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  • La petite chapelle, dressée sur une éminence, surplombe de ses poutres vermoulues la vallée ondoyante et les bosquets fleuris.

    J'ai lu avec attention votre profil.

    Le mien, celui d'un responsable de l'Eglise,  vous a surprise. Choquée peut être.  Troublée sans doute.

    Je veux que tu sois troublée. Je te veux désorientée. Je te veux soumettre.

    Parlez-moi de vos envies. J'aime aller au fond des choses.

    Je ne t'embrasse pas, je pique un peu.

    A bientôt.

     

    PrêtreDominant (rigueurdechapelle@yahoo.fr)

     

     

  • Abattage de fond.

     pourquoi pas moi,fond de carrière,poney aurait pu

    Le divan de velours ras sur lequel je patiente a beau avoir été fatigué par des centaines de culs transpirants de trouille ou suintant l’arrogance  j’y ai pourtant cassé le pli de mon pantalon. C’est derrière, elle ne verra rien.  Et de tranchant il me reste toujours les dents.

    Ah, enfin ça bouge

    Le vieil huissier décroche,

    Ecoute,

    Raccroche. Pull.

     

    Le bureau immense sent un peu Cuir mauresque et beaucoup le pouvoir. Elle est très belle, minuscule et impeccable dans un fauteuil qui a trois fois la carrure de son chemisier à quatre chiffres. Elle ne se lève pas et me désigne un siège.

     

    Elle a la réputation de comprendre très vite et de décider dans l’instant. Les  belles femmes qu’on entend penser sont toujours émouvantes. J’essaie de l’intéresser tandis qu’elle  me fixe sans ciller de ses grands yeux noirs.  Je ne perds pas le fil et ça finit par marcher.  Au troisième document que je lui tends par-dessus son bureau, elle s’agace et me propose de passer au salon.

     

    C’est  une erreur. De près,  toutes ses odeurs me cueillent en même temps.  Elle sent la brune, le sucre, la moiteur chaude et par-dessus tout les emmerdes. Ça ne loupe pas. J’y parviens encore pendant quelques minutes et puis je me résigne en voyant ma concentration partir très loin main dans la main avec ma carrière naissante.  Je la regarde se jeter sur moi toutes griffes dehors et me retrouve aspiré  dans le fond de sa gorge. De sa nuque très fine montent tellement de choses… J’y enfouis mon visage et me laisse bouleverser.

     

    Je me retrouve dehors sans bien savoir comment, le cœur au bord des lèvres et les oreilles sifflantes. Dans le brouhaha de ce qu’il reste encore  de moi  j’entends l’huissier dire à celui qui va prendre ma place et qui  ressemble encore à ce que j’étais en entrant :

     

    «  Madame la Ministre est prête à vous recevoir »

    Je n’en doute pas un instant.

     

     

    Soundtrack: Get Misunderstood (Troublemakers)

     

     

  • (Anna) sensory meridian response

    hda,rentrée littéraire forever« Peu après, la porte s’ouvrit à nouveau, je reconnus le bruit de pas du jeune homme. Il passa derrière moi pour m’ôter les lunettes. La pièce était sombre, avec l’unique petit point lumineux du lampadaire. Je me massai doucement les paupières, afin d’habituer mes yeux au monde environnant. Le jeune homme avait enfilé par-dessus sa chemise une veste grise qui allait à la perfection avec sa cravate vert foncé. Il me prit le bras avec douceur, m’aida en souriant à me relever, me guida vers une porte au fond de la pièce, l’ouvrit. Elle donnait sur un cabinet de toilettes, avec un WC et une douche. Il abaissa le couvercle de la cuvette des WC, me fit asseoir dessus, puis actionna les robinets de la douche. Lorsque de l’eau chaude se mit à couler, il me fit signe de la main de venir me laver. Il déballa un savon tout neuf, me le tendit. Ensuite, il sortit et referma la porte derrière lui. Pourquoi fallait-il que je prenne une douche ? Il devait bien y avoir une raison. Je ne tardai pas à comprendre en me déshabillant : j’avais dû éjaculer sans m’en rendre compte, mes sous-vêtements étaient tachés de sperme. Debout sous l’eau chaude, je savonnai soigneusement le liquide séminal qui engluait mes poils pubiens, puis je m’enveloppai dans un grand drap de bain. Un slip et un tee-shirt Calvin Klein, à ma taille, encore enveloppés dans leur emballage plastique, m’attendaient sur un porte-serviette. Mon éjaculation était-elle prévisible à ce point ? Je me regardai un moment dans le miroir, j’avais du mal à réfléchir correctement. Je jetai mon slip souillé à la poubelle, enfilai le caleçon blanc tout neuf à la place, puis le tee-shirt, remis mon jean mon blouson, mes chaussettes et mes tennis sales. » 

    Haruki Murakami, Chroniques de l’oiseau à ressort, Paris, réed. Belfond 2012, p. 520

  • L'amourtié c'est bon pareil #8

    « Tu te rends compte un peu de la chance que tu as ? Tout ce temps  que tu as devant toi ?

    -…

    - Tiens, pourquoi  t’en profiterais pas pour écrire un bouquin ?  Sur le temps par exemple. Celui qu’on a. Ou celui qu’on n’a plus. J’y suis : l’histoire d’une fille sur son lit de mort, tu vois ?

    -…

    -Bon, elle fait des tas de trucs. D’une heure sur l’autre elle change de vie. Elle a plein de choses à faire, de projets, une mission. Je suis sûr que t’en ferais un truc bien.

    - Tu veux que j’écrive Fantomette a un cancer ? »