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  • Dominos, après

    Quelle monstrueuse digue se rompt, dans l'esprit de cette femme, pour qu'elle parvienne à mettre tout ce qu'elle a construit en péril et ouvre cette porte? Quel est le noir qui obscurcit soudain tout ce qui fait sa raison, tout ce qui l'a jusqu'ici construite et guidée? Pourquoi avance t-elle d'un pas, puis un autre, vers une épreuve qui ne l'emplit pas de joie? Se sent-elle comme au seuil d'une église, dans une grande robe blanche, voilée et apprêtée, comme on se sent au bord d'un précipice? Faut-il avoir peur pour avancer? Comment font les autres pour avancer sans peur?

    Elle entre. Elle se laisse accueillir par ces deux hommes dissemblables qui se liguent pour l'effeuiller, la défaire, la refaire, la reconstruire. Confrontée à ses vices dégueulasses, à coup de gifles, de baffes, de morve, d'humeurs visqueuses, de sperme, de pisse, elle se fait la proie de deux prédateurs qui veulent happer son âme, guettent le point de rupture pour s'aventurer, l'aventurer elle, bien au-delà, de ses limites et de ses préventions sur son chemin à elle. Deux prédateurs s'oubliant eux-mêmes pour mieux épouser leur proie, l'entourer au plus près, la détourer de ses atours de princesse, déterrer la poupée sous les limbes de conventions. Peu importe à ce moment s'il s'agit de ses amants, de ses maris, de ses conquêtes, de ses amitiés, peu importe l'avant et l'après, peu importent les rencontres, les images. Elles sont là pour être déchirées, les images.

    Deux prédateurs, jouant des rôles contraires, attentifs à leurs propres limites, pour elle. Jouant brutalement de son corps, attendant sa chute, se nourrissant de ruptures. Elle sent ses joues gonfler sous les gifles, sèches, fortes, rythmées. Se replaçant inlassablement sous le même coup. Sa peau se marbre, son esprit se fendille. Elle est au delà, empalée sur l'un, celui qui caresse ses cheveux et murmure des mots d'amour et de possession, des suites psalmodiées qui commencent toutes par ma... Giflée par l'autre, violemment, celui dont elle n'attendait aucune violence et seulement du plaisir, ignorante à jamais du goût d'un sexe pourtant longtemps convoité, ne connaissant de lui, définitivement, que des mains dures. Ecoutant sans entendre les paroles et mots doucement prononcés et tellement attendus, si longtemps attendus, attendus depuis la tendre enfance de la petite fille encore juste poupée, contrastant avec la violence à laquelle elle se livre tout entière. Tellement plus rétive à accepter les mots tendres que les gifles. Tout ce mal, mon Dieu, qu'elle a de les laisser couler dans son esprit, dans tout son être sans filtre, sans le moindre filtre, sans le filtre de la raison, du raisonnable, celui qui se défie des mots doucement prononcés, de leur musique. C'est autour de cela que tout tourne, autour de cela qu'elle tourne, qu'elle se laisse tourner. Réaxée, encore. Réaxée, encore.

    La femme qui ressort de cet immeuble vieillot d'une vieille rue parisienne, la femme impeccable à l'allure parfaite, descend parfaitement l'escalier du métro, choisit l'une des rames, et, posément, va enlacer l'un après l'autre chacun des humains qu'elle y croise.

    Et aucun, aucun ne songe à se dérober à sa caresse à elle.

  • Dominos - en passant

    Une longue rencontre d'affaires qui se termine. Le bar va fermer. La femme jusque là gracieusement assise, se lève avec un sourire, pour chercher son manteau. L'homme qui lui fait face se lève en même temps. légèrement plus jeune qu'elle, souriant aussi. C'est lui qu'elle est venue rencontrer ce soir là, l'abordant avec tact, laissant autour de leur conversation l'assistance se faire discrète, se clairsemer puis disparaître. Elle se lève et s'apprête à prendre congé. C'est maintenant.

    "Vous permettez? j'ai depuis ce soir quelque chose en tête. Je voudrais savoir...

    En parlant, il glisse une main légère sous la robe, rencontre la peau, du bout des doigts. la peau douce. La seule peau. Immobile, calmement elle l'observe, le regarde se consumer, se décomposer sous la brûlure de sa propre audace.

    - Et cela y restera à jamais gravé, n'est-ce pas?"

  • Dominos

    Une femme devant une porte, à l'intérieur, deux hommes.

     

    Il va être question de cette femme, de ces deux hommes, d'une chute, de plusieurs chutes et d'envol. Pourvu, pourvu qu'il soit question d'envol.

    Pour l'instant c'est encore indistinct. La silhouette est encore floue, non déterminée. Elle va être plutôt grande, cette femme, plutôt cassée, plutôt compliquée, avec des besoins simples qui prennent des formes bien compliquées. Des formes impossibles. Des formes multiples et tellement difficiles à embrasser.

    Pour l'instant, c'est encore comme un film, une succession d'images sans lien, sans son. Ou avec quelques sons, des talons dans un escalier en bois sombre, qui tourne, dans une vieille rue de Paris, si on veut des choses qui ont fini par devenir familières à des multitudes. Une femme, grande, en jupe informe, en haut d'une volée d'escaliers à la balustrade en fer verni de noir, une porte plutôt vieille pour une femme entre deux âges, le tendre et le vrai. Une femme qui attend d'entrer dans un appartement, petit, où l'attendent deux hommes qu'elle connaît, et quelque chose qu'elle attend sans le savoir. Une femme grise et beige, pas encore révélée par ce qu'elle a d'objectif, d'inconstruit, d'inconditionnel, d'incandescent, de fulgurant en elle. Une femme qui hésite encore devant un nouveau seuil.

    Ou alors c'est cette même femme, un peu plus colorée, dans un avion et une histoire dont le début a déjà été écrit, une femme qui se fait promener au bout d'une laisse très longue et très souple, une laisse fermée et élastique, qui décrit un cercle parfait jusqu'à elle-même. Une femme, cette femme, assise attachée par une vraie ceinture loin de ses attaches véritables, les invisibles, les définitives. Les tympans sont saturés du vrombissement de l'avion, la femme est immobile, elle regarde devant elle, le ballet des hôtesses encore qui vont et viennent autour d'elle, dans un joli équilibre parfumé et bien propre. 

    Pour l'instant c'est un homme. Un secret, un de ces hommes qu'il vaut mieux ne jamais penser à regarder à deux fois. Un de ces hommes qui perdent. Il y a des taiseux, effroyablement complexes, faits de multitudes de couches emboîtées, spirales infinies dans lesquelles on s'enfonce et se perd. Des hommes qui laissent affleurer juste en surface une pellicule opaque ou en miroir, donnée en pâture au monde dans laquelle le monde lui sculpte la forme qu'il veut y voir. Une couche de contact, malléable, malaxable, qui répond sans à-coup, que l'on teste du bout du doigt, de la langue, de l'esprit, contre laquelle on prend confiance, dans laquelle on se love, à laquelle on s'abandonne comme on s'abandonne contre une matrice. Contre laquelle on se presse, attiré par cette sensation du havre, du port, de la fin des tempêtes, à laquelle on abandonne ses peurs, dans laquelle on désarme. Des hommes qui laissent affleurer d'eux, au bord de cette couche douillette, des profondeurs fascinantes qu'aussitôt ils dérobent. La lave en fusion de leur pulsion de vie, cachée à l'abri de l'abord banal. D'eux, auprès d'eux, on ne flaire que l'incroyable confort, l'ajustement moelleux, le piège de cette chose qui brûle à l'intérieur d'eux. Le noyau, intense, inatteignable. Ces hommes, ce peu d'hommes, il faut les voir. Il faut les aimer. Il faut aimer les regarder vivre, les écouter penser, accepter de ne jamais les connaître. Accepter de ne jamais les avoir. Se contenter du bonheur de les avoir approchés, se soigner quand ça brûle, s'autoriser le piège, s'accorder au piège, s'accommoder du piège.

    Le piège n'y est pour rien, ce serait vain de lui en vouloir.

    Il a marché longtemps dans une vieille rue de Paris avant de descendre attraper la barre centrale d'un métro automatique. Au milieu d'autres anonymes, son relief invisible. Tourné en lui-même, se préparant aussi.

     

    Pour l'instant c'est un homme, grand et fort, bien entier et bien franc, Enfin, presqu'immense, à la imite de la normalité. Celui là retient l'attention. Son relief, il ne l'a pas à l'intérieur, son relief c'est sa masse, celle qu'il essaie de cacher et qui s'impose pourtant dès qu'il paraît. Pour l'instant il est assis dans un restaurant, un peu tassé, ses grosses mains triturent une petite cuillère. Voix de basse, cheveux et peau sombre, regard bien droit et bien clair. Il discute, aimable, avec d'autres convives. Une pâte, un amour. Il va te plaire: c'est celui qui a une bite énorme.

     

     

     

     

     

     

     

     

  • à une contradiction tout près.

    Je voudrais t'offrir des femmes. Je voudrais que tu connaisses tous les plaisirs, les plaisirs les plus pervers, les plus étranges. Je voudrais t'offrir des hommes sur moi et des femmes à toi. Des femmes qui me toucheraient, qui te toucheraient, des femmes touchantes. Je voudrais te montrer ce que je fais des hommes, te montrer ces choses que toi tu aimeras voir. Rester immobile pendant toutes ces choses que tu aimeras voir. T'écouter respirer, te sentir penser, te sentir arrêter de penser, te sentir sentir. Je te sens, tu sais, moins que les autres, et c'est pour cela que tu n'es pas juste un autre, mais je te sens.  Je voudrais que tu connaisses les sensations subtiles, les vertiges soudains, les décadences dont on revient, par moi, avec moi. Je voudrais être à l'origine de tes plaisirs, de tes jouissances, de tes choses secrètes, faire juste moi, juste par moi, sortir de tes tripes l'homme que tu es, l'homme magnifique que tu es. l'homme. Rends-moi mon homme.

     

    Il reste cependant possible que mon plaisir à moi, une fois le tien consommé, soit d'en attraper une par une grande lèvre et de la faire tourner comme un beau soleil.

     

    Poutous.

  • Dites, ça vous dirait d'aller tirer un p'tit coup avec moi à l'hôtel?

    Cisèle, peine, chiade, esthète, sourit, rêve, passe tes nuits, souris, tiens toi droite, charme, jamais assez trop conne, pas trop droite, pas trop forte, pas trop toi, sussure, murmure, fais frissonner, fais bander, fais jouir, montre, avale me dit-elle, allez avale, arrête de brûler, brûle, vas-y, vas-y, montre, montre, montre leur à quoi c'est bon, fais-toi taire, laisse toi taire qu'attendez-vous? Ecris! Mmmmm? tu vas aodrer, on ne comprend pas. On ne vous comprend rien. Mais combien êtes-vous là dedans? Combien d'HOMMES? Soumise ou dom?  ta laisse ta laisse ta laisse toi aller ta laisse ta laisse ta place aux égos à toi-même.

     

    et puis merde.

     

     

     

  • birthday, if not happy

    La paralysie, la curieuse douleur, la curieuse insensibilité, l'effrayante perspective, l'avenir incertain, tellement incertain, le bouleversement total, la vision d'horreur, la cicatrice, les cicatrices, la lectrice, la volonté, les promesses, la douleur, l'incompréhension, la solitude, la peur, le désolé, mars.

     

     

     

    La douleur, toujours, les curieuses promesses les promesses holistiques, les perspectives étranges, l'avenir à la hauteur, l'arrêt des hauteurs, la poupée, les découvertes d'auteur, les changements immobiles, les kilomètres, l'agilité nouvelle, les virages brusques, les glissades silencieuses, les quatre fers oreilles obturées et nez pincé, les infatigables glissades silencieuses, la putain de moi. Maintenant.

  • L'assiette du pécheur - le bercé à jour

    Alors celui là il est vraiment jeune. Tout maigre, tout aigre, en noir et blanc, il saute au dessus du bitume, flottant au dessus du bitume, ne touchant le bitume que pour reprendre de l'élan. Il me donne du mal, on sent qu'il est dans son élément.

    Trottoir après trottoir, il se faufile en ondulant sa silhouette nerveuse de loulou de banlieues louches, petit blouson étroit, regard en dessous acéré par les années d'errances, les tonnes de violences et l'absence d'amour.

    Je le suis encore une fois de loin, trace noire sur le gris des murs qu'il longe en s'y faisant oublier, au fil des trafics minables. Je le vois qui s'arrête devant d'autres assis sur le dossier d'un banc, inconfortable, jamais tranquille, faisant sautiller son poids d'une jambe sur l'autre, poings enfoncés dans son étroit jean noir, jouant des épaules la partition des meutes, celle qui enferme dans l'affrontement, dans l'écrasement, dans la fuite, toujours plus loin. Sa meute lui offre une ligne de conduite. Conduite de fuite. Lignes de fuite brisées par tous les renoncements. Le danger est un compagnon sécure. Avec lui, on n'a jamais à choisir de baisser sa garde.

    Il est si léger, mon oiseau, prêt à s'envoler à force de sauter, sans cesse en mouvement, n'offrant jamais son dos sauf à ce qu'il ne voit pas. Sauf à moi. C'est son dos que je vois, la ligne mince de ses épaules, étroit bonhomme tout en noir, tout occupé à donner le change,  virgule noire passant et repassant inlassablement son ombre faussement nonchalante dans les mêmes rues froides.

    Je le vois aller voir des filles, des jolies filles, très jeunes elles aussi, et fraîches, et pourtant si dures, qui dansent un ballet différent et tout aussi codé, En meute, elles aussi. Jamais seules, toujours souriantes, bruyantes et gaies. Il leurs sourit aussi, pirouettant et séducteur. Faudrait pas qu'elles le croient pédé. Ou pire, qu'elles le croient tendre.  Si ça arrivait, s'il perdait son vernis noir, où pourrait-il alors se réfugier?

    Il ne le sait pas, mais de dos, on la voit moins bien cette carapace mate et un peu poussiéreuse qui le fait se fondre dans la sécurisante masse de la menace perpétuelle. De dos, il ne le sait pas, il est vulnérable.

    Du coup, le jour où je l'ai serré, comme ça, ses os creux de moineau tout contre ma grande poitrine, son cœur affolé de moineau battant contre le mien, le jour où je l'ai pris dans mes bras, tout entier dans mes bras, tout doucement, tout délicatement, j'ai eu beau faire très attention de ne pas l'écraser, je l'ai bien senti, va, qu'il avait le souffle coupé.