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  • Triste shire

    Métro. Devant moi, elle lit. Annonce d'une station.

    Lève la tête, et vite, glisse une photo en marque page pour garder le fil dans sa correspondance.

    Une photo de son yorkshire, coiffé d'un headband à clochettes.

    Soudtrack  Thank You for the Smile (Keith Tippet)

  • The girl with the sun in her hair

    Métro. Une fille, bronzée, robe bleue au genou, la trentaine finissante, cheveux noirs, très belle, attitude hautaine clamant sans ambiguïté son droit à une rame privée, dévorée des yeux par le trentenaire anodin qui était auparavant adossé à la porte, et qui ne s'attendait ni à subir un tel choc en prenant le métro comme tous les matins,  ni à découvrir, en croisant mon regard, un spectateur amusé de son désarroi.

     

    Soundtrack : I Wish (Skee-Lo)

  • For your eyes only

    nuit

    La fine lanière de cuir avec laquelle elle caresse l’intérieur de ma cuisse est d’une douceur terrible. Ecartant encore les jambes, tête renversée, je ferme les  yeux, sûr de la morsure à  venir.

    « Je vais te laisser de belles traces », elle me murmure.  

    La sensation est étrange. Ma cécité volontaire me plonge dans l’anticipation d’une douleur encore inconnue, alors que je me découvre à la fois crispé et détendu. Curieux de la suite, et confiant.

    Dans l’isolement de mes paupières closes, allongé sur le dos, jambes pendantes, je réfléchis sur le genre de la souffrance. Là où le mâle aurait choisi une corde pour entraver, une cravache pour cingler ou la main pour rougir, cette femme a choisi le long fouet de cuir qui peut faire tout cela à la fois.  De la peau tannée pour tanner la mienne. 

    Je l’entends respirer, quelque part figée entre mes cuisses. Elle ne me touche toujours pas.

    Je suis nu. J’ai un peu froid. Je garde comme elle l’a demandé une immobilité parfaite, bras le long du corps. Inactif avec enthousiasme. Gaiement soumis à son désir.

    J’attends et je bande.

    Elle ne me touche toujours pas.

    C’est étrange. Loin de provoquer mon impatience, son jeu me plonge en moi-même, et me fait occuper chaque fibre de ma chair et chaque pore de peau. Au lieu de la perte de contrôle attendue, j’ai l’impression, au contraire, d’être ancré, profondément  conscient de la réalité de cette nuit, de la fraîcheur de l’air, du drap plissé sous moi, du poids de mon corps, du calme de ma respiration et   aussi du sang qui bat à mes tempes, au bout de mes doigts, sous ma queue.

    Jusqu’où peut-on se maintenir dans cette excitation extrême, équilibre fragile et subtil entre l’abstraction, la concentration, l’anticipation ?

    Elle bouge.

    Enroule le cuir à la base de mon sexe. Trois tours. D’abord lâche, mais d’une traction à droite, puis à gauche, forte celle- là, elle me décolle de mon ventre et me tient droit. Serré. Battant.

    Ses pouces viennent écraser mes tétons.

    Je comprends d’un coup et la visualise. Debout,  jambes écartées prolongeant l’exact écartement de sa chatte, jouant des muscles de ses cuisses, elle crée par ses pieds nus la tension du fouet enroulé.

    Je sens avant qu’elle me touche la chaleur de sa bouche autour de moi. 

    Soundtrack   Do You Feel It? (The Joe Cuba Sextet)