web counter

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mars - Page 2

  • Annales

    Il y a celle, très égoïste et très généreuse, qui part sans se retourner, et qui pourtant ne laisse jamais.

    (une jolie sage)

    Il y a celle qui interminablement attend, sa beauté changeante et intacte, obsédée  d’elle à force de s’oublier pour d’autres, qu’enfin l’on voie ses désirs

    (une pute)

    Il y a celle qui ose tout. Moineau sans attrait et pourtant attirante tant elle est sans malice, offerte à qui la veut sans le moindre recul, étonnante d’audaces inconscientes. Un con, c’est tout.

    (une bourge infidèle)

    Il y a l’entre-deux, qui s’enlève à date fixe des années qui ne regardent qu’elle, aux seins trompeurs et à la chatte alerte, qui supplie qu’on l’approuve, qui supplie qu’on la voie, encore un peu.  Encore un moment.  Je vous en supplie, pas déjà.

    (une vieille, coincée)

    Il y a l’épouse, con comme un balai et seins comme des pastèques.

    (une MILF bien lourde)

    Il y a la changeante, la vraie Gouttière, qui retombe sur ses pattes et disparaît silencieusement, qui s’enfuit par les toits, ne se blesse jamais, et qui un peu plus loin, à chaque fois, se fait adopter.

    (une innocente)

    Il y a la sudiste, brillante et gouailleuse, tendre et laiteuse, plume concentrée de féminité éclatante, qu’on entend sourire même quand elle gueule.

    (Une belle)

    Il y a celle, clinquante, élancée, racée et élégante, fine, intelligente, courtisée, et sûre d’elle, et noire noire noire en dedans.

    (une laide belle)

    Il y a celles qui cherchent, toutes, à frotter leur jeunes chairs à qui saura les aimer, les aimer toujours.

    (une jeune un peu salope)

     

    (une déjantée)

  • La peau du cul

    Je dispose la serviette étendue sur les reins de mon client et je me tourne pour verser dans mes mains l’huile tiède dont je m’apprête à enduire son corps vieillissant. Mes mains se font pressantes et tantôt légères pour malaxer son cuir tanné, ses bourrelets qui frémissent sur mon passage, ses flancs avachis et ses zones malmenées par le temps et la gravité. Les muscles que l’on devine sous la couche flasque racontent cependant une autre histoire, celle d’un passé fier, dont il ne doit pas avoir réussi le deuil complet s’il est ainsi arrivé jusqu’à moi.
    Ça doit le travailler, que je le sente. Il ne se détend pas beaucoup, cherchant à se présenter sous son meilleur jour, il s’étudie encore, puisant un peu de ses restes de séduction pour donner à notre rapport un semblant de normalité. C’est souvent le cas, lorsque je masse, rares sont ceux qui, forcés de demeurer immobiles, parviennent à prendre sans donner.
    C’est le moment que je choisis pour ôter la serviette, révélant ses fesses molles et ses cuisses légèrement ouvertes. J’empaume ses globes, leur donnant un mouvement circulaire, écartant à intervalles lents la raie de son cul sur un fouillis de poils. Je sais que je tire là sur des envies étranges, inavouées, enfouies. Le prétexte ambigu du massage baisse bien des barrières. Rares sont ceux qui stoppent ma main à ce stade où, délibérément, j’efface de mes paumes leur séduction, leurs attraits, négligeant leurs boules qui se ramassent sur elles-mêmes, pour à la place observer posément le sillon de fesses impuissantes. M’attarder du regard, sans un mot sur leurs entrailles affleurantes. Leur pudeur provoquée accélère un peu leur souffle, à moins que ce ne soit l’embarras d’une excitation à contretemps. Que vous veut-elle, l’inconnue silencieuse qui écarte vos fesses? Que cherche-telle à démontrer, à analyser, à prouver ? A diagnostiquer ? A provoquer ? Que voit-elle dans votre abandon immobile ? Une invite ? Un jeu de pouvoir ? Qu’êtes-vous, un patient ? Un client ? Va-t-elle se moquer, ou caresser de ses pouces huilés votre anneau vierge ? Oh merde, vous allez aimer ça, pas vrai, vous allez adorer ça. Vous allez avoir envie qu’elle enfonce ses doigts fins et huilés jusqu’au fond, d’un coup, comme dans du beurre, jusqu’où elle voudra, Oh, surtout tout ce qu’elle voudra, jusqu’à toucher à travers votre ventre la verge tendue et pressée contre la table. C’est ça que vous voulez-voulez pas, et que la peau de vos couilles me raconte mieux que vous.

    Celui-là, je le retourne et glissant une main sous la serviette revenue à sa place, les yeux dans les yeux, je le branle. Bien fort.

  • Domino - La page sic

     

    Longtemps j’essaie de garder pliées du mieux possible mes monstrueuses ailes asymétriques, déséquilibrées, un peu cassées au bout et pelées par endroits.

    (L’un arrive, me place sur un tas d’ordures dont il me parle comme d’un château et me dit « vole ».)

    Je rencontre un château, très haut et très grand, fait de tas d’ordures, de toutes ces choses que l’on rejette avec horreur et dont personne ne voudrait, où se sont réfugiés d’autres ailés, qui du bout de leurs appendices pervertis tentent de se toucher les uns les autres.

    Je regarde les miennes d’ailes, floues et malhabiles. Je ne voudrais blesser personne avec. Je voudrais les déployer, le déplier, les regarder en face, les lisser. Peut-être un jour quelqu’un les aimera. Peut-être un jour quelqu’un, quelqu’un qui n’essaiera pas de les repasser, de les voler, de les détruire, quelqu’un les aimera. Peut-être que, un jour, mon reflet les aimera, comme moi-même. Un reflet qui ne fera pas peur. Et je pourrai alors m’envoler, sans me retourner, pour toujours.

  • Domino - Black swan

    Je ne crois pas connaître cette planète, ça me plait juste de vous en parler parce que cet endroit me fascine. Mais je ne l'utilise pas pour séduire, je crois, ou être séduite. Du moins pas comme vous l'entendez.

    Ici, les gens, femmes ou hommes, exposent crûment leurs désirs, leurs envies. Ils se retrouvent autour de penchants qui pour certains sont illégaux dans d’autres pays. Ils se retrouvent autour de, je crois, une même particularité: ces penchants font intimement partie d'eux, si intimement partie d’eux qu'il leur est difficile de vivre sans. Qu'il leur est pénible de vivre une relation sans. Je ne sais pas si vous trouverez ici beaucoup de femmes qui, simplement, sont malheureuses en ménage.

    Pour la plupart des gens que j'ai pu croiser et qui sont des frères et sœurs de vices (quand bien même je ne vivrai les miens qu'en privé), ne pas vivre, ne serait-ce qu'entre parenthèses de normalité, ces vices qui sont des parties d'eux mêmes, refouler cela est impossible. ça les tuerait.

    Je n'ai pas été repoussée lorsque j'ai finalement parlé avec l'homme qui partage ma vie de ces choses là. De cela, je lui suis infiniment reconnaissante. J'ai été et je suis encore, bien que le quotidien nous soit défavorable, accompagnée dans ces chemins si personnels par celui qui partage ma vie, et de cela je lui suis infiniment reconnaissante. Si cela n'avait pas été le cas, j'aurais dû, alors peut-être, choisir entre les vivre ailleurs ou mourir doucement.

    Je ne sais pas si je peux réellement vous aider à séduire une femme ici. Je sais que, ici, vous trouverez des femmes bien particulières, qui ont en elles ce petit quelque chose qui est elle et qui ne peut pas ne pas être vécu. C'est cela qu'elles exposent ici. C'est cela qu'elles verront ou pas en vous, la possibilité de vivre avec vous ce chemin particulier dont la recherche leur est devenue nécessaire. C'est cela qu'elles regarderont chez vous: ce petit quelque chose qui est vous, et qui ne peut pas ne pas être vécu.

     


  • Domino - La corde à flotter

    La grande femme brune est peau-nue, lovée, presque recroquevillée dans un fauteuil placé dans le coin le plus sombre. Elle a ramené ses jambes contre elle, sous elle. Ses genoux frôlent sa poitrine. Une lanière de cuir brun, épaisse et large, comprime son corps, passant entre ses jambes, sur le sexe nu, sous le renflé des fesses, par-dessus les seins frileux, autour des bras, souligne le cou. Une ligne sur le ventre et jusqu’aux creux de la gorge sert de colonne à l’entrelac sévère de peau tannée, tournant de temps en temps dans des anneaux silencieux de métal argenté. Elle n’a le droit ni de bouger, ni de toucher, à peine de respirer. Il lui est défendu de fermer les yeux.

     

    Devant elle et sans paraître la voir, toute la soirée, des hommes, des femmes, habillés de noir, de cuir, de dentelle, de latex, de talons, de costumes stricts, de vinyle, de pièces dénudées, de cordes et de leurs seuls désirs vont parader, se succéder, danser, crier, jouir, mordre, frapper, attacher, contraindre, pénétrer, heurter, fouetter, branler, sucer, étreindre, siroter, ignorer, murmurer, rire, prêter, paraître, boire, manger, parler, gémir, ahaner, mouiller, bander, caresser, ramener, trainer, tordre, se révéler, laisser, sortir, entrer revenir, repasser, se tenir, secouer, promener, des heures.

    « Longtemps je me suis imaginé ce moment. Longtemps je l'ai guetté, mais ce froid, le froid dedans, l’inconfort, le dos qui tire, le cuir qui entre dans la chair. L’impression atroce de n’être pas à ma place. L’horreur des gens nus près de moi. Je n’ai pas envie de la chair des autres. La mienne m’encombre déjà assez comme ça. Comment font-ils, comment font-elles avec la chair des autres, avec les autres chairs? Avec les souffles et les désirs des autres, des inconnus? En faut-il, de la douceur, pour se glisser parmi les autres. Pour se glisser parmi les femmes. Il n'y a pas, pour être enfin la femme en soi, de modèle d'emploi. Comment font-elles ces autres pour être la femme qu'elles sont? La femme douce qu'elles sont?"

     

     

    "Je ne veux pas être choisi. Je veux être préféré".

    (Monsieur Gide, Monsieur André)

  • Domino - la femme dans son reflet, toujours

    Quand ils rentrent, fatigués de leur soirée, il lui ouvre la porte et s'efface pour la laisser entrer. A l'intérieur, les deux mains sur ses épaules, il lui ôte son manteau et soigneusement, le suspend dans la penderie qui jouxte le salon.

    Le baby-sitter amusé suit leur manège en prenant un peu de haut leurs attentions mutuelles de vieux couple machinalement uni mais accepte pourtant vite l'offre galante de s'épargner la pluie à bord de la confortable voiture noire.

    Restée seule éveillée dans la maison redevenue silencieuse, elle abandonne ses talons en bas des escaliers.

    Monte dans la salle de bains.

    Se dévêtit lentement, en fixant le reflet de la grande glace.

    Se regarde, sans trop se voir nue. Debout, elle ferme les yeux.

     

    "Je le sens arriver de son habituel pas de loup alors que j'enjambe la baignoire.

    "Arrêtez", dit-il dans mon dos.

    Je me fige.

    Je l'entends déplacer des objets. Pas longtemps.  Il ouvre un tiroir. Toujours précis.

    "Baissez votre petite tête". Je ne l'ai pas entendu approcher. Il a dû ôter ses souliers.

    La brosse douce, la vieille brosse de grand mère qu'il fait glisser sur mes cheveux, doucement, légèrement. Je m'arrange un peux mieux, assise nue sur le bord de la baignoire vide et immaculée, les pieds posés au fond, mes ongles rouges qui tranchent sur le blanc. Il déteste cela, que je vernisse de couleur les ongles de mes pieds.

    Sauf une fois. Après un long bain où la peau de mes doigts avait détrempé, il m'avait séchée, tamponnée, puis sorti un petit pot d'un rose guimauve, dont il avait soigneusement orné les ongles de mes orteils. Un vernis de gamine. Cela avait paru beaucoup le satisfaire.

    Pendant que je bouge, il interrompt le mouvement de son bras. Son parfum s'est épicé au cours de la soirée. Il sent le bois, le fourré, le secret. Je raffole de ses chemises portées, de l'odeur de ses poignets. Du soin qu'il met à ajuster ses boutons de manchettes. Les matins où il part de la maison, je traîne entre les draps, je le regarde s'habiller, de loin, choisir en les égrenant parmi les chemises pendues par couleur, ouvrir les boîtes où il entrepose les pièces de métal, de céramique ou d'argent, élégantes, qui viendront refermer sur ses poignets, comme on clôt le cercle de menottes,  les pans raidis de ses manches amidonnées. J'observe les plis de ses pantalons sur son aine lorsqu'il retraverse la chambre, jusqu'à la salle de bains où il finira de parfaire son apparence soignée. Quelquefois, rien que pour le geste, j'aimerais qu'il fume. Qu'il sente ce que sentaient les papas d'avant, cette odeur de blonde mélangée aux barbes, les yeux rieurs plissés sous le filet de fumée.

    Je ne me suis pas rendu compte qu'il a fini de me brosser. Maintenant, il a rassemblé mes cheveux et les roule sur ma nuque, pour former un petit chignon lâche dans lequel il tord une longue épingle vernie. Il caresse mes épaules de ses mains chaudes. Je tourne légèrement la tête: il a relevé ses manches.

    Le jeu m'oblige à ne bouger que s'il me le demande.

    Il reste silencieux, la respiration calme, debout dans mon dos. J'ai froid. Je sais qu'il le sait et qu'il attend exprès.

    Nous nous connaissons trop pour que je puisse l'abandonner à ses envies, et m'abandonner aux miennes. Mon obéissance trop forcée ne me conduit plus jusqu'à l'inconscience de ce que lui veut. Il ne sait plus m'amener jusqu'à moi. Je reste attentive à lui, à sa rupture à lui, à son plaisir à lui.

    Il y revient pourtant, malgré ce contrôle que je conserve, déçue à chaque fois de ne plus retrouver ce chemin vers nous, vers cet état particulier qu'il aime, qu'il appelle, qu'il recherche, et qu'avec moi il n'atteint plus jamais.

    Je ne sais plus quel plaisir il y prend, lui qui ne se l'accorde qu'une fois qu'il peut respirer les tréfonds des âmes. La mienne semble lui rester close.

    Je sais ce qui va suivre. Je sais qu'il va rechercher mon point de rupture, qu'il va par ses mots, par les douleurs et les plaisirs, tenter de m'y conduire. et je veux bien, encore, essayer.

    Je l'aime, le serpent. Il ne m'hypnotise plus.

     

    J'entends sa ceinture et me prépare à sa morsure.

     

    Au lieu de cela, un jet puissant vient frapper mon sein gauche et aussitôt l'onde bouillante, piquante, odorante et dorée vient baigner abondamment mon sexe entrouvert.

     

     

     

     

     

  • A Princess of Mars

    a-princess-of-mars-patrick-anthony-pierson.jpg

    "A 36 ans, ayant compris qu’il ne ferait jamais fortune comme marchand de taille-crayons, Edgar Rice Burroughs entreprit d’écrire des romans. Le succès fut immédiat, et ses aventures de Tarzan furent portées à l’écran. L’acteur qui incarna l’homme de la jungle était Johnny Weissmuller. Enfant, celui-ci avait contracté la polio et s’était refait une santé en pratiquant la natation – pour devenir cinq fois champion olympique dans la discipline ! Ces deux destins croisés seront tes modèles dans les semaines à venir, Gémeaux : le moment est tout indiqué pour transformer tes échecs en victoire.

    Poutous,

    Rob."40395.jpg

     

     

  • Dehors, tu vas avoir si froid

    "La nuit dernière, j'ai rêvé que je retournais dans le libérinthe.

    Un dédale sans fin de portes de sortie.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    (Prisonnier de non-choix, submergé de possibles, j'errai la nuit durant, me saoulant d'infinis)"

     

     

  • Domino - l'Egotique sur le fil

    Je te l'ai dit. Je suis clanique, solaire, incandescente, fidèle à la folie, quand je parle les gens notent. Quand je réfléchis les gens essaient de suivre. Quand je plonge les gens pleurent. Quand vous avez besoin de moi je suis là, quand vous n'avez pas besoin de moi, je suis là aussi. Vous pouvez ne pas donner signe de vie vous pouvez vous taire vous pouvez vous détourner vous pouvez oublier et même m'oublier Vous êtes libre juste libre et mon plaisir à moi est de peut être contribuer par ma légèreté à moi à votre liberté à vous Le pilier le plus mouvant et le plus stable que tu aies jamais connu Tu peux venir t'y coller repartir te laisser porter revenir je te tendrai une branche si tu t'y poses et tu pourras t'y poser le temps que tu voudras au calme ou à la tempête au havre ou jamais si ça te va

    Avec un tableau pareil, amuse-toi à le trouver, le lien à rompre bien net, entre toi et moi.

     

     

     

     

     

    (sound traque)

     

  • Domino - All you need to make a movie is a gun and a girl

    Il l'écoute, il la regarde, il conduit et d'un coup elle dit un mot - désir - qui le replonge loin dans les troubles de son après-midi.

     

    Qui le ramène à la femme, l'autre femme, celle qui est venue tout entière dans sa jupe beige, la grande femme brune et simple, avec ses désirs, ses désirs monstrueux, énormes.

    Certaines personnes n'ont pas de fantasmes, non, certaines personnes sont des fantasmes, sont des désirs. Leurs désirs font à ce point partie de leur être, de ce qu'ils sont que les approcher, ces désirs, les vivre, les toucher, les autoriser, mon Dieu, les autoriser les font sortir de leur gangue, ces gens. Les révèlent à eux-mêmes. Les mettent au monde, enfin.

    ça les tempérants originels ne pourront jamais le comprendre. ça les étonne, les tempérants originels qu'un désir, que les désirs puissent définir ou façonner. Que la transgression, que l'abandon à ces désirs soit aussi vital, aussi nécessaire, qu'une personne entière puisse mourir de ne pas vivre ses désirs. Que cette vague monstrueuse qui déferle à l'intérieur finisse par bousiller les digues et qu'il ne reste plus rien.

    Les tempérants originels, eux, considèrent avec un peu de pitié, rarement de l'envie, ces précaires en équilibre instable sur leurs refoulements, ces border line aux bords cramés, et leurs désirs, leurs désirs tellement puissants qu'ils ne sont jamais des fantasmes, et déjà plus des envies. Ces désirs qui sont le noyau.

    Se laisser aller à s'y soumettre, se laisser aller à ce qu'on est, ce moment où la carapace casse, où les carcans de l'acquis, les entraves socialisées, les cocons éduqués censés l'éteindre et le contenir fondent d'un coup avec un grand tchouf au passage, au jaillissement du noyau, du noyau à l'air libre.

    Soi, à l'air libre et nu.

    C'est pas tant le cul, sa came, c'est pas tant le jeune cul, sa came. Sa came à lui, dont il ne pourra jamais se passer c'est ça, être celui qui nique la carapace, et voit jaillir, à l'air libre, le noyau nu.

     


  • Dominos - La femme dans son reflet, encore

    Le temps d’une douche et les petits confiés à un baby-sitter et ils repartent. Il s'est rafraîchi et changé, elle a discipliné un peu ses cheveux blonds, rehaussé ses pommettes et ses lèvres. Sa peau et son sourire brillent dans le noir de l’habitacle de la grosse voiture noire alors qu’elle lui raconte la journée des enfants et sa journée à elle, heureuse de l’avoir retrouvé, elle dit un peu n’importe quoi. Il l’écoute, en conduisant, un demi sourire. Elle est belle, sa femme. Svelte, presque maigrichonne, les yeux très bleus, le sourire, large, énorme, toujours. Le sourire qui l’accompagne partout, n’importe où, dans tous les bouges, toutes les situations où il se vautre, ce sourire par-dessus son épaule qui lui dit que oui, quoi qu’il arrive, quoi qu’il fasse, quelle que soient ses pulsions noires, ses envies, ses attachements, ses détachements, ses histoires, ses tentatives, ses échecs, il y aura toujours la possibilité de se retourner, de revenir sur ses pas, de retrouver le sourire et les trois confiances lumineuses, Intacts. Semblables. Intouchés. Et les bras grand ouverts.

  • Domino - petite histoire du matin, encore, la suite

    "Je vais jouir"

    "Non, tu ne vas pas jouir. Pas avant que j'aie fini de raconter"

     

    Ils viennent l’entourer tous les trois, d’abord hésitants, puis un peu enhardis par son abord docile et son immobilité, enfoncée sur le sexe de son homme. L’un d’eux s’agenouille entre ses jambes et plonge sur le sexe largement fendu, trop dodu, aux lèvres trop gonflées qui appellent la langue et la bouche et il se l’offre, longuement, sans rechercher le moins du monde son plaisir à elle, juste la bouffer.

    Et elle, le cul élargi par le sexe immobile de son homme, échauffée presqu’à blanc par sa longue exposition, par le massage exhibé où elle a trop attendu que d’autres mains la touchent enfin, impatiente de tomber, impatiente de contacts, de peaux, de pénétrations, encore et encore commence à se tendre vers cette bouche et cette langue, frottant ses fesses douces sur le pieu immobile, les mains de son homme sur ses seins, tendant les pointes, pinçant, malaxant encore. Comment fait-il pour ne pas exploser, rester sans bouger, encerclé, trop serré dans son anneau palpitant, avec ce cul qui oscille, qui se frotte, qui le provoque. Ses mains à elle vont pétrir chacune les queues qu’on lui tend, passant le pouce sur les glands là où la peau est trop fine, tournant autour du méat, replongeant jusqu’à la base pendant que l’autre l’agace à la suçoter. Elle s’ouvre de plus en plus, au bord de la jouissance et refusant de jouir, attendant qu’on la fourre bordel, qu’on la fourre en plein qu’on la frotte, qu’on la remplisse merde, ils sont trois et aucun ne va y aller ?

    Il en faudra un qui ose, un seul à qui on laisse la place et qui va se creuser la sienne, sans forcer, dans son sexe encore resserré par la présence de l’autre, là, juste derrière la fine paroi.

    Et dès que sa corolle à lui commence à écarter les replis de son trou, elle jouit, très fort et mal, malgré elle.

    Trop mûre.

  • Domino - petite histoire du matin, encore

     

     

    Des carreaux blanc immaculés tout le tour de ce hammam, dessus, dessous, sur les quelques gradins. Une table en hauteur, un plateau, plutôt, et sur le plateau, allongée sur le ventre, une femme, serviette blanche aux hanches, à ses côtés un homme massif, torse nu sur une toison fournie, qui, doucement, la masse, la caresse, la touche, la malaxe, la pétrit, l’effleure, l’embrase.

    Soulève ses cheveux pour souffler doucement sur la peau pâle en dessous.

    Suit du bout des doigts la courbe des muscles vallonnés le long de sa colonne vertébrale,

    S’arrête à la lisière de la cambrure soulignée par la serviette moelleuse.

    Remonte le long des flancs, vers le renflement des seins et le creux de l’aisselle douce.

    Repart sur la nuque, s’enfonce dans les cheveux et serre.

    Ça dure et les cuisses, imperceptiblement, se pressent et s’écartent. Elle veut être touchée, que ses doigts attrapent et pincent les lèvres épaisses entre ses jambes, clapotent entre les lèvres épaisses entre ses jambes, trouvent, tirent, écartent et pénètrent.

    Mais ça ne vient pas et sa bouche s’entr’ouvre pour prendre un peu plus d’air. Elle croit qu’il ne voit pas qu’elle commence à respirer un peu plus vite, la poitrine pressée sur la table carrelée, la bouche dans les boucles des cheveux, les petites dents qui brillent. Elle croit qu’il ne la sent pas alors qu’il n’est là que pour elle.

    Des hommes arrivent, s’installent dans les gradins. D’abord deux, puis un troisième en retrait.

    La serviette disparaît et il commence à masser à pleine paume les globes trop musclés des fesses, les deux creux au-dessus des muscles des cuisses, le petit renflement de graisse tout en haut à l’intérieur. Descend jusqu’à la cambrure du pied et tire sur la peau brillante des orteils. Remonte, la prend aux hanches et la retourne. Les deux seins un peu écrasés ont des pointes longues, le ventre un petit duvet scintillant qui se perd dans le renflement, surprenant, du pubis, rasé.

    Elle est étendue sur le dos et on ne voit plus que ça, le renflement forcé du pubis blanc, avec cette fente qui débute haut. Les trois hommes fixent son entrejambe. Envie de le bouffer, d’y enfoncer son nez et sa langue, de happer ses lèvres, de suçoter bruyamment tout ce qui passe à portée de bouche, de la boire, d’y enfoncer toute la tête.

    Quand il la relève, elle ouvre les yeux, tend sa poitrine et son cul à la vue des trois hommes, regarde, longtemps, le plus éloigné, tout sombre. L’invite, presque. Presque.

    Il lui tient la main et s’assoit tout en bas des gradins. Il a ôté sa serviette à lui. Du bout des doigts il la fait pivoter, la fait assoir, dos à lui, sur lui, l’arrime millimètre après millimètre sur son sexe dressé, Elle a refermé les yeux et s’empale, concentrée, la lèvre un peu tordue. Ça lui fait mal, mais elle s’entête, cuisses tendues, encouragée par les regards des trois hommes, quatre, avec le sien qui ne la quittent plus des yeux. Ouverte par la chaleur, la sueur, elle fait disparaître ce sexe dans son dos, dans ses reins, profond, très profond et ne bouge plus.

    Alors, il attrape entre ses mains fortes les cuisses bien blanches et il les écarte, à fond.

    Il l’expose, empalée par les reins comme un papillon maigre

    et là, c’est la curée.

     

     

  • Domino - petite histoire du matin

    Une femme brune est allongée, les yeux clos, la bouche close, on voit ses cheveux lisses et bruns de chaque côté de son visage mince au nez un peu fort et aux lèvres foncées. On ne voit que son visage et son cou, nus. Ni col, ni maquillage. Elle semble dévêtue.

    Allongée, dévêtue, les yeux clos.  

    Derrière elle se tient un homme, debout, habillé. immobile.

    En voyant cet homme immobile, on se rend compte qu'elle, en revanche, est en mouvement. Mais pas d'elle même. Elle monte, descend, monte descend comme poussée, secouée, tenue. Elle se laisse faire, les yeux clos.

    Soudain elle est secouée de droite à gauche, puis reste immobile, quelques secondes. De la peau nue entre dans le champ, un homme, un autre, sexe dressé, il se caresse très vite, l'autre main à peine posée sur la poitrine et jouit, sur les joues minces, dans les cheveux lisses, le long du long cou. Et à l'instant où jaillit son sperme, le mouvement de haut en bas du corps abandonné reprend, comme une houle.

    Et on recommence, encore, encore, les hommes nus se succèdent entre les jambes écartées, le corps bouge de haut en bas, un sexe entre dans le champ et le sperme chaud, parfois blanchâtre, parfois presque transparent vient s'écraser contre la peau de la femme immobile, aux yeux clos, tandis qu'un autre prend la place encore palpitante à l'intérieur d'elle et recommence à la bouger, et que l'homme, immobile, vêtu derrière elle regarde cette femme se faire prendre, encore, encore, encore. Nue, allongée sur le dos, les yeux clos, abandonnée.

    Offerte.

    Son sexe doit être glissant, bouillant, surchauffé par les frottements répétés d'hommes, les parois gonflées par les frottements répétés d'hommes. La pénétrer doit être devenu irrésistible, de plus en plus irrésistible au fur et à mesure que ça dure, et ça dure encore. La peau de son visage, de son cou, le haut de sa poitrine scintillent sous la couche de sperme, sous les jets, les coulures, juste en dessous de ces mains velues, glabres, blanches, noires qui se succèdent en agitant des sexes courts, épais, allongés, aux glands saillants, aux glands recouverts, oh, pas longtemps, quelques secondes, parfois sans la toucher, parfois une main posée sur sa bouche, sur son cou, sur un sein, parfois pinçant, parfois caressant sans y penser jusqu'à couler à leur tour.

    On peut deviner, derrière elle, rien qu'à l'épaisseur de l'air d'autres hommes, fascinés par la multitude, qui attendent, sexe distraitement massé, le moment où à leur tour ils vont s'installer entre ces jambes ouvertes, saisir les cuisses blanches ou les hanches douces, pointer le bout de leur membre sur les lèvres rougies et brillantes, et donner le coup de reins qui écarte les chairs boursouflées, sans se préoccuper de ce qu'ils entraînent en pénétrant. Sentir la pression de la muqueuse qui cède, qui avale, qui presse, qui masse, qui enlace, qui suce, qui aspire jusqu'à installer le renflé du gland dans la petite cavité sensible, tout au fond.

    Combien chercheront à durer plus de deux minutes dans ce sexe labouré devenu irrésistible, avant de jaillir à l'air froid pour se vider sur le visage aussi fermé que le sexe est accessible, regardant le sperme la maculer pendant qu'un autre la prend, les yeux fixés sur le sexe qui entre et sort, les yeux fixés sur le sexe qui se laisse prendre.

    A la fin, lorsque tout le monde aura déserté la pièce, lorsque ceux qui l'ont déjà prise auront pu la prendre à nouveau, jusqu'à trois fois, lorsque la fatigue aura eu raison de l'excitation un dernier, le dernier viendra s'installer entre les jambes ouvertes, sortira son sexe dressé et lentement, millimètre après millimètre, s'enfoncera doucement, délicieusement, dans les replis douloureux et trempés.

    Et lorsqu'il l'aura précautionneusement prise, en dernier, après tous les autres, préparée par tous les autres,  lorsque, à son tour, il se sera déversé, seul à remplir son sexe offert il la prendra entre ses bras, très doucement, toute collante et, passant et repassant sa grande main dans les cheveux poisseux il lui dira, de son souffle lui caressant l'oreille, de sa voix berçante, longuement, la femme désirable, magnifique qu'il a contemplée tout le long de ses yeux ouverts.

     

     

     

  • la mite du coche

    Ne dites pas : "j'eusse voulu que vous me mîtes",

    mais dites : j'eusse voulu que vous me mettasses". Les rimes riches sont tellement plus élégantes.

     

     

    Ne dites pas: "J'eusse aimé que tu me reçusses."

    Dans nos régions sombres, les contresens peuvent s'avérer bien trop risqués.

  • Dominos - la femme dans son reflet

    Elle, elle va l'attendre à table, son oiseau de nuit voyageur. Une table familiale, avec des lattes, et trois enfants autour. Des enfants si beaux que lorsqu'ils sourient, l'air se fendille un peu.

    Elle est toute menue, blonde et mate. Elle prend incroyablement la lumière. On sait d'où ça vient, pour les enfants.

    Sa maison est décorée avec le soin de ceux qui aiment s'entourer de belles choses. Les matières sont choisies pour le confort discret qu'elles apportent à ce quotidien qu'elle prend garde à ne pas faire pesant. Elle sait que les cages conviennent mal aux courants d'air.

    Le piano en sourdine accompagne les éclats de rire et les piaillements des petits qui se racontent gaiement à quel point chaque journée est pour eux inédite. Elle les écoute, debout, dans la cuisine luxueuse et sobre aux éclairages tamisés et aux surfaces libérées aussitôt leur utilisation faite. Dieu sait comment, cette femme là parvient à faire disparaître tout ce qui pèse, tout ce qui étouffe, tout ce qui freine, tout ce qui appuie. elle est de ces femmes qui donnent de l'élan. Il en faut, de l'élan, pour que son courant d'air, à chaque fois, revienne à elle.

     

    Elle entend la porte s'ouvrir, et sent quelques secondes plus tard un baiser, très léger, à la naissance de ses cheveux.

  • DOMinet

    Ne dites pas:

    "Hein? Mais fallait pas me finir avant si tu voulais que je te caresse, m'enfin. Faut qu'on se lève, là. J'ai un programme serré et tu vas casser ma moyenne. Je vais te faire un bon café tu vas voir ça va te faire du bien, hein?"

    Mais dites:

    "Mais c'est qu'elle me donnerait des ordres cette petite garce. Tu veux jouir? Tu n'as pas ma permission. Sors ta langue. Mieux que ça. Maintenant attrape tes cuisses et écarte bien tout. Regarde moi? C'est bien. Très bien. Bonne fille. Quand je reviendrai, je veux te retrouver exactement comme ça. "

     

     

  • Dominos- La suite Le monsieur

     

    Il n’a pas l’habitude d’opérer dans des appartements. Il n’aime pas cela. Il lui est arrivé d’oeuvrer chez lui, ou dans l’un de ses refuges temporaires, presque des tanières. Mais le plus souvent ce sont des chambres d’hôtel, propres et spacieuses, au personnel feutré, elles se ressemblent toutes ces chambres, d’une ville l’autre.

     

    Il se déplace beaucoup, appréciant du voyage tout autant le voyage lui-même que le service discrètement attentif dont il aime, dans ces moments là, s’entourer.

     

    Avez-vous remarqué comme l’attention aux autres peut être un calmant comme une drogue ? Le sourire appuyé et le regard apaisé de la belle jeune femme qui contrôle son billet dans le train silencieux et rapide qui le ramène chez lui. La petite inclinaison de tête, le regard bien droit dans le sien, du concierge de son hôtel qu’il  a regagné quelques instants pour une seconde douche avant de se rendre à la gare, au moment de régler une nouvelle note que l’on remet discrète sur le comptoir, dans un étui de cuir, entre sa main posée et la sonnette à l’ancienne, attendant patiemment le moment où il décidera d’en prendre connaissance.

     

    L’attention, précise, entière, totale qu’il a donnée, accordée, offerte à la femme dont le moindre souhait a occupé tout son après midi.

     

    La femme contre la peau nue de laquelle il a oublié ses propres désirs pour mieux sentir son âme tout entière s’ouvrir, absorber la chute de l’autre, son abandon, sa noirceur.

     

    Il est dans son train, pour l’instant, son beau train silencieux, stable et rapide. Un train qui embarque, dans son wagon, un équipage tiré à quatre épingles, qui va s’affairer, souriant et précis, pendant tout ce voyage bercé par le doux balancement du train.

     

    Sur le siège qui lui est réservé l’attend un magazine rempli d’œuvres d’art, d’objets luxueux, de critiques aimables et de photos primées. Il prend place et s’installe, attentif aux autres êtres qui eux aussi trouvent à occuper leur espace.

     

    A ses côtés une très jeune femme aux longs cheveux blonds prend place avec force aller-retour vers sa valise laissée un peu plus loin, imposant un peu trop sa présence malhabile, coulant de temps en temps un regard un peu intimidé vers le monsieur calme à ses côtés. Sans doute aurait-elle préféré une femme.

     

    Les blonds sont des humains très rares.

     

    Un paquet de cigarettes véritables, comme seules les très jeunes femmes osent encore en fumer de nos jours, dépasse de son minuscule sac, trop petit sans doute pour contenir les nombreux effets dont elle aurait besoin pour passer l’intégralité du voyage assise sans bouger. La cigarette explique la silhouette trop mince, les genoux trop pointus sous le fin duvet blond de la peau fine, et peut être aussi l’acharnement fébrile qu’elle met à colorier sans relâche un livre entier de mandalas censés lui apporter sérénité et confiance.

     

    Lui se laisse bercer par ces présences humaines, les odeurs subtiles, les sons étouffés, suspendu dans ce temps trop court où on le nourrit, on l’abreuve, on lui amène de quoi lire, on s’enquiert de ses désirs, on lui sourit, on requiert son attention, on obéit à ses commandes, on se plie à son désir.

     

    Du fond de ce wagon dont la moquette épaisse absorbe le moindre son, il regarde l’équipage s’affairer souriant, droit issu d’une époque pourtant révolue, celle de l’orient express et du confort allant de soi, et pendant tout le temps que va prendre le service du dîner, il va absorber, sans en perdre une miette, le moindre geste, la moindre attention, la compétente et calme concentration du duo d’équilibristes remontant doucement, au son de leurs questions inlassablement répétées et des réponses étouffées, la longue travée du wagon, l’homme à la barbe douce et au nez busqué faisant couler les vins dans des verres penchés à fond épais, sans une goutte perdue, la femme au maquillage soigné et aux tresses entrelacées de rubans de couleur souriant de ses lèvres rouges et de ses yeux clairs puis se penchant pour déposer le petit plateau aux ramequins méticuleusement emballés.

     

    Et pendant tout ce temps, ses doigts à lui vont caresser, caresser encore, parcourir longuement de leur pulpe, effleurer doucement la longue arabesque enroulée dans son cou.

     

    Et à l’heure où de l’autre côté de la vitre la campagne se brouille de noir, le ballet à 249 kilomètres-heures du personnel de bord, engourdissant ses muscles l’emplit, comme à chaque fois d’une torpeur aussi profonde que le sommeil.

     

  • Je voudrais que la mer s'ouvre devant moi, quelque part

    En somme, toi, tu recherches des intelligences

    Tu leur fais peur.

    Cette petite, quand elle connaîtra l'amour, elle ne pourra plus s'en passer

    Combien êtes vous à faire ça? Combien de schizos, je veux dire. De schizos mâles.

    On ne comprend rien à ce que tu fais.

    Des complicités? Vous n'en trouverez pas. Ou pas comme cela

    Il faut que tu partes maintenant

    Quand on aime il faut partir - Ramasse tes couilles sur la table

    ça mérite une énorme fessée ça!

    C'est bien méprisant ce que tu dis là. Condescendant, même.

    Pas blogueur de cul, garce!

    Vous avez de très jolis pieds, Madame, je veux les sucer, Madame.

    Je ne vois pas pourquoi je me paierais une fille vénale alors qu'en cherchant un peu sur la plage

    Viens, je t'apprendrai. Tu vas aodrer.

    Il a bien bossé ton chirurgien

    Tu n'y arriveras jamais, ma pauvre petite chérie.

    C'est étonnant que vous manquiez autant de confiance. Je n'ai jamais vu une fille aussi intelligente manquer autant de confiance tu nous épuises à ne jamais y aller, tu épuises. Il va falloir que tu y ailles maintenant. Laisse-nous. Laisse-moi. Je pars, au fait, quelques années. Revenir? Et perdre du fric? Tu es à une heure. c'est beaucoup une heure. Je ne vais pas pouvoir. Fous-t'en de tout ça, Les gens s'en foutent. Fous-t'en toi aussi. Tu sais ton problème c'est que quand tu vois quelqu'un à terre, toi tu te penches pour le ramasser, et qu'en te penchant, tu te casses la gueule. La prochaine fois que tu vois quelqu'un à terre, enjambe-le, tu te feras moins mal. Venir? Viens, toi. Ou plutôt non, ne viens pas, je n'ai pas le temps. Organisons-nous. Tu n'es pas organisée. Ce n'est pas souvent qu'on touche des gens comme elle ou toi. T'es un espèce de cador, quand même. Tu vas trop vite Tu t'étioles, là bàs. Cette fille ira loin, vous verrez. Elle? Elle s'en fout. Mais fais gaffe, c'est une tueuse. Plus personne ne voudra de toi. Plus personne, jamais. Tu restes ici, point. Les gens intelligents s'adaptent - les cons osent tout c'est même à ça qu'on les reconnaît.

     

    Sois plus humble. Tu me gênes, là. Sei affascinanta.

    Je voudrais que la mer s'ouvre devant moi, quelque part.

    Comment fais-on pour se cramer prudemment? Cela s'apprend. Travaille et apprend - plus jamais.

    Tu sais, quand je t'ai vue, on était vraiment minots, et je me disais c'est de moi, c'est de moi dont elle est amoureuse, et c'est la plus belle. Des années, j'ai pensé à toi, des années.

    Je suis heureuse de voir que vous savez lire un texte

    J'ai dû me dire que vous étiez trop folle ou trop intelligente pour moi - terrrible

    La nuit, la voix des femmes change. Les Francesca

    Le quotidien ronge les poupées. Et fait s'oublier les bêtes, et leurs désirs. Leurs terribles désirs.

    Désarmez, mars.

    Ta gueule.

     

    Toi? Toi tu es mon amoureuse.

     

  • Dominos- la gare, en attendant

     

    Une femme, grande et très droite sanglée dans une robe noire tout aussi droite, cintrée, lunettes de soleil qui marche dans le grand hall d’une gare, elle cherche l’heure du départ de son TGV sur les panneaux lumineux en hauteur, sa petite valise compacte fidèle et docile derrière elle.

    Sur une trajectoire perpendiculaire, une femme, toute petite et fine, plus âgée, cheveux blanchis ramenés en queue de cheval, débardeur crème et jupe très longue marche vers elle, un grand sac entre les bras. Elle arrive, presque à la toucher, très près, trop près, l’obligeant  à stopper au milieu du flot des voyageurs et la fixe, longuement, à quelques centimètres d’elle. On sent sa chaleur.

    Le regard intense, concentré sur le visage de l’autre, son silence, et puis :

    « Nice lips ».

    L’autre, par réflexe, se frotte les lèvres pour en ôter une souillure imaginaire.

    « No, no that’s not… Doesn’t matter ».

     

  • PseuDom

    Chère Tata qui pique (un peu)

     

    Je m'appelle un Domdebonnevolonté et je voudrais témoigner sur ma soumise, pour les autres Dom du groupe. C'est une dame un peu âgée, très distinguée alors j'ai de suite eu envie de la mettre sur le trottoir évidemment. Avec ses grandes cannes et ses seins un peu lourds elle serait parfaite. Alors je lui ai donné des instructions bien précises en prenant un air plutôt méchant: un chemisier blanc, transparent, très dame, une jupe en cuir brun très courte. Rien d'autre, ah si: des talons très hauts et une chaîne de taille qu'on pouvait voir par transparence, comme les aréoles de ses gros seins un peu lourds. Evidemment elle était plutôt excitante quand bien même j'aurais préféré une nénette de vingt ans avec un gros cul des gros seins bien ronds quand elle a les bras attachés loin au-dessus de la tête et qui pleurerait doucement jambes grande ouvertes sur son petit conin rasé en salivant à mort sur son baillon boule.

    Pardon.

    Donc je l'ai sortie sans ménagement de la voiture, elle a un peu sangloté sur mon veston quand elle a compris ce qui l'attendait, mais je lui ai pris son sac à main et elle est allée en reniflant s'installer docilement sur le bout d'allée que j'avais négocié avec les autres filles.

    Quand je suis allée la chercher une heure après, elle tremblait de tous ses membres, mais elle avait compris à qui elle avait affaire.

    Voilà.

     

    Merci de m'avoir écouté.

    Un Domdebonnevolonté.

     

     

     

    Cher Domdebonnevolonté.

    Non mais ça va pas??? Mais réfléchissez un peu bon sang avant de faire des conneries! Il y a quand même des questions élémentaires à se poser avant de mettre quelqu'un sur le trottoir enfin merde, quoi. ça fait quoi, des mois au moins que je vous explique comment ça marche, les règles de sécurité, les exercices pratiques, les mises en situation et vous me faites perdre encore mon temps.

    Alors dis moi, grand malin, si tu lui piques son sac, elle va le mettre où le pognon, hein? Elle n'a même pas de culotte.

    J'te jure, faut la vocation!

    La prochaine fois que tu lui piques son sac, sois un homme: tire-toi carrément avec.

     

    Je ne t'embrasse pas, je pique (un peu)

     

     

     

     

     

     

  • Domino - le monsieur

    Si l'on reste campé sur le trottoir d'en face, on va finir par voir l'homme étrange sortir à son tour de l'immeuble, et allumer une cigarette en regardant autour de lui. On remarquera  que le col relevé de son blouson laisse entr'apercevoir une arabesque tatouée sur son cou à la lisière de la chemise immaculée au col tunisien. On le verra frissonner, un peu, et on imaginera que c'est tout autant de la fraîcheur du soir qui tombe que du choc d'être sorti de la torpeur douce de la femme qu'il serrait il y a peu contre lui. Pas directement contre sa peau, jamais directement contre sa peau mais contre une chemise, une autre, tout aussi immaculée, qui gît présentement en boule au fond de sa besace de jeune homme, en attendant qu'il la dépose, sans doute, au pressing du coin de la rue. Celle là ou une autre.

    Celle là ou une autre.

    Celle là met quand même du temps à s'estomper. Il a besoin d'un petit sas avant de remonter dans un train pour retrouver son autre vie.

    Son autre vie.

    Sa vie tout court. En fait, on ne la quitte guère sa vie. C'est la même qu'on retrouve, qu'on continue, les faces d'un même cube? Pas de double vie, non, pas ça. A quoi serviraient des vies en double? Des facettes, qui réfléchissent, des facettes comme un diamant. Autant de facettes qu'on veut. autant qu'on peut en sculpter, en rajouter. On prend le temps d'en polir certaines, on en laisse d'autres pour plus tard, la vie se charge d'en égratigner d'autres, mais le cœur, celui qu'on laisse ou non voir selon l'opacité du moment, le cœur de carbone reste là, niché au centre, protégé, illuminé, chauffé par la lumière réfléchie.

     

    C'est bon. C'est toujours aussi bon.