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  • Bliss

    "Nous sommes tous plusieurs personnes, il faut éviter d’emmener tout le temps dans le wagon toutes les personnes qu’on a été et de devoir leur servir le plat dont elles ont envie. A un moment il faut faire cantine: c’est menu unique! Il faut demander à quelques-uns de descendre du train et de s’installer dans le passé pour de bon! Il le faut. Conserver le passé est une illusion aussi vaine que la volonté de dominer le futur. L’enjeu est ailleurs. Le bonheur est toujours au présent."

  • Mamma’s gonna keep Baby healthy and warm

    manque plus que poney en fait“C’était un blogueur libertin qui organisait. Enfin. Queutard, oui. Libertin c’est moins sûr. Un de ces gars qui tient la hiérarchie pour valeur et le record pour objectif. Brun, mince, middle-aged. Je ne sais pas ce que je foutais là. Sa femme était absente. Une infirmière, postée de nuit.

     - Tu te fous de moi.

     - Même pas. On a vaguement baisouillé, mais il ne bandait pas. Moi si, en revanche. Je me suis retrouvée entre deux nanas sur un canapé. Brunes, celle de gauche moins brune et plus mince, celle de droite bien en chair et cheveux très noirs, un carré court. La gauche m’a caressé un sein pendant que la droite me prenait la main pour la mettre sur son sexe. Alors j’ai glissé les doigts dans deux culottes. Tout le monde était rasé de près

    - J’aurais pas parié...

    - Tout le monde était rasé de près, et c’était plutôt agréable de glisser comme ça. J’étais franchement excitée quand la nana m’a caressé les seins, mais après j’étais juste bien. Entre deux, tu vois.

    - Entre deux, oui. Ça fait un moment que je vois.

    - C’est après que c’est devenu bizarre. J’ai eu envie de la lécher, alors je me suis penchée sur elle. Elle ne m’a pas arrêtée. J’ai pris ça pour un encouragement et je me suis enhardie. Son clitoris était petit et elle n’avait pas très bon goût. Très aigre.

    - Alors pourquoi tu as continué ?

    - C’est ça qui est bizarre. Je me sentais redevable. Je l’ai complètement nettoyée de la langue. Elle n’a pas tenu longtemps. Je l’ai sentie venir : son clitoris est devenu très dur, une boule de métal et elle a joui. Grâce à moi.

    - …

    - …

    - Donc en fait, la maigre à gauche se la met sur l’oreille pendant que la grosse de droite, qui sent pas très bon, prend un pied d’enfer grâce à ton boulot. C’est très clair. Tu n’encaisses pas le départ de Mélenchon et il  vaudrait mieux pour la prochaine fois que tu tâches de jouir avant de te réveiller.

    -….

    - C'est 56 euros."

     

  • Dead can dance

    Il y a des auteurs, parfois méprisés parce que grand public ou populaires, qui parviennent quelle que soit la traduction à ancrer profondément dans la réalité le moindre désir, la moindre pensée, la moindre action de leurs personnages, quels qu'ils soient, de premier ou de second plan. Dans la réalité du roman, le mot choisi donne une présence de plomb à ce qui est décrit et alors, à la fois l'auteur et le personnage apparaissent, monolithiques et d'un bloc, pour s'imposer au lecteur. Cela n'empêche pas la subtilité, cela donne un poids à la subtilité.

    Patricia Cornwell auteur célébrée de romans mettant en scène depuis les années 80 un médecin légiste féminin à laquelle elle semble s'être totalement identifiée, est de ceux là. Son succès semble l'écarter définitivement de tout espèce de considération culturelle et la condamner aux clayettes de supermarché rayon divertissement au lieu des étagères soignées des librairies véritables. Les personnages de ses romans sont récurrent quand bien même les noms changeraient, et leurs personnalités marquées et stéréotypées. Le récit est à la première personne,  ce qui peut expliquer l'identification, très sensible, de l'auteur à son personnage. Un ou deux romans, l'auteur s'est essayée à sortir de ce style pour considérer son héroïne d'un peu plus loin mais ça ne lui allait vraisemblablement pas. Ruminante reconnue, elle parvient difficilement à ressasser à distance.

    Installée dans son héroïne, entourée de figures récurrentes avec lesquelles l'intimité est si parfaite qu'elle peut en oublier qu'elle a des lecteurs, l'auteur met un point d'honneur à faire exister ses personnages par leurs actes, décrits avec la froide précision du légiste, ou par  leurs déductions, méticuleusement exprimées. Et c'est sans doute cette méticulosité qui fait exister de la même façon et avec la même intensité dans le récit le thorax ouvert sur la table du légiste et la conserve de tomates pelées, ouverte par la même légiste sur le plan de travail précieux et rutilant de sa cuisine réfléchie. Dans les derniers romans, l'action se déroule sur un temps très court, et l'intense précision du style fait de chaque séquence du roman un véritable exercice de pleine conscience.

     

    Page 369 de son dernier roman, une paléontologue disparue au début du récit est retrouvée morte. Une enquêtrice décrit la situation   "Elle ajoute qu'il y avait des nuées de moustiques, des alertes à propos des ours. D'ailleurs, un mémo par e-mail avait rappelé aux paléontologues de ne pas renoncer à transporter leurs poubelles jusqu'aux bennes, en dépit du mauvais temps. Elle nous plante le décor:

    -Ours affamé se fiche pas mal de se faire tremper, disait l'e-mail. La nuit précédente, un ours s'était jeté sur les ordures abandonnées sur une table de pique nique, tentant ensuite de s'introduire dans un mobil home. Emma redoutait les ours, d'après ses collègues. Elle prêtait l'oreille au moindre bruit, au moindre mouvement susceptible de signaler l'approche d'un de ces plantigrades. Si elle avait entendu ou remarqué quoi que ce soit sortant de l'ordinaire, elle ne se serait jamais approchée de son mobil-home, n'aurait même pas poursuivi son chemin".

    C'est le faux air de John Irving qui m'a fait mesurer à quel point l'auteur se donne un mal de chien, à moins qu'elle n'en soit pas consciente, pour ne surtout pas laisser émettre un jugement quelconque sur ses personnages.

    Obtenir par sa seule existence l'attention parfaite d'autrui sans déclencher chez lui le moindre jugement. Qui n'en voudrait pas?

     

  • Shame shades shared

    illustration 15 2.pngDonc on est arrivé dans cette vallée. Ou alors c’est un plateau. On est haut, en tous cas, très haut. Ce n’est pas de l’herbe mais une espèce de lichen d’alpage, très vert, filandreux et ras, d’où  affleurent, çà et là, des rochers et quelques marmottes. L’air pique et ça, la vache, ça manquait pas mal. Le panorama est splendide. Partout autour, un cirque de sommets découpés au kutter dans tous les tons de gris, a right fifty shades. Au-dessus de tout ça, une unique nuance de bleu qui mène une clarté d’enfer aux sapins centenaires. Le son est hypnotique, le ruisseau qui finit en torrent le disputant aux branches agitées.  Personne ne parle.

    Couchée sur une pierre plate, une fille nue, entravée, magnifique, trône au milieu du vallon.

     

     

  • Fuck me l'anno

     
     
     
     

     

    L'opération, qui ne nécessitera qu'une courte demi-journée de soins, sera effectuée au sein de la clinique du docteur Sapiconnpô Nelculo, écrin de luxe niché au cœur de Brera, Milano. Après un accueil au champagne et l'enveloppement en peignoir au cours duquel vous pourrez faire votre choix au sein d'un nuancier en cuir véritable dont la conception a été supervisée par Farrow and Ball (1), vous passerez en salle de soins pour une légère dermo abrasion préparatoire. Confortablement installé(e) sur le ventre dans un canapé de soins commandé spécialement à la Maison Cassina, vous pourrez alors enfin bénéficier de la dépigmentation de votre anus, assurée personnellement par le Docteur Nelculo sur présentation de ce billet. Une réduction de 5% ainsi qu'une bouée canard sont gracieusement offertes pendant toute la durée de la Fashion Week.

     (1) Telameton, frère du Dr Nelculo et brillant homme de loi confirme que la collection d'anus de vachettes teintés ne présente en soi aucun caractère illicite. 

     

  • Low and orders

    "Je fais passer un entretien demain.
    - Tu ne me proposes pas?
    - Toi ce serait avec plaisir, mais tu n'as pas la carte. Quoique, en stage...

    - Mon café, je le prends noir, sans sucre, et souvent.


    - Je t'encule. Maître.
    - Je t'engage."

  • Puta's tour

    C'est une ville au smog londonien et aux sonorités d'Europe du nord. Une ville contrastée de briques sales et de blancheurs élancées.  Des kilomètres enquillés les yeux dans les pavés, à s'épuiser contre ce monstre froid si difficile à pénétrer. Une langue apprise dans la rue. Des rencontres. Des "sei affascinanta" dont on se remet mal. Des lignes de coke rangées sur la balustrade d'un penthouse au fond d'une nuit les tympans saturés de basses. Des putes trop tardives et felliniennes affalées dans des stations services sous des néons dégueulasses.  Des voitures, trop rapides. Des dottore débités comme des sésames convenus. Des putes, encore, au sexe indécis, qui coordonnaient la nuance de leur fond de teint à la luminosité particulière du lampadaire sous lequel elles stagnaient.  Des porches sombres. Des fenêtres claires. Des trottoirs propres. Des bottes sévères planquées depuis 17 ans dans des placards successifs. Avec les rêves, recouverts par d'autres rêves.  Pourvu, pourvu qu'on ne vive pas qu'une fois.

  • Toe to toe

    Tes cheveux sont collés par le sel, ou pire, par une eau lacustre un peu saumâtre. Tu viens de démonter ta voile et d’accrocher ton wishbone. Ton harnais dégouline encore et te fait une sale marque de bronzage mais tu te fous bien de la manière dont tu bronzes. Tes pieds nus sont indifférents à la brûlure du sable ou pire, aux pointes coupantes des cailloux de la rive. Ton corps, machine fidèle, se détend doucement après l’effort, au rythme lent des battements de ton cœur entraîné. Tu enfiles un t-shirt pour rejoindre les autres déjà attablés au club. Ça commence à tonner au loin et le groupe qui joue ce soir ne va pas apprécier.

     

    Tu as quand même un peu conscience de vivre des moments parfaits.