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  • As queer as a clockwork orange

     

    La route monte, étroite entre les sapins. Epingle après épingle, je joue aux reflets avec le soleil et la glace. Un concerto pour violon compliqué sourd des haut parleurs. Prokofiev, que je laisse bien que trop énergique pour le moment. Finalement ce décalage entre le satin des roues dans le silence d’altitude et la musique stridente qui ricoche dans l’habitacle ne me déplaît pas. Cette route est mon sas, mon passage. L’à-pic sans appel reste discret entre les branches des arbres et ne vient pas distraire le conducteur. Les courbes sèches des virages sont étudiées pour que le volant file entre les doigts sans avoir à le rattraper. La neige qui habille les sapins reflète le bleu du ciel et éclaire ce passage qui sans cela se réduirait à un tunnel de verdure. Les pneus larges de ma voiture adhèrent sans effort au bitume poli. Plus je monte, mieux je respire. Laisser la vallée loin derrière m’est devenu vital. Chaque fois, juste avant le dernier virage, je voudrais que cela ne finisse jamais.

    Le dernier cahot du chemin m’amène près du porche. Je coupe le moteur et entre dans la grande maison chaude. Les chats m’accueillent en silence. Je les rejoins devant la baie pendant que le jour finit sur les sommets.

     

  • Sagittal slice

    « Il y a un homme, juste derrière toi. Très près. Il se branle en regardant entre tes cuisses ».

    Son souffle est chaud contre mon oreille. Même bas, le ton de sa voix couvre tous les sons autour et résonne jusque dans mes reins.

    « Ne bouge pas ».

    Ses deux mains raccompagnent fermement mes joues brûlantes et, bouche grande ouverte, je reprends la caresse là où il l’avait stoppée.

    Je sais que, par-dessus ma nuque et mon dos nu qui la prolonge, il regarde l’autre type.

    Droit dans les yeux.  

     

  • Play. Et bosse

    QUOTE(ANNA)

    "Continuez"

    Nous nous regardons. À ce moment précis, je me souviens, je vois passer sur le visage de Pauline l’ombre d’une inquiétude. Puis l’amusement gagne. Je la sais joueuse. Cela doit lui plaire, je me dis. Elle doit sûrement lire sur le mien l’étonnement. Que fait cette fille là ?! Comment est-elle arrivée là ?! Qui… qui… ?! Mes pensées fusent pendant que Pauline avance un pas, puis un autre, aucun bruit sous ses pieds. J’imagine son sourire. Je n’ose pas bouger, cloué sur place par tout ça, l’air, le torrent et cette fille nue, qui ne bouge pas. Pauline se penche sur elle. Pauline me regarde. Pauline la touche, la regarde encore et finit par retourner sur ses pas jusqu’à moi. « Elle ne bouge pas, elle est froide. Magnifiquement belle, mais froide. » - me dit-elle, regardant effrayée tout autour.

     

    Un oiseau passe et, dans son vol, l’aile en une caresse furtive effleure la hanche nue.

     

    Le début est ici.

    Tu veux jouer?

  • half a page

    Il l’a amenée vers moi mais je ne suis pas certain que c’était lui qui la conduisait. Nue, les yeux bandés, la bouche très rouge, elle tâtonne pour s’allonger sur nos quatre genoux accolés. Sa bouche frôle mon pénis, son cul gigote sous le regard de l’autre homme. Heureusement la banquette elle aussi est raide et notre assemblage paraît stable.

    Ma peau sait ce qui l’attend elle et commence à frémir, à me cuire. Je prends bien garde de ne pas la toucher. Ce ne sera pas mon rôle. Je fais moins attention à la musique, à la pénombre, à la chaleur, aux autres.

    Elle sent bon. Son dos blanc se détache agréablement sur le fond plus sombre de nos teints mâles. Sa taille est très fine. Elle est plutôt petite. Je la détaille un peu pendant qu’on la fait attendre. Pas longtemps.

    Elle me gobe tout entier juste après la première claque.  

     

     The Ayaka Ito's scribble art portraits