web counter

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mars

  • Chieuse

     

    C'est une très jeune fille. Peut être quinze ans. Elle est nue dans une minuscule clairière, sous des chênes liège, les genoux dans la terre meuble et les feuilles découpées. Elle tend sa croupe à un aussi jeune, un gamin, incapable de la déflorer, mais qui massacre son cul avec un bel entrain. L'ouvrant à sec, la déchirant. Une tuerie. Plus haut sur la route qui fait des lacets, elle voit un homme, dans une voiture blanche, arrêté, qui les regarde. Elle ne songe ni à se libérer, ni à partir, ni à l'obscène de sa posture et de sa situation. Une enfant sodomisée par un autre dans une clairière, sous le regard d'un conducteur de Citroën. 

    C'est un tout jeune homme. Peut être 17 ans. Il n'a pas donné son vrai prénom à la très jeune fille qu'il n'a pas réussi à déflorer, ni ne lui a avoué qu'elle était la première à se mettre nue pour lui, à le caresser, à se donner ainsi à lui. Au contraire, pour l'avoir, pour l'impressionner, pour se rassurer, il lui a longuement parlé de son expérience avec des femmes plus âgées, plus féminines, plus désirables. Il lui a dit qu'elle ne savait pas s'y prendre, qu'il lui apprendrait comment une femme s'occupe d'un homme. Comme il n'a pas réussi à pénétrer sa chatte, fermée sous la douleur et l'inconfort, il l'a persuadée de lui donner son cul, plus souple, moins vierge, forcément. Son père lui a expliqué que ce sont les muscles les plus puissants du corps, ceux qu'il s'apprête à forer. Que la merde reflue sous la poussée de la queue. Il est paré. 

    Il ne peut pas ignorer qu'il l'ouvre en deux, mais c'est plus fort que lui. Il l'attrape et pousse, pousse jusqu'à s'engouffrer en entier et là, il la secoue comme une poupée, indifférent à la souffrance dégueulasse qu'elle supporte pour lui. Ou pour elle. Pour ne pas qu'il la repousse, pour qu'il la garde avec lui. 

    La très jeune fille ne se rend pas compte du pouvoir qu'elle est en train de prendre sur les deux hommes qui la regardent l'oeil rond, celui dans sa voiture, fasciné, et celui qui la prend et qu'elle est en train de marquer pour toujours. Bien plus profond que lui la marque, elle. La douleur qu'il lui inflige, c'est cela qui marque. La douleur qu'il a été capable, à cause de sa queue, de lui faire subir. 

    Personne ne sait bien combien de temps ça dure. Il y a juste la sensation, dégueulasse. Vraiment dégueulasse, d'avoir les entrailles retournées, mises à vif, la sensation de se casser. De part et d'autre de ce beaucoup trop jeune trou de balle, c'est tout aussi inoubliable, pour de mauvaises et différentes raisons.

    Le gamin lâche pour la première fois de sa vie son foutre dans le jeune cul. Il ne s'est même pas protégé. Il ne l'a, elle, même pas protégée. Bien que le croyant plein de femmes, elle n'a pas osé, de peur qu'il la laisse lui aussi, lui imposer. C'est le premier. Elle ne sait rien.

    Le gosse se retire. La queue recouverte de merde bien échauffée par ses va et viens. Il n'arrive pas à y croire, se jette, pris de hauts le coeur, sur un tas de feuilles pour les frotter. Indifférent à la fille recroquevillée, dont le cul bée encore, et qui se tâte du bout des doigts pour évaluer les dégâts faits à sa chair. Elle saigne. Elle saigne de partout. Même un peu du genou. 

    Mais c'est pas grave. Parce que l'horreur, ce n'est pas ce qu'elle vient de vivre. La honte, ce n'est pas qu'un gosse ait défoncé la virginité, l'innocence, et très durablement l'aptitude au plaisir d'une femme naissante. L'horreur, la honte, c'est la merde sur sa queue. 

    Alors elle lui demande pardon pour son cul. Pardon pour sa chatte rétive, pardon pour sa merde. Et gentiment, lui répond, l'oeil à moitié fou: c'est pas grave. 

     

    C'est quoi, un an après. La gamine, décidément douée pour se faire du bien, est partie loin de chez elle histoire de prendre l'air en vérifiant qu'on tient à elle. C'est non. Personne n'est venu la chercher. Ni sa mère, ni l'un de ses pères n'est monté dans une bagnole pour venir la chercher, la serrer fort, la mettre en sécurité. A la place, on lui a ordonné de revenir. Bien contente que ce soit pas entre deux gendarmes. C'est la première fois, elle ne sait pas.

    Du coup, elle revient. En train. De nuit. ça n'a pas loupé. 

    Il est arrivé pendant qu'elle dormait, seule dans un compartiment de 6 ou 8 places assises. Elle était en jean, sur le ventre. Dans son rêve, elle a senti une main qui la touchait, effleurait ses reins, sa raie, son entrejambe. Juste un effleurement. Quand elle s'est réveillée en plein, elle était excitée. Ce n'était pas la sensation de danger qui l'a sortie du sommeil. C'était le plaisir naissant. 

    Quand elle s'est redressée, qu'elle a essayé de s'enfuir le type l'a balancée une ou deux fois contre les parois, histoire de la mater.. La touchant au passage. Levant la main. Il devait être bourré, parce que quand elle a réussi à piauler faiblement, comme on crie dans un rêve sans émettre un son, il a eu un mouvement de côté et l'a laissée partir. Avec son sac. Dedans, les deux derniers volumes de Dune, achetés à l'aller. Elle les prêtera vingt ans plus tard et ils ne reviendront pas de sitôt. 

    Le contrôleur contre lequel elle se jette l'installe dans un compartiment "avec des femmes" où on dévisage la gamine de nuit qui n'a rien à foutre là. Il revient, un peu plus tard, dire à la cantonade: "le monsieur dans le compartiment que vous m'avez montré est endormi". 

    Fin de l'histoire pour tous ces messieurs. Une gamine seule dans un train. Normal.  

    La fille n'oubliera jamais ni le plaisir, naissant, ni le son de sa tête contre la vitre du train, ni surtout l'odeur de cheveu d'alcoolique du type sagement endormi dans son compartiment. 

    Deux ou trois jours plus tard, sa mère écoeurée par sa fugue la trouvera recroquevillée et hoquetante dans un coin. Elle entendra la confession de sa fille, pleurera un peu avec elle, ne s'excusera jamais de l'avoir obligée à ramper seule jusqu'à Canossa sur mer. N'en parlera jamais à quiconque. Ses autres repères en sont tous restés à la version plus sympa de la barreuse impossible qui fait vivre un enfer à sa maman. 

    Et puis il aura fallu un monsieur, un calme, un taiseux, un patient, et des siècles pour trouver le courage de lui ouvrir le bordel. Des siècles aussi à s'émerveiller qu'il aime sans se poser de question tout ce qui était vu comme noir, dégueulasse, pervers, déviant, hors norme, trop, toujours trop. Hors des clous. Son accueil suffit à consoler, laver, blanchir. Il prend tout, fort, longtemps. Il ne fait jamais mal. Il n'est jamais maladroit. Ses tripes savent. Sa queue aussi. Mêle si sa bouche ne sait pas le dire. Même si son coeur quelquefois ne sait pas qu'il sait. Ses tripes savent. Son coeur de bête. Son âme de bête. Mon royaume pour son chemin caché. 

    Et puis il aura fallu des longues files d'hommes écoutés, dans leurs pulsions, leurs désirs, leurs vices. 

    Et puis il aura fallu un monsieur, sans doute le dernier de la courte litanie, le dernier de ceux, hommes et femmes, qui auront compté, envoyé d'une morte ou même de plusieurs, pour raconter le sang et la merde, les poils et les humeurs chéris, adorés des hommes, parfois à leur insu, parfois dans de grands brasiers, parfois dans de grands embrasements, parfois avec horreur, parfois avec dévotion.  Un humain, un collectionneur, un recueilleur, pour lui dire de sa voix calme les hommes fascinés qui brûlent et soignent leurs idoles. 

    Et puis il y a un monsieur, sans doute le dernier de la courte litanie, le dernier de ceux qui auront compté, qui sans la toucher, en l'effleurant de son eau, l'accompagne avec douceur, avec ses mots à lui et dans ses mots à elle, pour les derniers mètres de ce chemin d'eau et de feu, d'air et de terre qui fait le tour d'elle-même. 

     

  • E tutta colpa mia

    Je suis coupable.

    Je suis coupable d’avoir des frelons dans le ben et de ne pas toujours avoir honte de les montrer.
    Je suis coupable d’aimer tous mes frelons. Et parfois ceux des autres.
    Je suis coupable d’avoir des fantasmes et de me branler avec.
    Je suis coupable d’être une branleuse de fantasmeurs. Plutôt un bonne branleuse de fantasmeurs, même.
    Je suis coupable d’avoir des tas de certitudes et autant de convictions. Je suis coupable d’en changer souvent. Je suis coupable d’être loyale.
    Je suis coupable d’avoir envie de choses que je ne veux pas connaître en vrai, et je suis coupable d’avoir envie que des choses se réalisent.
    Je suis coupable de trouver drôle et joli à la fois de montrer mon cul avec des lampions autour, et coupable aussi de trouver cela beaucoup moins drôle à d’autres moments. Je suis coupable d’avoir envie que d’autres trouvent ça plutôt drôle et joli un cul avec des lampions autour, et coupable de choisir mes autres.
    Je suis coupable d’avoir envie d’atteaser des hommes, des femmes, des cerveaux, et des cœurs.
    Je suis coupable d’y arriver parfois.
    Je suis coupable de ne pas aimer qu’on m’exige, qu’on me juge, qu’on me copie, qu’on me vole, qu’on me disperse ou qu’on m’aime mal et qu’on me lise. Ou qu’on me dise. Et je suis aussi coupable de tout l’inverse.
    Je suis coupable d’écrire. Beaucoup.
    Je suis coupable de tout faire de travers.
    Je suis coupable de me trouver prise en me laissant toucher tout en n’approchant personne.
    Je suis coupable d’être résiliente du pire et de ne jamais me remettre de détails.
    Je suis coupable de ne pas très bien marcher à basse température, cycle lent, et peut-être même low cost.
    Je suis coupable d’être très lâche et trop intrépide. Parfois dans la même phrase.
    Je suis coupable de choisir plusieurs fois par jour de partager ma vie, mes fantasmes mes envies, mes huiles, mes doutes, mes sourires, mes larmes et mes culpabilités avec le même, et je suis coupable de ne pas vous choisir vous. Je suis coupable d’avoir trouvé pour tout ce que je suis un accueil magnifique entre les mêmes bras, les mêmes oreilles et les mêmes cuisses. Je suis coupable de ne pas avoir été rejetée dans mes vices. Je suis coupable de ne pas avoir dû les rechercher ailleurs pour ne pas crever de ne pas être ce que je suis, et je suis coupable de ne pas en avoir, comme beaucoup d’autres, horriblement souffert.
    Je suis coupable d’être un combo de con-ass et de le montrer plusieurs fois par semaine de différentes manières et sur plein de supports.
    Je suis coupable de trouver normal qu’il y ait plus d’aiguilles dans les lits que dans les cœurs, plus de couteaux dans les alcôves que sur les champs de bataille, plus de cordes aux pieds qu’aux cous.
    Je suis coupable d’être émouvable, compassionnelle, empathique et je suis aussi coupable de m’en foutre complètement.
    Je suis coupable d’approuver l’existence d’un réseau social de pervers qui viennent avec leur surmoi parler de leur ça, cul nu si possible avec des choses fichées dedans. Je suis coupable de m’y sentir comme à la maison entourée de frères et sœurs, de pouvoir y être aussi débraillée qu’aux bruyants déjeuners de famille ou encore doucement blottie dans mon coin avec de la lecture.
    Je suis coupable de toujours préférer ma maison à moi.
    Je suis coupable de ne pas avoir envie de toujours tout partager.
    Je suis coupable de transparence. Je suis coupable d’opacité.
    Je suis coupable d’avoir plusieurs vies et aucune en double.
    Je suis coupable de n’aimer tendre la joue qu’à la condition que j’aie déjà offert tout le reste.
    Je suis coupable d’être paranoïaque à la demande et d’avoir plus souvent eu à m’en féliciter qu’à m’en blâmer.
    Je suis coupable de savoir faire parler ou taire ego, scrupules et même limites, je suis coupable de ne jamais tirer la première. Je suis coupable de ne jamais tirer qu’une fois.
    Je suis coupable de ne pas me cacher et de ne pas avoir envie qu’on m’expose.
    Je suis coupable de dire non, je suis coupable de dire stop, je suis coupable de punir fort.
    Je suis coupable de ne pas être fragile et aussi de l’être trop. Je suis coupable de ne pas être protégée et aussi d’être intouchable. Je suis coupable d’être enviée, jalousée, recherchée, ou trop aimée et c’est aussi de ma faute quand on n’en a strictement rien à foutre de moi.
    Je suis coupable de comprendre trop vite, et coupable de n’avoir rien vu venir.
    Je suis coupable d’en faire trop et coupable de ne jamais donner assez.
    Je suis coupable de trouver parfois la culpabilité agréable.
    Je suis coupable d’aimer un certain nombre de châtiments.
    Je suis coupable de ne pas parler de vous, de ne pas vous parler, de trop vous parler, de vous parler tout court.
    Je suis coupable depuis que je suis toute petite et peut-être même ma mère avant moi.
    Je suis coupable d’être inexistante et de vouloir le rester.
    Je suis coupable de disparaître. Je suis coupable d’avoir des choses à me reprocher.
    Je suis coupable d’être minable. Je suis coupable d’être là. Je suis coupable d’être ce que je suis et de m’appliquer à ne plus être ce que je ne suis pas.
    Je suis coupable d’avoir passé 40 ans. Et d’aggraver régulièrement mon cas.
    Je suis coupable de donner mon amitié. Celle-là, je l’ai bien cherchée.
    Je suis coupable d’avoir envie que les autres soient heureux.
    Je suis coupable de les rendre malheureux.
    Je suis coupable et quelquefois je ne sens même plus quand je me coulpe
    Je suis coupable de perdre mon temps sur un réseau social plutôt que d’utiliser cette immense compassion à œuvrer pour la paix dans le monde, contre l’illettrisme et pour l’éradication de la pauvreté.
    Je suis coupable d’être une anonyme.
    Je suis coupable d’être banale : un ensemble hétéroclite de morceaux bien entiers.
    Je suis coupable de ne pas aimer me laisser faire.
    Je suis coupable de me sentir coupable quand je suis forcée. Quand les choses se passent malgré moi. Je suis coupable d’être impuissante. Je suis coupable de ne pas dire non.
    Je suis coupable de ne pas me justifier.
    Je suis coupable d’avoir un gros cul, de ne pas avoir de seins, d’avoir des seins, de montrer ma culotte, de ne pas avoir de culotte, de marcher dans la rue, d’être dehors tard, de prendre des trains seule, de ne pas avoir de bombe au poivre, de savoir me défendre, d’être défendue, de ne m’être pas défendue, d’être fendue tout court, d’avoir un cul, d’avoir la tête dedans, de n’avoir pas plutôt mis un pantalon, de l’avoir parfois enlevé, de vouloir gagner ma croûte saveur vanille en pentes douces, d’aimer quand ça pique et avant tout je suis coupable d’être l’une de ces honteuses dégueulasses fâchées avec les dates qui très régulièrement noie d’un sang impur son propre sillon.
    Je suis coupable de croire des choses que je n’ai pas vues et de toujours questionner ce qu’on me montre.
    Je suis coupable de reconnaître mes faiblesses.
    Je suis coupable d’avoir tant de choses à explorer et sûrement coupable de ne pas oser.
    Je suis coupable d’aimer avoir mal. Je suis coupable de ne plus supporter la douleur. Je suis coupable de chercher le plaisir. Je suis coupable de ne pas toujours le laisser me trouver. Je suis coupable de lutter contre la nature, je suis coupable de lâcher mes instincts.
    Je suis coupable d’emboîter le loup et d’hurler avec les pas.
    Je suis coupable de plus souvent remuer le couteau que la queue.
    Je suis coupable de tous mes droits.

    Et je me reconnais bien là.

  • Tout (et son) contre elles

    Je suis la jeune
    Je suis la mère
    Je suis l'aïeule
    Je suis la putain.
    Je suis l'hystérique et je suis la posée.
    Je suis celle honteuse de son corps et celle qui viendra fièrement l'agiter sous ton nez
    Je suis celles qu'on a blessées et celles qu'on a choyées.
    Je suis la main posée sur ta joue. Je suis le poignard planté droit dans ton coeur.
    Je suis la salope recouverte de foutre. Je suis la reine sanglante et la petite chose cassée.
    Je suis dans chaque femme que tu vois, dans chaque femme que tu désires, dans celles que tu méprises, dans celles qui te font naître et celles qui te fermeront les yeux.

    Je suis la femme au ventre flasque et celle au ventre dur. Je suis la puissante propulsée des kilomètres dans l'eau et celle qui casserait net en se penchant sur ta bouche. Je suis celles dont de belles queues ont visité chaque recoin et la vierge de toutes qui ne voudra que la tienne. Je suis la vieille colorée en blond qui ne sait pas que tu ne l'aimeras jamais. Celle dont tu laboures le ventre et celle qui accueille tes pleurs. Celle auprès de laquelle tu passes sans la voir, et celle dont tu te moques.

    Je suis la source du plaisir et celle qui blesse les bêtes à mort. Je suis la lumière, je suis l'ombre et je suis l'absence de tout entre les deux.

    Je suis la femme-fleur dans chacune de mes soeurs.
    Trouve la femme-fleur dans chacune de mes soeurs.

  • rêve-Elle-Toi

     

     

    "Je suis dans le  bus. Debout, avec mon ami. Je pue l'alcool et la clope.

    "Si tu m'en crois, une douche et un café et hop: Maman et les marmots aux activités familiales  ni vu ni connu.

    - ...

    - Tu veux la revoir?"

     

    Il sort son téléphone et là mon sceptre, mon sceptre irréel qui entre et sort d'un anus. Celui d'une femme, passe encore.

    Devant moi mon sceptre irréel qui entre et sort de l'anus d'un homme."


  • Go ask Alice

    C’est une queue normale. En gros plan. Sur fond de ventre. Une toison légère. D’ici, on voit une jolie peau.

    Le gland est renflé et saillant. C’est une bien droite. Bien tendue. Bien tenue.

    Au dessus, on entend un souffle. Qui s’accélère doucement. Un léger clapotement. Un mouilleur.  Le gland se met à briller, couvert/découvert, couvert/découvert.  Je ne regarde pas la main. La main ne bouge pas. Pas de pouce qui passe sur la peau douce. La main est crispée autour de la queue.  C’est elle, le rôle titre. Pas la main.

    J’ai, fugace, une grosse envie de collection.

    Un rompu dans le rythme du souffle.  Très léger, très subtil, animal et rentré, un grognement.

    La peau, le gland, la main se tendent ensemble.  Un flot de foutre, puis  un autre, épais, très blanc, crémeux et liquide, puis un autre. Un flot de foutre qui sourd, gracieux, dans une volute, hésite et jaillit. Puis un autre. On les entend s’écraser sur une surface plus bas. Le sol. De l’eau.

    Ça dure 45 secondes.

    Et c’est à moi.


  • Par le trou de la chattière

     

     

     

    un monsieur : c'est ma joie petite pute
    un monsieur : te traiter de salope
    un monsieur : me fait toujours plaisir
    un monsieur: et il y a un monde entre salope
    un monsieur : petite salope
    un monsieur : et chienne
    un monsieur : petite chienne....

    une poupée: Quand on en a une, on dit ma.

    une poupée: Ma petite salope.

    une poupée: Ma petite chienne

    une poupée: Ma petite pute à foutre.

    une poupée: Ma garce

    une poupée: On dit ce n'est plus ta bouche. C'est ma bouche. Tu l'ouvres quand je le dis.

    une poupée: On dit ce n'est plus ton cul. C'est mon cul. Tu l'écartes quand je le dis

    une poupée: On dit ce n'est plus ton plaisir, c'est mon plaisir. Tu jouis quand je le dis.

    une poupée: On dit ce n'est plus ta chatte. C'est ma chatte. Je la pénètre quand je le veux. Avec ce que je veux. Avec qui je veux. Aussi longtemps que je veux.

    un monsieur: j'ai lâché de grands flots de sperme en vous lisant "on dit..."

    (Rideau)

  • Le banc de lady Chatterley

    Je ne suis pas là où j’ai dit que j’étais.  Je suis sur un banc, face à la mer.  Je n’ai plus rien à voir, pour encore quelques semaines, avec cette ville du nord attachante et froide, qui, certains matin m’accueille par la droite avec son incomparable, sa délicieuse,  sa très fausse odeur de pain juste grillé.

    J’ai brouillé les pistes et me suis emmêlé les pinceaux.

    Je suis sur un banc, face à la mer. Une mer pas tranquille, autour des toits d’ardoise, de très beaux hortensias.  Du vert, du paille, du bleu et du gris, du vent. Et tout à l’heure les fruits de mer, les enfants, les amis, mon amour.

    Je suis sur un banc et je pense à une femme.

    Si c’est une femme. Des bouts de corps dont je ne suis pas bien sûr qu’ils sont bien à elle posés ça et là sur des pages et des pages, et une voix.  Une voix basse, lente, posée, qui raconte longuement.  Je suis cette voix le long des quais, le long des îles, le long des boulevards.  Sur de petites places, dans des endroits qui me sont familiers. Je connais les odeurs, les sons qui bordent cette voix inconnue.  Je sais où elle est, où elle passe, d’où elle me parle.  Je sais d’où elle veut que je sache qu’elle me parle.  Je la suis dans l’eau, son eau sale qu’elle soulève longtemps et toujours au même rythme. Je la suis à son rythme de voix qui se déplace, qui scande.  Je suis l’image que la voix me donne à voir.  L’image crue que la voix me donne à voir.

    Je suis sur un banc, et je pense à une femme avec une voix.

    J’ai choisi quelque chose de compliqué. Pour l’entendre, je dois être là.

    Là en même temps qu’elle.  Le jeu que j’ai choisi reconstitue dans le noir vide et binaire les correspondances d’antan, où la réponse n’était pas immédiate. Je suis là-pas-là.  Et pourtant, je la ressens comme une basse, cette voix que je n’entends pas. Dans mon cerveau, dans mon plexus, et même quelquefois  dans le sang qui vient battre à la base de ma queue.  

    Je suis sur un banc et je pense à une femme avec une voix que je n’entends pas et qui crée pourtant une étrange torpeur.

    Je suis sur un banc, et je pense à une putain de berceuse.  

     

  • Me and the dragon

    compote.jpg

     

     

    Gleeden est un endroit  curieux et fascinant imaginé par des surdoués, dont l’objet affiché est de  prostituer à des entraîneuses gratuites des hommes très contents de payer.  

    Alors je m'applique.

    J’y ai un grand père scatophage,  qui m’insulte quand je lui réponds mais nous vénère, moi et ma merde, quand je me tais. Il pense me dégouter alors je ne lui dis rien de la bouffée d’affection qui me saisit au contact des gens qui ont sacrifié leur honte à leurs amours.  

    J’y ai des soumis très jeunes et moins jeunes, qui viennent se frotter un peu, et que je renvoie doucement vers des dames choisies.  Ces animaux là, trop musclés et bien trop exigeants, me prendraient un temps que je leur consacrerais volontiers si j’avais la grâce d’en disposer. Plus tard. Pas encore. L’envie vient doucement. 

    Je suis en train de m’y faire un ami. Peut être même plusieurs.

    J’y branle des hommes. Assouvissant ainsi une déviance personnelle. Je les branle de mes histoires. Je les attise, je les répands. Certains remercient pour le temps que je leur consacre, et dont ils achètent pourtant chaque mot.  Pute verbale.  Je repense à Duras, la pute de la côte normande. Et à Anna, du coup, évidemment.   Je pense toujours à  Anna.

    Dans l’immense piscine sale, où (ravissement total) des trous sont percés dans CHAQUE paroi de CHAQUE cabine, à hauteur de chatte, j’ai repensé au Loup aussi : 'je choisis la vilaine, le jouet le plus dangereux.'

    Moi je choisis le semblable.

    J’ai attendu un peu avant d’ouvrir le message. Briser le silence que je m’étais occupée à soigneusement remplir me coûtait.  Quatre pages de silence plein à craquer. Deux jours. A écouter respirer. A sentir respirer.  A offrir, à un inconnu silencieux et paisible, mon impudeur en blanc sur violet, sans réaction. Sans retour. Sans rien en retour surtout.  J'ai adoré ça.  

    Un joueur doué. Un voyeur d’âmes. Je l’ai envoyé sur mars. silencieuse à mon tour, j'ai regardé ce qu’il piochait. Il a filé au noyau.

    Avant d’ouvrir le message,  je me suis dit ma fille, si tu as de la chance, la première chose que tu vas lire c'est Kikou!

    Pas de chance.

     

    Les princes charmants, j’ai envie de les promener par les cheveux, tête contre ma cuisse, droit sur le taureau. 

    Mais marraine la fée, c'est quand celle veut.

    Poutous,

    Cend’.

     


  • la poupée qui disait qu'elle voulait un poème

    Je ne viens pas te chercher avec mes mots.

    Je viens te chercher avec mes couleurs.

    Je te bleue tout entière.

     

    Au début  il y a eu les couleurs, tout de suite. le bleu, partout les couleurs fondues-enchaînées qui tourbillonnent dans le  ventre, beaucoup de bleu encore, du jaune, pas mélangé. Les cuisses  vertes. Le noir dans les reins et le noir sur la mâchoire.

    Après,  il y a eu le tipi. Le tipi rouge, puis le tipi de peau couleur de peau et brodé comme celui des playmobils, et le feu au milieu, l’ouverture, ma place en biais, et personne pour m’y rejoindre. Et puis le bleu sombre, qui palpitait.

    Il y a eu la petite chose, rouge rose, qui était dans mon ventre, sous mes côtes et que j’ai ramenée avec les couleurs, avec mon air dans ma poitrine. La petite femme ou la petite fille très ancienne, lovée endormie, son dos contre la peau de mon ventre, et qui est avec moi, maintenant.  Maintenant, il y a la petite chose, à sa place près de mon cœur.

    Il y a le sceptre, à la tête de serpent métallique, qui tient le tout et qui ne veut pas faillir. A qui il a fallu parler pour lui dire qu’il n’avait pas besoin de tout porter seul, que même s’il ne portait plus, nous toutes aurions encore  besoin de lui, et qu’il aurait sa place. A qui il a fallu dire que, lorsque les choses étaient à leur vraie place, elle tenaient ensemble d’elles-mêmes, que tout alors  tiendrait ensemble sans qu’il doive lutter pour tenir, et puis le sceptre est redevenu serpent, et s’est mis à faire des 8 à l’horizontale dans le bas de mon dos, en me massant tout entier de l’intérieur dans un grand espace que je ne connaissais  pas.

    Et Marie a essayé d’amener la poupée. Mais rien ne venait. Elle m’a demandé si j’écrivais. Elle m’a dit qu’elle voyait un poème.  Que la poupée voulait son poème.  

    Elle a dit d’essayer de savoir ce que moi je pourrai apporter, leur donner pour que tout le monde soit mieux.

     Trois…. les couleurs, la petite chose, et le sceptre-serpent.

    (La vigie-qui-ne-s’appelle pas la vigie, celle sur l’épaule qui surveille l’intérieur n’est pas venue.  Mais comme elle n’existe pas en vrai, elle a eu raison de s’abstenir)

    Plus tard, dehors, il y a eu le monsieur qui travaille chez Emmaus et qui est venu me parler et m’a cherchée ensuite.

    Je me suis dit que la poupée ne devait vraiment pas être loin du bord.

    Et tout de suite dans le métro, le monsieur qui faisait la manche, et qui, visiblement très malhabile à la conversation,  a tenu à prendre un moment pour me souhaiter pâques, me conseiller des promenades près de Joinville sur les quais de la Marne. Voulant vraiment, humain et charmant peut être pour la première fois depuis longtemps, et touchant aussi, beaucoup, m’apporter quelque chose.

    Dans le métro j’ai écrit à la poupée, et j’ai arrêté quand le poème - pas-poème est venu tout seul.

    Je ne viens pas te chercher avec mes mots. Je viens te chercher avec mes couleurs. Je te bleue, tout entière.

    Il y  a eu la jeune fille qui me souriait dans le train bondé, et l’autre, charmante et à l’odeur délicieuse, qui s’est assise à côté de moi.

    Dans la voiture, après, je me suis demandé pourquoi il n’y avait pas eu une orgiaque pour se montrer. Et là, aussitôt la sensation de ce rouge violet que j’avais vu, entre estomac et plexus : l’Orgiaque, c’est le rouge-violet.

    C’est là que j’ai compris : la poupée, c’est le bleu. Le bleu partout.

    Je ne savais pas que j’étais colorée, j’ai dit à Marie quand on a eu fini.

    Elle, elle l’avait vu tout de suite.

  • Empares

    Et d’un coup ça bascule. Je n’ai pas de corde. Je l’enserre de mes jambes. Je n’ai pas de fouet. Je le tords de mes mains. Je n’ai pas de queue. Je le prends d’en dessous. D’en dessous je l’enserre, du creux de sa nuque je lui parle.  En chuchotant je crie. De ma main, il ne veut pas, je le répands.

    Et d’un coup ça bascule. Je m’empare d’un homme.

  • More or laisse.

    mars n'est pas un blog. mars, ce ne sont pas des textes.
     
     mars c'est du more moi.
     
     
     
    Je ne suis même pas sûre d'avoir envie qu'on lise.
    Je ne suis même pas sûre d'écrire.  Je ne cherche pas de lecteur.
    Le lecteur, je ne le comprends pas. J'ai putain d'essayé, le lecteur. J'ai même cru que ce que je voulais, c'était le meilleur. On ne se comprend pas. Je crois qu'il attend quelque chose. Je me demande comment le lui donner. Je crois que je lui dois. J'essaie de plier, j'essaie de rendre et je casse. Ou c'est lui qui y passe.
     
     "J'aime tes productions", dit la twitteuse
    " si vos textes anciens ne manquaient pas
    d'intérêt, votre façon de couper court à une conversation,
    même virtuelle, est médiocre." dit la copieuse
    "Pourra-t-on continuer à vous lire, sur mars?" dit la lieuse
    "Vous, vous vous continuez" dit la plus belle, la première,  la pas-lectrice. La senteuse.
     
    Je n'écris pas. Je ne produis pas. Je ne publie pas. Je ne propose pas. Je n'expose pas. Je more
     
    Lecteur, tu perds ton temps.
     
    Mais le senteur, mais le frotteur, on se reconnaîtra.
     
     
     
     
     
     
     
     
     

  • Summer 78/88/98/...08

    Je l'ai acheté, et pendant quelques dizaines de minutes, seule, dans la voiture, j'ai eu envie de rouler au vent  avec le volant du mauvais côté, j'aurais voulu que l'autre rive de la Manche nous ait gardés.

     

     

    C'est comme un poème que tout le monde pourrait faire, et puis quelqu'un l'a fait et ça touche tout le monde.



    Merci encore, Joseph.

     


     

     

     

     

     

  • Le Sadoscope de Tata (qui pique un peu, lui aussi).

     

    Ambiance générale : Il reste encore du temps pour profiter des vacances avant que fanent les orties.

    Dom : si tu ne m’écoutes pas moi, essaie de prêter l’oreille à cette petite voix ténue, celle qui s’élève lorsque tu fais enfin taire ton satané  ego. C’est elle qui, le plus sûrement, fera éclore tes passions, naître ces moments délicats que tu convoites, elle, encore qui  te guidera vers le sommet de ton art.

    Brat : « accordez-moi la grâce de produire quelques beaux vers qui me prouvent à moi-même que je ne suis pas le dernier des hommes, que je ne suis pas inférieur à ceux que je méprise ! » suppliait Baudelaire en râlant à une heure du matin. Et toi, Brat, quelle serait-elle, ta  prière du coeur de la nuit ?

    Soum: toi qui portes fièrement ton collier, *ton précieux* anneau de soumission, souviens-toi que des deux, tu en restes le maître. Son pouvoir, c’est toi qui le choisis.  Son éclat, c’est toi qui le lui offres.  Sa valeur ne dépendra jamais que de toi.

    Mistress : On t’imagine trop juchée sur de hauts talons noirs, jupe brillante et sombre et fendue, on te raffole  dure, méchante, affirmée et forte, on aime  ta rigueur et ton effrayant courroux. Alors que toi, féminine et douce, tu sais comment s’infligent, en vérité, les plus cuisantes contraintes.

    Sado : Tu restes un insondable mystère pour tes contemporains. Ignoble vicieux, monstre froid, tu es cependant beaucoup plus proche du cœur qu’on le croit, n’est-ce pas ? Il te faut être d’une grande sensibilité pour infliger la douleur, la vraie, la juste, la bonne. Tu es un pervers rare, Sado. Peut-être un pervers vrai.  

    Maso : Hypersécréteur d’endorphines, drogué à l’adrénaline,  monopolisant l’attention, tu te vautres avec entêtement, tu imposes tes exigences,  tu vises l’intensité et surtout rien de moins.

    Doll: C’est toi, Poupée, la plus versatile de toutes. Tu promènes tes rondeurs roses ou  tes frous-frous dorés avec la nonchalance d’un bel animal. A l’affût d’un ascendant.

    Daddy : de tous les maîtres, tu es celui, le seul, qui jamais ne rechignera à changer une couche.

    Primal : Panthère un peu pelée, nonchalamment juchée sur une haute branche ou musaraigne aveugle armée de ses seules dents, il te faudra réfléchir aux deux faces de ta même pièce, aux faiblesses que tu caches, et en faire tes forces.

  • Une chatte d'activités

     

    Mes chers pervers, doux soumis, sale maso.

    Avez-vous déjà feuilleté l’un de ces livrets qui proposent aux plus petits d’exercer leur sens du toucher sur des surfaces tour à tour rugueuse, douce, souple, dure, renflée, concave, brillante, mate, dentelée, velue, piquante, résistante, effacée, appuyant, caressant, tournant, frappant un peu, risquant un doigt timide, puis une paume joyeuse, passant avec envie à la sensation d’après, repassant  à la fin sur les premières pages, ou la préférée ?

    Repenses-y.

    Je ne t'embrasse pas, je pique (un peu).

     

     

  • Domino: 3000.-

    Vous évoquez la prostitution.

    Des rendez-vous à  Milan, Nice, Genève, Paris, Tanger.

    J’y devine, je me trompe peut-être, des inconnus ayant négocié votre venue.

    Voyageuse silencieuse au gré de mystérieuses sollicitations. Petite valise.

    Vous êtes brune. 

    Vous avez cette peau fine et tendue des gens qu’on a envie de démonter.

    D’ailleurs c’est cela qui donne tant envie. Non pas la forme de votre poitrine, naturelle, un peu affaissée, un peu tombante, aux aréoles larges irrégulières, aux tétons étrangement longs sur des seins menus.  Des seins dont vous vous préoccupez peu et qui justement émeuvent. Des seins qu’on peut frapper, tordre et marquer. Non pas la taille, étroite qui de dos se creuse douloureusement de deux profondes ouïes  dans lesquelles le poing, la pogne se logent.  Non pas le dos élargi ou les cuisses nerveuses mais cette envie qui nous prend  en voyant vos os fins sous votre peau brune tendue de vous démonter, de vous disloquer, de vous scinder en deux. De vous tuer. D’être le dernier à vous prendre. Le dernier à disjoindre vos jambes. Le dernier à écarter votre cul. Le dernier à vous saigner. Le dernier à vous mordre, vous mordre et vous mordre encore. D’être celui qui aura raison de votre fragilité. Celui qui vous cassera. Vous faire mal.

    Pourtant vous n’êtes plus jeune, si vous l’avez jamais été. Vous êtes sans âge, sans marque. Vous scandez votre propre temps. A nous qui épousons de très jeunes putes pour qu’elles se conduisent en épouses, vous offrez le plaisir trouble d’une épouse qu’on paye à faire la pute.

    Vos attentifs silences tarifés impressionnent. Point de ces Cum Cum Baby oh Baby distants dans le blanc des yeux, la bouche peinte épaisse qui avance. La vôtre aux lèvres fines est aussi close que vos yeux sont grand ouverts.  Vous êtes là tout entière, silencieuse présence pénétrée et tordue. Votre nez morve. Votre chatte s’assèche et se mouille. Votre cul résiste. Votre bouche bave. Votre mascara coule. Cette peau fine tendue sur vos os. Vous êtes vivante, dame payante.

  • Annales

    Il y a celle, très égoïste et très généreuse, qui part sans se retourner, et qui pourtant ne laisse jamais.

    (une jolie sage)

    Il y a celle qui interminablement attend, sa beauté changeante et intacte, obsédée  d’elle à force de s’oublier pour d’autres, qu’enfin l’on voie ses désirs

    (une pute)

    Il y a celle qui ose tout. Moineau sans attrait et pourtant attirante tant elle est sans malice, offerte à qui la veut sans le moindre recul, étonnante d’audaces inconscientes. Un con, c’est tout.

    (une bourge infidèle)

    Il y a l’entre-deux, qui s’enlève à date fixe des années qui ne regardent qu’elle, aux seins trompeurs et à la chatte alerte, qui supplie qu’on l’approuve, qui supplie qu’on la voie, encore un peu.  Encore un moment.  Je vous en supplie, pas déjà.

    (une vieille, coincée)

    Il y a l’épouse, con comme un balai et seins comme des pastèques.

    (une MILF bien lourde)

    Il y a la changeante, la vraie Gouttière, qui retombe sur ses pattes et disparaît silencieusement, qui s’enfuit par les toits, ne se blesse jamais, et qui un peu plus loin, à chaque fois, se fait adopter.

    (une innocente)

    Il y a la sudiste, brillante et gouailleuse, tendre et laiteuse, plume concentrée de féminité éclatante, qu’on entend sourire même quand elle gueule.

    (Une belle)

    Il y a celle, clinquante, élancée, racée et élégante, fine, intelligente, courtisée, et sûre d’elle, et noire noire noire en dedans.

    (une laide belle)

    Il y a celles qui cherchent, toutes, à frotter leur jeunes chairs à qui saura les aimer, les aimer toujours.

    (une jeune un peu salope)

     

    (une déjantée)

  • La peau du cul

    Je dispose la serviette étendue sur les reins de mon client et je me tourne pour verser dans mes mains l’huile tiède dont je m’apprête à enduire son corps vieillissant. Mes mains se font pressantes et tantôt légères pour malaxer son cuir tanné, ses bourrelets qui frémissent sur mon passage, ses flancs avachis et ses zones malmenées par le temps et la gravité. Les muscles que l’on devine sous la couche flasque racontent cependant une autre histoire, celle d’un passé fier, dont il ne doit pas avoir réussi le deuil complet s’il est ainsi arrivé jusqu’à moi.
    Ça doit le travailler, que je le sente. Il ne se détend pas beaucoup, cherchant à se présenter sous son meilleur jour, il s’étudie encore, puisant un peu de ses restes de séduction pour donner à notre rapport un semblant de normalité. C’est souvent le cas, lorsque je masse, rares sont ceux qui, forcés de demeurer immobiles, parviennent à prendre sans donner.
    C’est le moment que je choisis pour ôter la serviette, révélant ses fesses molles et ses cuisses légèrement ouvertes. J’empaume ses globes, leur donnant un mouvement circulaire, écartant à intervalles lents la raie de son cul sur un fouillis de poils. Je sais que je tire là sur des envies étranges, inavouées, enfouies. Le prétexte ambigu du massage baisse bien des barrières. Rares sont ceux qui stoppent ma main à ce stade où, délibérément, j’efface de mes paumes leur séduction, leurs attraits, négligeant leurs boules qui se ramassent sur elles-mêmes, pour à la place observer posément le sillon de fesses impuissantes. M’attarder du regard, sans un mot sur leurs entrailles affleurantes. Leur pudeur provoquée accélère un peu leur souffle, à moins que ce ne soit l’embarras d’une excitation à contretemps. Que vous veut-elle, l’inconnue silencieuse qui écarte vos fesses? Que cherche-telle à démontrer, à analyser, à prouver ? A diagnostiquer ? A provoquer ? Que voit-elle dans votre abandon immobile ? Une invite ? Un jeu de pouvoir ? Qu’êtes-vous, un patient ? Un client ? Va-t-elle se moquer, ou caresser de ses pouces huilés votre anneau vierge ? Oh merde, vous allez aimer ça, pas vrai, vous allez adorer ça. Vous allez avoir envie qu’elle enfonce ses doigts fins et huilés jusqu’au fond, d’un coup, comme dans du beurre, jusqu’où elle voudra, Oh, surtout tout ce qu’elle voudra, jusqu’à toucher à travers votre ventre la verge tendue et pressée contre la table. C’est ça que vous voulez-voulez pas, et que la peau de vos couilles me raconte mieux que vous.

    Celui-là, je le retourne et glissant une main sous la serviette revenue à sa place, les yeux dans les yeux, je le branle. Bien fort.

  • Domino - La page sic

     

    Longtemps j’essaie de garder pliées du mieux possible mes monstrueuses ailes asymétriques, déséquilibrées, un peu cassées au bout et pelées par endroits.

    (L’un arrive, me place sur un tas d’ordures dont il me parle comme d’un château et me dit « vole ».)

    Je rencontre un château, très haut et très grand, fait de tas d’ordures, de toutes ces choses que l’on rejette avec horreur et dont personne ne voudrait, où se sont réfugiés d’autres ailés, qui du bout de leurs appendices pervertis tentent de se toucher les uns les autres.

    Je regarde les miennes d’ailes, floues et malhabiles. Je ne voudrais blesser personne avec. Je voudrais les déployer, le déplier, les regarder en face, les lisser. Peut-être un jour quelqu’un les aimera. Peut-être un jour quelqu’un, quelqu’un qui n’essaiera pas de les repasser, de les voler, de les détruire, quelqu’un les aimera. Peut-être que, un jour, mon reflet les aimera, comme moi-même. Un reflet qui ne fera pas peur. Et je pourrai alors m’envoler, sans me retourner, pour toujours.

  • Domino - Black swan

    Je ne crois pas connaître cette planète, ça me plait juste de vous en parler parce que cet endroit me fascine. Mais je ne l'utilise pas pour séduire, je crois, ou être séduite. Du moins pas comme vous l'entendez.

    Ici, les gens, femmes ou hommes, exposent crûment leurs désirs, leurs envies. Ils se retrouvent autour de penchants qui pour certains sont illégaux dans d’autres pays. Ils se retrouvent autour de, je crois, une même particularité: ces penchants font intimement partie d'eux, si intimement partie d’eux qu'il leur est difficile de vivre sans. Qu'il leur est pénible de vivre une relation sans. Je ne sais pas si vous trouverez ici beaucoup de femmes qui, simplement, sont malheureuses en ménage.

    Pour la plupart des gens que j'ai pu croiser et qui sont des frères et sœurs de vices (quand bien même je ne vivrai les miens qu'en privé), ne pas vivre, ne serait-ce qu'entre parenthèses de normalité, ces vices qui sont des parties d'eux mêmes, refouler cela est impossible. ça les tuerait.

    Je n'ai pas été repoussée lorsque j'ai finalement parlé avec l'homme qui partage ma vie de ces choses là. De cela, je lui suis infiniment reconnaissante. J'ai été et je suis encore, bien que le quotidien nous soit défavorable, accompagnée dans ces chemins si personnels par celui qui partage ma vie, et de cela je lui suis infiniment reconnaissante. Si cela n'avait pas été le cas, j'aurais dû, alors peut-être, choisir entre les vivre ailleurs ou mourir doucement.

    Je ne sais pas si je peux réellement vous aider à séduire une femme ici. Je sais que, ici, vous trouverez des femmes bien particulières, qui ont en elles ce petit quelque chose qui est elle et qui ne peut pas ne pas être vécu. C'est cela qu'elles exposent ici. C'est cela qu'elles verront ou pas en vous, la possibilité de vivre avec vous ce chemin particulier dont la recherche leur est devenue nécessaire. C'est cela qu'elles regarderont chez vous: ce petit quelque chose qui est vous, et qui ne peut pas ne pas être vécu.

     


  • Domino - La corde à flotter

    La grande femme brune est peau-nue, lovée, presque recroquevillée dans un fauteuil placé dans le coin le plus sombre. Elle a ramené ses jambes contre elle, sous elle. Ses genoux frôlent sa poitrine. Une lanière de cuir brun, épaisse et large, comprime son corps, passant entre ses jambes, sur le sexe nu, sous le renflé des fesses, par-dessus les seins frileux, autour des bras, souligne le cou. Une ligne sur le ventre et jusqu’aux creux de la gorge sert de colonne à l’entrelac sévère de peau tannée, tournant de temps en temps dans des anneaux silencieux de métal argenté. Elle n’a le droit ni de bouger, ni de toucher, à peine de respirer. Il lui est défendu de fermer les yeux.

     

    Devant elle et sans paraître la voir, toute la soirée, des hommes, des femmes, habillés de noir, de cuir, de dentelle, de latex, de talons, de costumes stricts, de vinyle, de pièces dénudées, de cordes et de leurs seuls désirs vont parader, se succéder, danser, crier, jouir, mordre, frapper, attacher, contraindre, pénétrer, heurter, fouetter, branler, sucer, étreindre, siroter, ignorer, murmurer, rire, prêter, paraître, boire, manger, parler, gémir, ahaner, mouiller, bander, caresser, ramener, trainer, tordre, se révéler, laisser, sortir, entrer revenir, repasser, se tenir, secouer, promener, des heures.

    « Longtemps je me suis imaginé ce moment. Longtemps je l'ai guetté, mais ce froid, le froid dedans, l’inconfort, le dos qui tire, le cuir qui entre dans la chair. L’impression atroce de n’être pas à ma place. L’horreur des gens nus près de moi. Je n’ai pas envie de la chair des autres. La mienne m’encombre déjà assez comme ça. Comment font-ils, comment font-elles avec la chair des autres, avec les autres chairs? Avec les souffles et les désirs des autres, des inconnus? En faut-il, de la douceur, pour se glisser parmi les autres. Pour se glisser parmi les femmes. Il n'y a pas, pour être enfin la femme en soi, de modèle d'emploi. Comment font-elles ces autres pour être la femme qu'elles sont? La femme douce qu'elles sont?"

     

     

    "Je ne veux pas être choisi. Je veux être préféré".

    (Monsieur Gide, Monsieur André)

  • Domino - la femme dans son reflet, toujours

    Quand ils rentrent, fatigués de leur soirée, il lui ouvre la porte et s'efface pour la laisser entrer. A l'intérieur, les deux mains sur ses épaules, il lui ôte son manteau et soigneusement, le suspend dans la penderie qui jouxte le salon.

    Le baby-sitter amusé suit leur manège en prenant un peu de haut leurs attentions mutuelles de vieux couple machinalement uni mais accepte pourtant vite l'offre galante de s'épargner la pluie à bord de la confortable voiture noire.

    Restée seule éveillée dans la maison redevenue silencieuse, elle abandonne ses talons en bas des escaliers.

    Monte dans la salle de bains.

    Se dévêtit lentement, en fixant le reflet de la grande glace.

    Se regarde, sans trop se voir nue. Debout, elle ferme les yeux.

     

    "Je le sens arriver de son habituel pas de loup alors que j'enjambe la baignoire.

    "Arrêtez", dit-il dans mon dos.

    Je me fige.

    Je l'entends déplacer des objets. Pas longtemps.  Il ouvre un tiroir. Toujours précis.

    "Baissez votre petite tête". Je ne l'ai pas entendu approcher. Il a dû ôter ses souliers.

    La brosse douce, la vieille brosse de grand mère qu'il fait glisser sur mes cheveux, doucement, légèrement. Je m'arrange un peux mieux, assise nue sur le bord de la baignoire vide et immaculée, les pieds posés au fond, mes ongles rouges qui tranchent sur le blanc. Il déteste cela, que je vernisse de couleur les ongles de mes pieds.

    Sauf une fois. Après un long bain où la peau de mes doigts avait détrempé, il m'avait séchée, tamponnée, puis sorti un petit pot d'un rose guimauve, dont il avait soigneusement orné les ongles de mes orteils. Un vernis de gamine. Cela avait paru beaucoup le satisfaire.

    Pendant que je bouge, il interrompt le mouvement de son bras. Son parfum s'est épicé au cours de la soirée. Il sent le bois, le fourré, le secret. Je raffole de ses chemises portées, de l'odeur de ses poignets. Du soin qu'il met à ajuster ses boutons de manchettes. Les matins où il part de la maison, je traîne entre les draps, je le regarde s'habiller, de loin, choisir en les égrenant parmi les chemises pendues par couleur, ouvrir les boîtes où il entrepose les pièces de métal, de céramique ou d'argent, élégantes, qui viendront refermer sur ses poignets, comme on clôt le cercle de menottes,  les pans raidis de ses manches amidonnées. J'observe les plis de ses pantalons sur son aine lorsqu'il retraverse la chambre, jusqu'à la salle de bains où il finira de parfaire son apparence soignée. Quelquefois, rien que pour le geste, j'aimerais qu'il fume. Qu'il sente ce que sentaient les papas d'avant, cette odeur de blonde mélangée aux barbes, les yeux rieurs plissés sous le filet de fumée.

    Je ne me suis pas rendu compte qu'il a fini de me brosser. Maintenant, il a rassemblé mes cheveux et les roule sur ma nuque, pour former un petit chignon lâche dans lequel il tord une longue épingle vernie. Il caresse mes épaules de ses mains chaudes. Je tourne légèrement la tête: il a relevé ses manches.

    Le jeu m'oblige à ne bouger que s'il me le demande.

    Il reste silencieux, la respiration calme, debout dans mon dos. J'ai froid. Je sais qu'il le sait et qu'il attend exprès.

    Nous nous connaissons trop pour que je puisse l'abandonner à ses envies, et m'abandonner aux miennes. Mon obéissance trop forcée ne me conduit plus jusqu'à l'inconscience de ce que lui veut. Il ne sait plus m'amener jusqu'à moi. Je reste attentive à lui, à sa rupture à lui, à son plaisir à lui.

    Il y revient pourtant, malgré ce contrôle que je conserve, déçue à chaque fois de ne plus retrouver ce chemin vers nous, vers cet état particulier qu'il aime, qu'il appelle, qu'il recherche, et qu'avec moi il n'atteint plus jamais.

    Je ne sais plus quel plaisir il y prend, lui qui ne se l'accorde qu'une fois qu'il peut respirer les tréfonds des âmes. La mienne semble lui rester close.

    Je sais ce qui va suivre. Je sais qu'il va rechercher mon point de rupture, qu'il va par ses mots, par les douleurs et les plaisirs, tenter de m'y conduire. et je veux bien, encore, essayer.

    Je l'aime, le serpent. Il ne m'hypnotise plus.

     

    J'entends sa ceinture et me prépare à sa morsure.

     

    Au lieu de cela, un jet puissant vient frapper mon sein gauche et aussitôt l'onde bouillante, piquante, odorante et dorée vient baigner abondamment mon sexe entrouvert.

     

     

     

     

     

  • A Princess of Mars

    a-princess-of-mars-patrick-anthony-pierson.jpg

    "A 36 ans, ayant compris qu’il ne ferait jamais fortune comme marchand de taille-crayons, Edgar Rice Burroughs entreprit d’écrire des romans. Le succès fut immédiat, et ses aventures de Tarzan furent portées à l’écran. L’acteur qui incarna l’homme de la jungle était Johnny Weissmuller. Enfant, celui-ci avait contracté la polio et s’était refait une santé en pratiquant la natation – pour devenir cinq fois champion olympique dans la discipline ! Ces deux destins croisés seront tes modèles dans les semaines à venir, Gémeaux : le moment est tout indiqué pour transformer tes échecs en victoire.

    Poutous,

    Rob."40395.jpg

     

     

  • Dehors, tu vas avoir si froid

    "La nuit dernière, j'ai rêvé que je retournais dans le libérinthe.

    Un dédale sans fin de portes de sortie.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    (Prisonnier de non-choix, submergé de possibles, j'errai la nuit durant, me saoulant d'infinis)"