web counter

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Domino - la femme dans son reflet, toujours

    Quand ils rentrent, fatigués de leur soirée, il lui ouvre la porte et s'efface pour la laisser entrer. A l'intérieur, les deux mains sur ses épaules, il lui ôte son manteau et soigneusement, le suspend dans la penderie qui jouxte le salon.

    Le baby-sitter amusé suit leur manège en prenant un peu de haut leurs attentions mutuelles de vieux couple machinalement uni mais accepte pourtant vite l'offre galante de s'épargner la pluie à bord de la confortable voiture noire.

    Restée seule éveillée dans la maison redevenue silencieuse, elle abandonne ses talons en bas des escaliers.

    Monte dans la salle de bains.

    Se dévêtit lentement, en fixant le reflet de la grande glace.

    Se regarde, sans trop se voir nue. Debout, elle ferme les yeux.

     

    "Je le sens arriver de son habituel pas de loup alors que j'enjambe la baignoire.

    "Arrêtez", dit-il dans mon dos.

    Je me fige.

    Je l'entends déplacer des objets. Pas longtemps.  Il ouvre un tiroir. Toujours précis.

    "Baissez votre petite tête". Je ne l'ai pas entendu approcher. Il a dû ôter ses souliers.

    La brosse douce, la vieille brosse de grand mère qu'il fait glisser sur mes cheveux, doucement, légèrement. Je m'arrange un peux mieux, assise nue sur le bord de la baignoire vide et immaculée, les pieds posés au fond, mes ongles rouges qui tranchent sur le blanc. Il déteste cela, que je vernisse de couleur les ongles de mes pieds.

    Sauf une fois. Après un long bain où la peau de mes doigts avait détrempé, il m'avait séchée, tamponnée, puis sorti un petit pot d'un rose guimauve, dont il avait soigneusement orné les ongles de mes orteils. Un vernis de gamine. Cela avait paru beaucoup le satisfaire.

    Pendant que je bouge, il interrompt le mouvement de son bras. Son parfum s'est épicé au cours de la soirée. Il sent le bois, le fourré, le secret. Je raffole de ses chemises portées, de l'odeur de ses poignets. Du soin qu'il met à ajuster ses boutons de manchettes. Les matins où il part de la maison, je traîne entre les draps, je le regarde s'habiller, de loin, choisir en les égrenant parmi les chemises pendues par couleur, ouvrir les boîtes où il entrepose les pièces de métal, de céramique ou d'argent, élégantes, qui viendront refermer sur ses poignets, comme on clôt le cercle de menottes,  les pans raidis de ses manches amidonnées. J'observe les plis de ses pantalons sur son aine lorsqu'il retraverse la chambre, jusqu'à la salle de bains où il finira de parfaire son apparence soignée. Quelquefois, rien que pour le geste, j'aimerais qu'il fume. Qu'il sente ce que sentaient les papas d'avant, cette odeur de blonde mélangée aux barbes, les yeux rieurs plissés sous le filet de fumée.

    Je ne me suis pas rendu compte qu'il a fini de me brosser. Maintenant, il a rassemblé mes cheveux et les roule sur ma nuque, pour former un petit chignon lâche dans lequel il tord une longue épingle vernie. Il caresse mes épaules de ses mains chaudes. Je tourne légèrement la tête: il a relevé ses manches.

    Le jeu m'oblige à ne bouger que s'il me le demande.

    Il reste silencieux, la respiration calme, debout dans mon dos. J'ai froid. Je sais qu'il le sait et qu'il attend exprès.

    Nous nous connaissons trop pour que je puisse l'abandonner à ses envies, et m'abandonner aux miennes. Mon obéissance trop forcée ne me conduit plus jusqu'à l'inconscience de ce que lui veut. Il ne sait plus m'amener jusqu'à moi. Je reste attentive à lui, à sa rupture à lui, à son plaisir à lui.

    Il y revient pourtant, malgré ce contrôle que je conserve, déçue à chaque fois de ne plus retrouver ce chemin vers nous, vers cet état particulier qu'il aime, qu'il appelle, qu'il recherche, et qu'avec moi il n'atteint plus jamais.

    Je ne sais plus quel plaisir il y prend, lui qui ne se l'accorde qu'une fois qu'il peut respirer les tréfonds des âmes. La mienne semble lui rester close.

    Je sais ce qui va suivre. Je sais qu'il va rechercher mon point de rupture, qu'il va par ses mots, par les douleurs et les plaisirs, tenter de m'y conduire. et je veux bien, encore, essayer.

    Je l'aime, le serpent. Il ne m'hypnotise plus.

     

    J'entends sa ceinture et me prépare à sa morsure.

     

    Au lieu de cela, un jet puissant vient frapper mon sein gauche et aussitôt l'onde bouillante, piquante, odorante et dorée vient baigner abondamment mon sexe entrouvert.

     

     

     

     

     

  • A Princess of Mars

    a-princess-of-mars-patrick-anthony-pierson.jpg

    "A 36 ans, ayant compris qu’il ne ferait jamais fortune comme marchand de taille-crayons, Edgar Rice Burroughs entreprit d’écrire des romans. Le succès fut immédiat, et ses aventures de Tarzan furent portées à l’écran. L’acteur qui incarna l’homme de la jungle était Johnny Weissmuller. Enfant, celui-ci avait contracté la polio et s’était refait une santé en pratiquant la natation – pour devenir cinq fois champion olympique dans la discipline ! Ces deux destins croisés seront tes modèles dans les semaines à venir, Gémeaux : le moment est tout indiqué pour transformer tes échecs en victoire.

    Poutous,

    Rob."40395.jpg

     

     

  • Dehors, tu vas avoir si froid

    "La nuit dernière, j'ai rêvé que je retournais dans le libérinthe.

    Un dédale sans fin de portes de sortie.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    (Prisonnier de non-choix, submergé de possibles, j'errai la nuit durant, me saoulant d'infinis)"