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  • Road Story

     

    Je patiente, planté au milieu de la nuit.

    Elle avance doucement vers moi docile et soumise à son maître qui la dirige d’une main assurée. Il la fait s’arrêter devant moi. Je lui souhaite la bienvenue d’un ton un peu étranglé. J’avais presque oublié combien elle était belle, racée, affolante. D'aucuns diraient qu'elle est un peu anguleuse, une beauté froide à mille lieues des rondeurs qu'on préférait antan. Moi elle me plaît telle qu’elle est. Je la sens chaude et vibrante. Il l’approche un peu plus de moi, presqu’au contact et se tient à distance. N’aie crainte, ma belle, je sais bien de quoi tu te remplis. Tu vas en avoir pour ton argent.

    Moi je suis sous pression. Prêt à exploser à la moindre étincelle. Je libère la queue collée haut contre mon ventre il y a quelques secondes encore et écarte le dernier des obstacles entre elle et moi. Doucement, délicieusement je m’enfonce en elle jusqu’à ma garde.

    Je reste immobile, planté droit au fond d’elle, ventousé contre ses lignes et ses surfaces sans défaut. Elle n’émet plus aucun son. Le bourdonnement que j’entends doit sûrement venir de moi.

    Je commence à prendre mes aises. J’assure un peu mieux ma prise, j’ouvre les vannes au fond de moi et me laisse aller.

    Je pompe de plus en plus vite et trouve un satisfaisant rythme de croisière.

    Elle est si serrée contre moi, elle est si délicieuse que si je n’y prends garde je vais péter une durite. Je ralentis, trois dernières ruades, je perds la tête et me déverse bruyamment en elle.

    Je suis vidé. Inévitablement je m’en fous partout en me retirant. Mon bout oscille de droit à gauche et rejoint la place où il était il y a peu.

    Maintenant elle doit payer. Mes tarifs sont clairs et  le deal sans ambigüité.

    Son maître introduit sa carte bleue dans ma fente, tape son code, la retire et  la range avec soin.

    Mon « merci et à bientôt » se perd dans le courant d’air qui agite doucement le reçu de paiement oublié.

     Je n’ai pas longtemps à attendre. Déjà une autre freine devant moi.