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domino.- Envol, le Monsieur Noir

le livre dans lequel je me  suis plongée au décollage renferme des mots tellement vivants que je ne prends pas tout de suite le temps de détailler l'homme dont la compagnie m'est imposée durant ce voyage. Le passager. 

Avez vous remarqué la douceur, toute la légèreté de ce mot, passager?

le bref chemin, comme un souffle, qu'il révèle?

La double consonne, 

la langue qui de sifflante se fait douce,

l'alternance du s et du g dans ce mot qui renferme lui aussi tout un monde de calme: sage,

le é qui relève ce qui est incarné? 

 

Ce monsieur qui accompagne mon voyage exhale un parfum de bois, de feu fort et de cendre fumante

Ses poignets ont, je l'ai dit déjà? la finesse des attaches princières

La peau brune qui se révèle lorsque la manche se tire

la cuisse nerveuse, prise dans le pantalon de jean

La poitrine large et puissante qui se soulève au rythme de la calme respiration

Le ventre, ferme, un peu creusé

Notre double respiration, parfois lorsque je prends son pas juste pour voir s'il va me convenir

de l'entrebaillement de la chemise subtilement ouverte au repassage soigné se dévoile un triangle aussi étrangement attirant de peau sombre et de poils blancs. 

La toison fournie appelle une main perdue, enfouie, ou deux doigts, passés dans l'ouverture laissée, pour caresser de la pulpe le rêche blanc et le doux noir. 

 

Je prends soudain conscience, de manière étrangement aigüe et honteuse, de l'indécence de ma cuisse à quelques centimètres de la sienne gainée de jean, de la honte de mon sexe, entrebâillé si près de l'endroit où repose son sexe, le gonflement de son sexe reposant contre sa cuisse, sous le jean. La chaleur que j'imagine de son sexe au repos, un peu gonflé, posé contre sa chair noire, son sexe courbé, présenté sur le coussin dru de sa toison noire et sel. Sa taille étonnante, bien qu'insollicité. Ce gonflement qui n'en est pas un me fascine, m'attire. Mon regard passe du triangle de peau à l'odeur de feu boisé au gonflement bleu du tissu à son entrejambe. Je me surprends à me demander si l'odeur de la chair entravée est aussi forte que celle de la chair exposée. Plus concentrée, peut être. insupportable de douceur. 

Le profil est ferme, les traits, comme le reste des contours, fins et bien dessinés. J'observe son visage à la dérobée et son entrejambe éhontément. Que va-t-il penser de la femme banale qui fouille son sexe, dévore ses poignets du regard, le humant de ses narines dilatées pour ne perdre aucune molécule du ballet olfactif qu'il déroule sans bouger ?

Le déplacement de sa main, de son bras est lent et majestueux. Attentif, ou du moins c'est ainsi que je le ressens, à ne pas me heurter, ne pas empiéter sur mon espace, mon terrain, ma quiétude, l'onde de ma chaleur. Peut-être m'a-t-il remarquée, bien que j'observe une immobilité rigoureuse. Peut-être m'a-t-il vue. Peut être observe-t-il, sans que je le voie m'observer tant je me suis retirée tout entière, attentive aux sensations que sa récente présence invoque dans le creux de mon plexus, ma nuque, dans mes paumes.

Je remarque soudain, sur sa cuisse, sa main posée, aux doigts étrangement écartés. 

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