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E tutta colpa mia

Je suis coupable.

Je suis coupable d’avoir des frelons dans le ben et de ne pas toujours avoir honte de les montrer.
Je suis coupable d’aimer tous mes frelons. Et parfois ceux des autres.
Je suis coupable d’avoir des fantasmes et de me branler avec.
Je suis coupable d’être une branleuse de fantasmeurs. Plutôt un bonne branleuse de fantasmeurs, même.
Je suis coupable d’avoir des tas de certitudes et autant de convictions. Je suis coupable d’en changer souvent. Je suis coupable d’être loyale.
Je suis coupable d’avoir envie de choses que je ne veux pas connaître en vrai, et je suis coupable d’avoir envie que des choses se réalisent.
Je suis coupable de trouver drôle et joli à la fois de montrer mon cul avec des lampions autour, et coupable aussi de trouver cela beaucoup moins drôle à d’autres moments. Je suis coupable d’avoir envie que d’autres trouvent ça plutôt drôle et joli un cul avec des lampions autour, et coupable de choisir mes autres.
Je suis coupable d’avoir envie d’atteaser des hommes, des femmes, des cerveaux, et des cœurs.
Je suis coupable d’y arriver parfois.
Je suis coupable de ne pas aimer qu’on m’exige, qu’on me juge, qu’on me copie, qu’on me vole, qu’on me disperse ou qu’on m’aime mal et qu’on me lise. Ou qu’on me dise. Et je suis aussi coupable de tout l’inverse.
Je suis coupable d’écrire. Beaucoup.
Je suis coupable de tout faire de travers.
Je suis coupable de me trouver prise en me laissant toucher tout en n’approchant personne.
Je suis coupable d’être résiliente du pire et de ne jamais me remettre de détails.
Je suis coupable de ne pas très bien marcher à basse température, cycle lent, et peut-être même low cost.
Je suis coupable d’être très lâche et trop intrépide. Parfois dans la même phrase.
Je suis coupable de choisir plusieurs fois par jour de partager ma vie, mes fantasmes mes envies, mes huiles, mes doutes, mes sourires, mes larmes et mes culpabilités avec le même, et je suis coupable de ne pas vous choisir vous. Je suis coupable d’avoir trouvé pour tout ce que je suis un accueil magnifique entre les mêmes bras, les mêmes oreilles et les mêmes cuisses. Je suis coupable de ne pas avoir été rejetée dans mes vices. Je suis coupable de ne pas avoir dû les rechercher ailleurs pour ne pas crever de ne pas être ce que je suis, et je suis coupable de ne pas en avoir, comme beaucoup d’autres, horriblement souffert.
Je suis coupable d’être un combo de con-ass et de le montrer plusieurs fois par semaine de différentes manières et sur plein de supports.
Je suis coupable de trouver normal qu’il y ait plus d’aiguilles dans les lits que dans les cœurs, plus de couteaux dans les alcôves que sur les champs de bataille, plus de cordes aux pieds qu’aux cous.
Je suis coupable d’être émouvable, compassionnelle, empathique et je suis aussi coupable de m’en foutre complètement.
Je suis coupable d’approuver l’existence d’un réseau social de pervers qui viennent avec leur surmoi parler de leur ça, cul nu si possible avec des choses fichées dedans. Je suis coupable de m’y sentir comme à la maison entourée de frères et sœurs, de pouvoir y être aussi débraillée qu’aux bruyants déjeuners de famille ou encore doucement blottie dans mon coin avec de la lecture.
Je suis coupable de toujours préférer ma maison à moi.
Je suis coupable de ne pas avoir envie de toujours tout partager.
Je suis coupable de transparence. Je suis coupable d’opacité.
Je suis coupable d’avoir plusieurs vies et aucune en double.
Je suis coupable de n’aimer tendre la joue qu’à la condition que j’aie déjà offert tout le reste.
Je suis coupable d’être paranoïaque à la demande et d’avoir plus souvent eu à m’en féliciter qu’à m’en blâmer.
Je suis coupable de savoir faire parler ou taire ego, scrupules et même limites, je suis coupable de ne jamais tirer la première. Je suis coupable de ne jamais tirer qu’une fois.
Je suis coupable de ne pas me cacher et de ne pas avoir envie qu’on m’expose.
Je suis coupable de dire non, je suis coupable de dire stop, je suis coupable de punir fort.
Je suis coupable de ne pas être fragile et aussi de l’être trop. Je suis coupable de ne pas être protégée et aussi d’être intouchable. Je suis coupable d’être enviée, jalousée, recherchée, ou trop aimée et c’est aussi de ma faute quand on n’en a strictement rien à foutre de moi.
Je suis coupable de comprendre trop vite, et coupable de n’avoir rien vu venir.
Je suis coupable d’en faire trop et coupable de ne jamais donner assez.
Je suis coupable de trouver parfois la culpabilité agréable.
Je suis coupable d’aimer un certain nombre de châtiments.
Je suis coupable de ne pas parler de vous, de ne pas vous parler, de trop vous parler, de vous parler tout court.
Je suis coupable depuis que je suis toute petite et peut-être même ma mère avant moi.
Je suis coupable d’être inexistante et de vouloir le rester.
Je suis coupable de disparaître. Je suis coupable d’avoir des choses à me reprocher.
Je suis coupable d’être minable. Je suis coupable d’être là. Je suis coupable d’être ce que je suis et de m’appliquer à ne plus être ce que je ne suis pas.
Je suis coupable d’avoir passé 40 ans. Et d’aggraver régulièrement mon cas.
Je suis coupable de donner mon amitié. Celle-là, je l’ai bien cherchée.
Je suis coupable d’avoir envie que les autres soient heureux.
Je suis coupable de les rendre malheureux.
Je suis coupable et quelquefois je ne sens même plus quand je me coulpe
Je suis coupable de perdre mon temps sur un réseau social plutôt que d’utiliser cette immense compassion à œuvrer pour la paix dans le monde, contre l’illettrisme et pour l’éradication de la pauvreté.
Je suis coupable d’être une anonyme.
Je suis coupable d’être banale : un ensemble hétéroclite de morceaux bien entiers.
Je suis coupable de ne pas aimer me laisser faire.
Je suis coupable de me sentir coupable quand je suis forcée. Quand les choses se passent malgré moi. Je suis coupable d’être impuissante. Je suis coupable de ne pas dire non.
Je suis coupable de ne pas me justifier.
Je suis coupable d’avoir un gros cul, de ne pas avoir de seins, d’avoir des seins, de montrer ma culotte, de ne pas avoir de culotte, de marcher dans la rue, d’être dehors tard, de prendre des trains seule, de ne pas avoir de bombe au poivre, de savoir me défendre, d’être défendue, de ne m’être pas défendue, d’être fendue tout court, d’avoir un cul, d’avoir la tête dedans, de n’avoir pas plutôt mis un pantalon, de l’avoir parfois enlevé, de vouloir gagner ma croûte saveur vanille en pentes douces, d’aimer quand ça pique et avant tout je suis coupable d’être l’une de ces honteuses dégueulasses fâchées avec les dates qui très régulièrement noie d’un sang impur son propre sillon.
Je suis coupable de croire des choses que je n’ai pas vues et de toujours questionner ce qu’on me montre.
Je suis coupable de reconnaître mes faiblesses.
Je suis coupable d’avoir tant de choses à explorer et sûrement coupable de ne pas oser.
Je suis coupable d’aimer avoir mal. Je suis coupable de ne plus supporter la douleur. Je suis coupable de chercher le plaisir. Je suis coupable de ne pas toujours le laisser me trouver. Je suis coupable de lutter contre la nature, je suis coupable de lâcher mes instincts.
Je suis coupable d’emboîter le loup et d’hurler avec les pas.
Je suis coupable de plus souvent remuer le couteau que la queue.
Je suis coupable de tous mes droits.

Et je me reconnais bien là.

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