaisseur de l'air d'autres hommes, fascinés par la multitude, qui attendent, sexe distraitement massé, le moment où à leur tour ils vont s'installer entre ces jambes ouvertes, saisir les cuisses blanches ou les hanches douces, pointer le bout de leur membre sur les lèvres rougies et brillantes, et donner le coup de reins qui écarte les chairs boursouflées, sans se préoccuper de ce qu'ils entraînent en pénétrant. Sentir la pression de la muqueuse qui cède, qui avale, qui presse, qui masse, qui enlace, qui suce, qui aspire jusqu'à installer le renflé du gland dans la petite cavité sensible, tout au fond.

    Combien chercheront à durer plus de deux minutes dans ce sexe labouré devenu irrésistible, avant de jaillir à l'air froid pour se vider sur le visage aussi fermé que le sexe est accessible, regardant le sperme la maculer pendant qu'un autre la prend, les yeux fixés sur le sexe qui entre et sort, les yeux fixés sur le sexe qui se laisse prendre.

    A la fin, lorsque tout le monde aura déserté la pièce, lorsque ceux qui l'ont déjà prise auront pu la prendre à nouveau, jusqu'à trois fois, lorsque la fatigue aura eu raison de l'excitation un dernier, le dernier viendra s'installer entre les jambes ouvertes, sortira son sexe dressé et lentement, millimètre après millimètre, s'enfoncera doucement, délicieusement, dans les replis douloureux et trempés.

    Et lorsqu'il l'aura précautionneusement prise, en dernier, après tous les autres, préparée par tous les autres,  lorsque, à son tour, il se sera déversé, seul à remplir son sexe offert il la prendra entre ses bras, très doucement, toute collante et, passant et repassant sa grande main dans les cheveux poisseux il lui dira, de son souffle lui caressant l'oreille, de sa voix berçante, longuement, la femme désirable, magnifique qu'il a contemplée tout le long de ses yeux ouverts.

     

     

     

  • la mite du coche

    Ne dites pas : "j'eusse voulu que vous me mîtes",

    mais dites : j'eusse voulu que vous me mettasses". Les rimes riches sont tellement plus élégantes.

     

     

    Ne dites pas: "J'eusse aimé que tu me reçusses."

    Dans nos régions sombres, les contresens peuvent s'avérer bien trop risqués.

  • Dominos - la femme dans son reflet

    Elle, elle va l'attendre à table, son oiseau de nuit voyageur. Une table familiale, avec des lattes, et trois enfants autour. Des enfants si beaux que lorsqu'ils sourient, l'air se fendille un peu.

    Elle est toute menue, blonde et mate. Elle prend incroyablement la lumière. On sait d'où ça vient, pour les enfants.

    Sa maison est décorée avec le soin de ceux qui aiment s'entourer de belles choses. Les matières sont choisies pour le confort discret qu'elles apportent à ce quotidien qu'elle prend garde à ne pas faire pesant. Elle sait que les cages conviennent mal aux courants d'air.

    Le piano en sourdine accompagne les éclats de rire et les piaillements des petits qui se racontent gaiement à quel point chaque journée est pour eux inédite. Elle les écoute, debout, dans la cuisine luxueuse et sobre aux éclairages tamisés et aux surfaces libérées aussitôt leur utilisation faite. Dieu sait comment, cette femme là parvient à faire disparaître tout ce qui pèse, tout ce qui étouffe, tout ce qui freine, tout ce qui appuie. elle est de ces femmes qui donnent de l'élan. Il en faut, de l'élan, pour que son courant d'air, à chaque fois, revienne à elle.

     

    Elle entend la porte s'ouvrir, et sent quelques secondes plus tard un baiser, très léger, à la naissance de ses cheveux.

  • DOMinet

    Ne dites pas:

    "Hein? Mais fallait pas me finir avant si tu voulais que je te caresse, m'enfin. Faut qu'on se lève, là. J'ai un programme serré et tu vas casser ma moyenne. Je vais te faire un bon café tu vas voir ça va te faire du bien, hein?"

    Mais dites:

    "Mais c'est qu'elle me donnerait des ordres cette petite garce. Tu veux jouir? Tu n'as pas ma permission. Sors ta langue. Mieux que ça. Maintenant attrape tes cuisses et écarte bien tout. Regarde moi? C'est bien. Très bien. Bonne fille. Quand je reviendrai, je veux te retrouver exactement comme ça. "

     

     

  • Dominos- La suite Le monsieur

     

    Il n’a pas l’habitude d’opérer dans des appartements. Il n’aime pas cela. Il lui est arrivé d’oeuvrer chez lui, ou dans l’un de ses refuges temporaires, presque des tanières. Mais le plus souvent ce sont des chambres d’hôtel, propres et spacieuses, au personnel feutré, elles se ressemblent toutes ces chambres, d’une ville l’autre.

     

    Il se déplace beaucoup, appréciant du voyage tout autant le voyage lui-même que le service discrètement attentif dont il aime, dans ces moments là, s’entourer.

     

    Avez-vous remarqué comme l’attention aux autres peut être un calmant comme une drogue ? Le sourire appuyé et le regard apaisé de la belle jeune femme qui contrôle son billet dans le train silencieux et rapide qui le ramène chez lui. La petite inclinaison de tête, le regard bien droit dans le sien, du concierge de son hôtel qu’il  a regagné quelques instants pour une seconde douche avant de se rendre à la gare, au moment de régler une nouvelle note que l’on remet discrète sur le comptoir, dans un étui de cuir, entre sa main posée et la sonnette à l’ancienne, attendant patiemment le moment où il décidera d’en prendre connaissance.

     

    L’attention, précise, entière, totale qu’il a donnée, accordée, offerte à la femme dont le moindre souhait a occupé tout son après midi.

     

    La femme contre la peau nue de laquelle il a oublié ses propres désirs pour mieux sentir son âme tout entière s’ouvrir, absorber la chute de l’autre, son abandon, sa noirceur.

     

    Il est dans son train, pour l’instant, son beau train silencieux, stable et rapide. Un train qui embarque, dans son wagon, un équipage tiré à quatre épingles, qui va s’affairer, souriant et précis, pendant tout ce voyage bercé par le doux balancement du train.

     

    Sur le siège qui lui est réservé l’attend un magazine rempli d’œuvres d’art, d’objets luxueux, de critiques aimables et de photos primées. Il prend place et s’installe, attentif aux autres êtres qui eux aussi trouvent à occuper leur espace.

     

    A ses côtés une très jeune femme aux longs cheveux blonds prend place avec force aller-retour vers sa valise laissée un peu plus loin, imposant un peu trop sa présence malhabile, coulant de temps en temps un regard un peu intimidé vers le monsieur calme à ses côtés. Sans doute aurait-elle préféré une femme.

     

    Les blonds sont des humains très rares.

     

    Un paquet de cigarettes véritables, comme seules les très jeunes femmes osent encore en fumer de nos jours, dépasse de son minuscule sac, trop petit sans doute pour contenir les nombreux effets dont elle aurait besoin pour passer l’intégralité du voyage assise sans bouger. La cigarette explique la silhouette trop mince, les genoux trop pointus sous le fin duvet blond de la peau fine, et peut être aussi l’acharnement fébrile qu’elle met à colorier sans relâche un livre entier de mandalas censés lui apporter sérénité et confiance.

     

    Lui se laisse bercer par ces présences humaines, les odeurs subtiles, les sons étouffés, suspendu dans ce temps trop court où on le nourrit, on l’abreuve, on lui amène de quoi lire, on s’enquiert de ses désirs, on lui sourit, on requiert son attention, on obéit à ses commandes, on se plie à son désir.

     

    Du fond de ce wagon dont la moquette épaisse absorbe le moindre son, il regarde l’équipage s’affairer souriant, droit issu d’une époque pourtant révolue, celle de l’orient express et du confort allant de soi, et pendant tout le temps que va prendre le service du dîner, il va absorber, sans en perdre une miette, le moindre geste, la moindre attention, la compétente et calme concentration du duo d’équilibristes remontant doucement, au son de leurs questions inlassablement répétées et des réponses étouffées, la longue travée du wagon, l’homme à la barbe douce et au nez busqué faisant couler les vins dans des verres penchés à fond épais, sans une goutte perdue, la femme au maquillage soigné et aux tresses entrelacées de rubans de couleur souriant de ses lèvres rouges et de ses yeux clairs puis se penchant pour déposer le petit plateau aux ramequins méticuleusement emballés.

     

    Et pendant tout ce temps, ses doigts à lui vont caresser, caresser encore, parcourir longuement de leur pulpe, effleurer doucement la longue arabesque enroulée dans son cou.

     

    Et à l’heure où de l’autre côté de la vitre la campagne se brouille de noir, le ballet à 249 kilomètres-heures du personnel de bord, engourdissant ses muscles l’emplit, comme à chaque fois d’une torpeur aussi profonde que le sommeil.

     

  • Je voudrais que la mer s'ouvre devant moi, quelque part

    En somme, toi, tu recherches des intelligences

    Tu leur fais peur.

    Cette petite, quand elle connaîtra l'amour, elle ne pourra plus s'en passer

    Combien êtes vous à faire ça? Combien de schizos, je veux dire. De schizos mâles.

    On ne comprend rien à ce que tu fais.

    Des complicités? Vous n'en trouverez pas. Ou pas comme cela

    Il faut que tu partes maintenant

    Quand on aime il faut partir - Ramasse tes couilles sur la table

    ça mérite une énorme fessée ça!

    C'est bien méprisant ce que tu dis là. Condescendant, même.

    Pas blogueur de cul, garce!

    Vous avez de très jolis pieds, Madame, je veux les sucer, Madame.

    Je ne vois pas pourquoi je me paierais une fille vénale alors qu'en cherchant un peu sur la plage

    Viens, je t'apprendrai. Tu vas aodrer.

    Il a bien bossé ton chirurgien

    Tu n'y arriveras jamais, ma pauvre petite chérie.

    C'est étonnant que vous manquiez autant de confiance. Je n'ai jamais vu une fille aussi intelligente manquer autant de confiance tu nous épuises à ne jamais y aller, tu épuises. Il va falloir que tu y ailles maintenant. Laisse-nous. Laisse-moi. Je pars, au fait, quelques années. Revenir? Et perdre du fric? Tu es à une heure. c'est beaucoup une heure. Je ne vais pas pouvoir. Fous-t'en de tout ça, Les gens s'en foutent. Fous-t'en toi aussi. Tu sais ton problème c'est que quand tu vois quelqu'un à terre, toi tu te penches pour le ramasser, et qu'en te penchant, tu te casses la gueule. La prochaine fois que tu vois quelqu'un à terre, enjambe-le, tu te feras moins mal. Venir? Viens, toi. Ou plutôt non, ne viens pas, je n'ai pas le temps. Organisons-nous. Tu n'es pas organisée. Ce n'est pas souvent qu'on touche des gens comme elle ou toi. T'es un espèce de cador, quand même. Tu vas trop vite Tu t'étioles, là bàs. Cette fille ira loin, vous verrez. Elle? Elle s'en fout. Mais fais gaffe, c'est une tueuse. Plus personne ne voudra de toi. Plus personne, jamais. Tu restes ici, point. Les gens intelligents s'adaptent - les cons osent tout c'est même à ça qu'on les reconnaît.

     

    Sois plus humble. Tu me gênes, là. Sei affascinanta.

    Je voudrais que la mer s'ouvre devant moi, quelque part.

    Comment fais-on pour se cramer prudemment? Cela s'apprend. Travaille et apprend - plus jamais.

    Tu sais, quand je t'ai vue, on était vraiment minots, et je me disais c'est de moi, c'est de moi dont elle est amoureuse, et c'est la plus belle. Des années, j'ai pensé à toi, des années.

    Je suis heureuse de voir que vous savez lire un texte

    J'ai dû me dire que vous étiez trop folle ou trop intelligente pour moi - terrrible

    La nuit, la voix des femmes change. Les Francesca

    Le quotidien ronge les poupées. Et fait s'oublier les bêtes, et leurs désirs. Leurs terribles désirs.

    Désarmez, mars.

    Ta gueule.

     

    Toi? Toi tu es mon amoureuse.

     

  • Dominos- la gare, en attendant

     

    Une femme, grande et très droite sanglée dans une robe noire tout aussi droite, cintrée, lunettes de soleil qui marche dans le grand hall d’une gare, elle cherche l’heure du départ de son TGV sur les panneaux lumineux en hauteur, sa petite valise compacte fidèle et docile derrière elle.

    Sur une trajectoire perpendiculaire, une femme, toute petite et fine, plus âgée, cheveux blanchis ramenés en queue de cheval, débardeur crème et jupe très longue marche vers elle, un grand sac entre les bras. Elle arrive, presque à la toucher, très près, trop près, l’obligeant  à stopper au milieu du flot des voyageurs et la fixe, longuement, à quelques centimètres d’elle. On sent sa chaleur.

    Le regard intense, concentré sur le visage de l’autre, son silence, et puis :

    « Nice lips ».

    L’autre, par réflexe, se frotte les lèvres pour en ôter une souillure imaginaire.

    « No, no that’s not… Doesn’t matter ».

     

  • PseuDom

    Chère Tata qui pique (un peu)

     

    Je m'appelle un Domdebonnevolonté et je voudrais témoigner sur ma soumise, pour les autres Dom du groupe. C'est une dame un peu âgée, très distinguée alors j'ai de suite eu envie de la mettre sur le trottoir évidemment. Avec ses grandes cannes et ses seins un peu lourds elle serait parfaite. Alors je lui ai donné des instructions bien précises en prenant un air plutôt méchant: un chemisier blanc, transparent, très dame, une jupe en cuir brun très courte. Rien d'autre, ah si: des talons très hauts et une chaîne de taille qu'on pouvait voir par transparence, comme les aréoles de ses gros seins un peu lourds. Evidemment elle était plutôt excitante quand bien même j'aurais préféré une nénette de vingt ans avec un gros cul des gros seins bien ronds quand elle a les bras attachés loin au-dessus de la tête et qui pleurerait doucement jambes grande ouvertes sur son petit conin rasé en salivant à mort sur son baillon boule.

    Pardon.

    Donc je l'ai sortie sans ménagement de la voiture, elle a un peu sangloté sur mon veston quand elle a compris ce qui l'attendait, mais je lui ai pris son sac à main et elle est allée en reniflant s'installer docilement sur le bout d'allée que j'avais négocié avec les autres filles.

    Quand je suis allée la chercher une heure après, elle tremblait de tous ses membres, mais elle avait compris à qui elle avait affaire.

    Voilà.

     

    Merci de m'avoir écouté.

    Un Domdebonnevolonté.

     

     

     

    Cher Domdebonnevolonté.

    Non mais ça va pas??? Mais réfléchissez un peu bon sang avant de faire des conneries! Il y a quand même des questions élémentaires à se poser avant de mettre quelqu'un sur le trottoir enfin merde, quoi. ça fait quoi, des mois au moins que je vous explique comment ça marche, les règles de sécurité, les exercices pratiques, les mises en situation et vous me faites perdre encore mon temps.

    Alors dis moi, grand malin, si tu lui piques son sac, elle va le mettre où le pognon, hein? Elle n'a même pas de culotte.

    J'te jure, faut la vocation!

    La prochaine fois que tu lui piques son sac, sois un homme: tire-toi carrément avec.

     

    Je ne t'embrasse pas, je pique (un peu)

     

     

     

     

     

     

  • Domino - le monsieur

    Si l'on reste campé sur le trottoir d'en face, on va finir par voir l'homme étrange sortir à son tour de l'immeuble, et allumer une cigarette en regardant autour de lui. On remarquera  que le col relevé de son blouson laisse entr'apercevoir une arabesque tatouée sur son cou à la lisière de la chemise immaculée au col tunisien. On le verra frissonner, un peu, et on imaginera que c'est tout autant de la fraîcheur du soir qui tombe que du choc d'être sorti de la torpeur douce de la femme qu'il serrait il y a peu contre lui. Pas directement contre sa peau, jamais directement contre sa peau mais contre une chemise, une autre, tout aussi immaculée, qui gît présentement en boule au fond de sa besace de jeune homme, en attendant qu'il la dépose, sans doute, au pressing du coin de la rue. Celle là ou une autre.

    Celle là ou une autre.

    Celle là met quand même du temps à s'estomper. Il a besoin d'un petit sas avant de remonter dans un train pour retrouver son autre vie.

    Son autre vie.

    Sa vie tout court. En fait, on ne la quitte guère sa vie. C'est la même qu'on retrouve, qu'on continue, les faces d'un même cube? Pas de double vie, non, pas ça. A quoi serviraient des vies en double? Des facettes, qui réfléchissent, des facettes comme un diamant. Autant de facettes qu'on veut. autant qu'on peut en sculpter, en rajouter. On prend le temps d'en polir certaines, on en laisse d'autres pour plus tard, la vie se charge d'en égratigner d'autres, mais le cœur, celui qu'on laisse ou non voir selon l'opacité du moment, le cœur de carbone reste là, niché au centre, protégé, illuminé, chauffé par la lumière réfléchie.

     

    C'est bon. C'est toujours aussi bon.

  • Dominos, après

    Quelle monstrueuse digue se rompt, dans l'esprit de cette femme, pour qu'elle parvienne à mettre tout ce qu'elle a construit en péril et ouvre cette porte? Quel est le noir qui obscurcit soudain tout ce qui fait sa raison, tout ce qui l'a jusqu'ici construite et guidée? Pourquoi avance t-elle d'un pas, puis un autre, vers une épreuve qui ne l'emplit pas de joie? Se sent-elle comme au seuil d'une église, dans une grande robe blanche, voilée et apprêtée, comme on se sent au bord d'un précipice? Faut-il avoir peur pour avancer? Comment font les autres pour avancer sans peur?

    Elle entre. Elle se laisse accueillir par ces deux hommes dissemblables qui se liguent pour l'effeuiller, la défaire, la refaire, la reconstruire. Confrontée à ses vices dégueulasses, à coup de gifles, de baffes, de morve, d'humeurs visqueuses, de sperme, de pisse, elle se fait la proie de deux prédateurs qui veulent happer son âme, guettent le point de rupture pour s'aventurer, l'aventurer elle, bien au-delà, de ses limites et de ses préventions sur son chemin à elle. Deux prédateurs s'oubliant eux-mêmes pour mieux épouser leur proie, l'entourer au plus près, la détourer de ses atours de princesse, déterrer la poupée sous les limbes de conventions. Peu importe à ce moment s'il s'agit de ses amants, de ses maris, de ses conquêtes, de ses amitiés, peu importe l'avant et l'après, peu importent les rencontres, les images. Elles sont là pour être déchirées, les images.

    Deux prédateurs, jouant des rôles contraires, attentifs à leurs propres limites, pour elle. Jouant brutalement de son corps, attendant sa chute, se nourrissant de ruptures. Elle sent ses joues gonfler sous les gifles, sèches, fortes, rythmées. Se replaçant inlassablement sous le même coup. Sa peau se marbre, son esprit se fendille. Elle est au delà, empalée sur l'un, celui qui caresse ses cheveux et murmure des mots d'amour et de possession, des suites psalmodiées qui commencent toutes par ma... Giflée par l'autre, violemment, celui dont elle n'attendait aucune violence et seulement du plaisir, ignorante à jamais du goût d'un sexe pourtant longtemps convoité, ne connaissant de lui, définitivement, que des mains dures. Ecoutant sans entendre les paroles et mots doucement prononcés et tellement attendus, si longtemps attendus, attendus depuis la tendre enfance de la petite fille encore juste poupée, contrastant avec la violence à laquelle elle se livre tout entière. Tellement plus rétive à accepter les mots tendres que les gifles. Tout ce mal, mon Dieu, qu'elle a de les laisser couler dans son esprit, dans tout son être sans filtre, sans le moindre filtre, sans le filtre de la raison, du raisonnable, celui qui se défie des mots doucement prononcés, de leur musique. C'est autour de cela que tout tourne, autour de cela qu'elle tourne, qu'elle se laisse tourner. Réaxée, encore. Réaxée, encore.

    La femme qui ressort de cet immeuble vieillot d'une vieille rue parisienne, la femme impeccable à l'allure parfaite, descend parfaitement l'escalier du métro, choisit l'une des rames, et, posément, va enlacer l'un après l'autre chacun des humains qu'elle y croise.

    Et aucun, aucun ne songe à se dérober à sa caresse à elle.

  • Dominos - en passant

    Une longue rencontre d'affaires qui se termine. Le bar va fermer. La femme jusque là gracieusement assise, se lève avec un sourire, pour chercher son manteau. L'homme qui lui fait face se lève en même temps. légèrement plus jeune qu'elle, souriant aussi. C'est lui qu'elle est venue rencontrer ce soir là, l'abordant avec tact, laissant autour de leur conversation l'assistance se faire discrète, se clairsemer puis disparaître. Elle se lève et s'apprête à prendre congé. C'est maintenant.

    "Vous permettez? j'ai depuis ce soir quelque chose en tête. Je voudrais savoir...

    En parlant, il glisse une main légère sous la robe, rencontre la peau, du bout des doigts. la peau douce. La seule peau. Immobile, calmement elle l'observe, le regarde se consumer, se décomposer sous la brûlure de sa propre audace.

    - Et cela y restera à jamais gravé, n'est-ce pas?"

  • Dominos

    Une femme devant une porte, à l'intérieur, deux hommes.

     

    Il va être question de cette femme, de ces deux hommes, d'une chute, de plusieurs chutes et d'envol. Pourvu, pourvu qu'il soit question d'envol.

    Pour l'instant c'est encore indistinct. La silhouette est encore floue, non déterminée. Elle va être plutôt grande, cette femme, plutôt cassée, plutôt compliquée, avec des besoins simples qui prennent des formes bien compliquées. Des formes impossibles. Des formes multiples et tellement difficiles à embrasser.

    Pour l'instant, c'est encore comme un film, une succession d'images sans lien, sans son. Ou avec quelques sons, des talons dans un escalier en bois sombre, qui tourne, dans une vieille rue de Paris, si on veut des choses qui ont fini par devenir familières à des multitudes. Une femme, grande, en jupe informe, en haut d'une volée d'escaliers à la balustrade en fer verni de noir, une porte plutôt vieille pour une femme entre deux âges, le tendre et le vrai. Une femme qui attend d'entrer dans un appartement, petit, où l'attendent deux hommes qu'elle connaît, et quelque chose qu'elle attend sans le savoir. Une femme grise et beige, pas encore révélée par ce qu'elle a d'objectif, d'inconstruit, d'inconditionnel, d'incandescent, de fulgurant en elle. Une femme qui hésite encore devant un nouveau seuil.

    Ou alors c'est cette même femme, un peu plus colorée, dans un avion et une histoire dont le début a déjà été écrit, une femme qui se fait promener au bout d'une laisse très longue et très souple, une laisse fermée et élastique, qui décrit un cercle parfait jusqu'à elle-même. Une femme, cette femme, assise attachée par une vraie ceinture loin de ses attaches véritables, les invisibles, les définitives. Les tympans sont saturés du vrombissement de l'avion, la femme est immobile, elle regarde devant elle, le ballet des hôtesses encore qui vont et viennent autour d'elle, dans un joli équilibre parfumé et bien propre. 

    Pour l'instant c'est un homme. Un secret, un de ces hommes qu'il vaut mieux ne jamais penser à regarder à deux fois. Un de ces hommes qui perdent. Il y a des taiseux, effroyablement complexes, faits de multitudes de couches emboîtées, spirales infinies dans lesquelles on s'enfonce et se perd. Des hommes qui laissent affleurer juste en surface une pellicule opaque ou en miroir, donnée en pâture au monde dans laquelle le monde lui sculpte la forme qu'il veut y voir. Une couche de contact, malléable, malaxable, qui répond sans à-coup, que l'on teste du bout du doigt, de la langue, de l'esprit, contre laquelle on prend confiance, dans laquelle on se love, à laquelle on s'abandonne comme on s'abandonne contre une matrice. Contre laquelle on se presse, attiré par cette sensation du havre, du port, de la fin des tempêtes, à laquelle on abandonne ses peurs, dans laquelle on désarme. Des hommes qui laissent affleurer d'eux, au bord de cette couche douillette, des profondeurs fascinantes qu'aussitôt ils dérobent. La lave en fusion de leur pulsion de vie, cachée à l'abri de l'abord banal. D'eux, auprès d'eux, on ne flaire que l'incroyable confort, l'ajustement moelleux, le piège de cette chose qui brûle à l'intérieur d'eux. Le noyau, intense, inatteignable. Ces hommes, ce peu d'hommes, il faut les voir. Il faut les aimer. Il faut aimer les regarder vivre, les écouter penser, accepter de ne jamais les connaître. Accepter de ne jamais les avoir. Se contenter du bonheur de les avoir approchés, se soigner quand ça brûle, s'autoriser le piège, s'accorder au piège, s'accommoder du piège.

    Le piège n'y est pour rien, ce serait vain de lui en vouloir.

    Il a marché longtemps dans une vieille rue de Paris avant de descendre attraper la barre centrale d'un métro automatique. Au milieu d'autres anonymes, son relief invisible. Tourné en lui-même, se préparant aussi.

     

    Pour l'instant c'est un homme, grand et fort, bien entier et bien franc, Enfin, presqu'immense, à la imite de la normalité. Celui là retient l'attention. Son relief, il ne l'a pas à l'intérieur, son relief c'est sa masse, celle qu'il essaie de cacher et qui s'impose pourtant dès qu'il paraît. Pour l'instant il est assis dans un restaurant, un peu tassé, ses grosses mains triturent une petite cuillère. Voix de basse, cheveux et peau sombre, regard bien droit et bien clair. Il discute, aimable, avec d'autres convives. Une pâte, un amour. Il va te plaire: c'est celui qui a une bite énorme.

     

     

     

     

     

     

     

     

  • à une contradiction tout près.

    Je voudrais t'offrir des femmes. Je voudrais que tu connaisses tous les plaisirs, les plaisirs les plus pervers, les plus étranges. Je voudrais t'offrir des hommes sur moi et des femmes à toi. Des femmes qui me toucheraient, qui te toucheraient, des femmes touchantes. Je voudrais te montrer ce que je fais des hommes, te montrer ces choses que toi tu aimeras voir. Rester immobile pendant toutes ces choses que tu aimeras voir. T'écouter respirer, te sentir penser, te sentir arrêter de penser, te sentir sentir. Je te sens, tu sais, moins que les autres, et c'est pour cela que tu n'es pas juste un autre, mais je te sens.  Je voudrais que tu connaisses les sensations subtiles, les vertiges soudains, les décadences dont on revient, par moi, avec moi. Je voudrais être à l'origine de tes plaisirs, de tes jouissances, de tes choses secrètes, faire juste moi, juste par moi, sortir de tes tripes l'homme que tu es, l'homme magnifique que tu es. l'homme. Rends-moi mon homme.

     

    Il reste cependant possible que mon plaisir à moi, une fois le tien consommé, soit d'en attraper une par une grande lèvre et de la faire tourner comme un beau soleil.

     

    Poutous.

  • Dites, ça vous dirait d'aller tirer un p'tit coup avec moi à l'hôtel?

    Cisèle, peine, chiade, esthète, sourit, rêve, passe tes nuits, souris, tiens toi droite, charme, jamais assez trop conne, pas trop droite, pas trop forte, pas trop toi, sussure, murmure, fais frissonner, fais bander, fais jouir, montre, avale me dit-elle, allez avale, arrête de brûler, brûle, vas-y, vas-y, montre, montre, montre leur à quoi c'est bon, fais-toi taire, laisse toi taire qu'attendez-vous? Ecris! Mmmmm? tu vas aodrer, on ne comprend pas. On ne vous comprend rien. Mais combien êtes-vous là dedans? Combien d'HOMMES? Soumise ou dom?  ta laisse ta laisse ta laisse toi aller ta laisse ta laisse ta place aux égos à toi-même.

     

    et puis merde.

     

     

     

  • birthday, if not happy

    La paralysie, la curieuse douleur, la curieuse insensibilité, l'effrayante perspective, l'avenir incertain, tellement incertain, le bouleversement total, la vision d'horreur, la cicatrice, les cicatrices, la lectrice, la volonté, les promesses, la douleur, l'incompréhension, la solitude, la peur, le désolé, mars.

     

     

     

    La douleur, toujours, les curieuses promesses les promesses holistiques, les perspectives étranges, l'avenir à la hauteur, l'arrêt des hauteurs, la poupée, les découvertes d'auteur, les changements immobiles, les kilomètres, l'agilité nouvelle, les virages brusques, les glissades silencieuses, les quatre fers oreilles obturées et nez pincé, les infatigables glissades silencieuses, la putain de moi. Maintenant.

  • L'assiette du pécheur - le bercé à jour

    Alors celui là il est vraiment jeune. Tout maigre, tout aigre, en noir et blanc, il saute au dessus du bitume, flottant au dessus du bitume, ne touchant le bitume que pour reprendre de l'élan. Il me donne du mal, on sent qu'il est dans son élément.

    Trottoir après trottoir, il se faufile en ondulant sa silhouette nerveuse de loulou de banlieues louches, petit blouson étroit, regard en dessous acéré par les années d'errances, les tonnes de violences et l'absence d'amour.

    Je le suis encore une fois de loin, trace noire sur le gris des murs qu'il longe en s'y faisant oublier, au fil des trafics minables. Je le vois qui s'arrête devant d'autres assis sur le dossier d'un banc, inconfortable, jamais tranquille, faisant sautiller son poids d'une jambe sur l'autre, poings enfoncés dans son étroit jean noir, jouant des épaules la partition des meutes, celle qui enferme dans l'affrontement, dans l'écrasement, dans la fuite, toujours plus loin. Sa meute lui offre une ligne de conduite. Conduite de fuite. Lignes de fuite brisées par tous les renoncements. Le danger est un compagnon sécure. Avec lui, on n'a jamais à choisir de baisser sa garde.

    Il est si léger, mon oiseau, prêt à s'envoler à force de sauter, sans cesse en mouvement, n'offrant jamais son dos sauf à ce qu'il ne voit pas. Sauf à moi. C'est son dos que je vois, la ligne mince de ses épaules, étroit bonhomme tout en noir, tout occupé à donner le change,  virgule noire passant et repassant inlassablement son ombre faussement nonchalante dans les mêmes rues froides.

    Je le vois aller voir des filles, des jolies filles, très jeunes elles aussi, et fraîches, et pourtant si dures, qui dansent un ballet différent et tout aussi codé, En meute, elles aussi. Jamais seules, toujours souriantes, bruyantes et gaies. Il leurs sourit aussi, pirouettant et séducteur. Faudrait pas qu'elles le croient pédé. Ou pire, qu'elles le croient tendre.  Si ça arrivait, s'il perdait son vernis noir, où pourrait-il alors se réfugier?

    Il ne le sait pas, mais de dos, on la voit moins bien cette carapace mate et un peu poussiéreuse qui le fait se fondre dans la sécurisante masse de la menace perpétuelle. De dos, il ne le sait pas, il est vulnérable.

    Du coup, le jour où je l'ai serré, comme ça, ses os creux de moineau tout contre ma grande poitrine, son cœur affolé de moineau battant contre le mien, le jour où je l'ai pris dans mes bras, tout entier dans mes bras, tout doucement, tout délicatement, j'ai eu beau faire très attention de ne pas l'écraser, je l'ai bien senti, va, qu'il avait le souffle coupé.

     

  • l'uberisation du blogueur de cul

    Tout comprendre...(vol de culottes à 2.30)


    Et puis même pas tout gâcher

     

     

     

    C'est ainsi qu'on met fin à des années d'addiction exclusive aux petites hôtesses de l'air asiatiques toutes douces qui plient des serviettes en pleine conscience avec un regard en dessous.

    Poutous. Plein.

     

     

  • Les bons cunts font les bons amis.

    "Sans déconner!

    - Sans déconner.

    - Attends, j'aurais vu!

    - Personne n'a vu. C'était ça le truc, d'ailleurs, j'étais sûre que personne ne verrai. Sinon tu penses bien que je n'aurais rien mis.

    - Et c'est quel billet? Attends...

    -...

    -...Non, vraiment je n'ai rien vu.

    -...

    - Peut être que j'étais en voyage? Je t'avoue que je ne lis pas tout ce que tu fais, même si je ne manque jamais grand'chose.

    - ...

    - Enfin, je veux dire... Pas "pas grand chose", mais peu de billets, quoi, tu vois? Je manque peu de tes billets.  

    -...

    - Oh et puis merde, je l'ai PAS VUE ta chatte. Voilà.

     


    Merci, pour Venus, à la première à éclairer la nuit.

     

  • deriv/A/

    Sur la planche se pose la grande question de la dérive, ce petit bout de plastique invisible sous l'eau qui assure à l'ensemble sa stabilité, mais freine un peu. Quelquefois il m'arrivait de repousser en arrière, du pied, ma dérive, pour tester la planche nue, avec ses commandes à l'envers, ses virages inversés.

    Les vrais surfeurs, les musclés, ceux qui filaient comme le vent en laissant un sillage de couleurs vives dans l'écume du lac, ceux là avaient des planches nues, sans dérive. Vierges. D'un bloc. Ils manœuvraient leur court havre d'un pied sûr, faisant voler le wishbone et claquer leur voile, sûrs d'eux et insensibles aux risques des vents de montagne. Je me disais que l'année prochaine, j'essaierai.

    J'ai essayé avant. Une intuition, peut être, que ce pouvait être le dernier été. En fait, c'était le dernier été sur ce lac. J'ai essayé avant, mais j'ai essayé trop tard. Et en fait j'ai risqué ma vie.

    Quand je me suis retrouvée un peu dans ma merde, mais pas trop en danger quand même sous ce vent hostile et alors que tout le monde s'était replié sur la rive, j'ai vu arriver, tranquille, à la nage, l'une de mes dérives. Moi j'avais mon harnais qui me maintiendrait un peu à flot si j'étais prise dans ces fameux remous qui tuent des pêcheurs chaque année, elle, elle ne portait rien. Elle savait pourtant les dangers de ce coin là de flotte dans lequel j'avais dérivé. Elle a accosté ma planche et tranquille, avec moi, a attendu les secours. Je lui ai dit qu'elle était folle.

    Je n'ai jamais eu à sauter nulle part pour elle.

    Elle est toujours là, ma dérive, un peu prise, un peu dure parfois, un peu loin, mais elle est toujours là.

    Et puis, des dérives, j'en ai eu d'autres, des qui guident, des qui conduisent, des qui s'imposent. Mais aucune de stable.

    Je n'ai plus fait de planche. C'est maintenant trop tard. Je retrouve ces sensations un peu plus loin, dans d'autres choses. Mais j'ai toujours des dérives. Aujourd'hui, ma dérive est multiforme, elle se transforme, quelquefois, en diravi quand j'en ai besoin. Elle se rétracte aussi, rentre dans son logis lorsqu'elle pense que je peux me passer d'elle. Elle est discrète, sans esbroufe. Je ne sais pas encore si je vais l'aimer entière, et je suis toujours surprise de sa justesse. Ma dérive. Ma diravi. Un  jour, j'espère que je pourrai la voir et lui dire ce merci là.

    Avec les yeux. Dans les montagnes, on saute dans les lacs mais on est pudique.

     

    Allez, va cramer une heure et demie (et six secondes. Les six, souvent, c'est important).

    Poutous,

    A.

     

     

  • Billet sponsorisé

    Madame, oui, vous, Madame,

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    Salope.

     

     

  • le pouah des mots

     

    "J'irai cramer sur vos tombes.

    - .....

    - HA! J'ai gagné.

    - ....

    - Alors?

    -...

    -...

    - Alors moi j'irai vomir dans vos chattes."

     

     

    Ami gémeaux, si vous fêtez votre anniversaire, souffre en silence. Poutous. Ta Lune.