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mars

  • gazing into each other's eyes

    Is that what you want? Only being fed?

    Putting the same bell around another pen's neck/ ringing when food arrives?

    Being unmoved cocks on the same dunghill/

    Enjoying the daily-feed?

    All what you're about to feel has the same taste (attention spoiler) :

    coockie.

     

    (warning: "gazing" is a RSS ATOM Google +  Google Analytics *Eat me I'm a Cookie*  Feel or be fed sponsorized post)

     

     

     


  • Le monsieur qui savait qu'on ne mourait pas d'être ce qu'on était

    "Je m’appelle ZORG et j’ai 47ans. J’ai été précoce, surtout pour devenir orphelin de mère.

     

    Je passe parfois pour un aventurier. Pourtant si être un aventurier c’est sortir de sa zone de confort je ne suis qu’une lavette. Passer la totalité de ses vacances d’enfant et d’adolescent dans des campings, y compris l’hiver, ca te fait grandir la zone de confort, je te le dis. Cela te donne de bonnes dispositions pour passer une nuit de décembre sur des filets de pêche mouillés entre Tanger et Tétouan, une bannette de chalutier recyclée au milieu d’une tempête du Pacifique ou encore un anorak jaune dans un refuge d’altitude couvert de neige à la frontière Italienne.

     

    Dans le métro j’ai la chance d’avoir le nez bien au dessus des aisselles des travailleurs immigrés et je travaille depuis 23ans pour reboucher le trou de la sécurité sociale. Je dois cela à mon père qui m’a légué un physique de montagnard et m’a enseigné un énorme manque de confiance en moi, croyant œuvrer pour mon bien en ne me faisant jamais un compliment ou une marque de tendresse. Aujourd’hui encore j’ai encore du mal à dire non sans donner d’explication et recevoir un cadeau me semble anormal.

     

    Heureusement pour moi je pense vite, je suis prétentieux  et j’ai le goût du luxe, de l’élégance et du raffinement que j’ai appris par l’absurde durant la première partie de ma vie. Je voulais une Ferrari comme cercueil à 27ans juste pour faire plus cher et plus vite que James Dean (mais je n’ai pas un prénom qui commence par « J » !). Je suis bien trop dans le contrôle pour admettre quelque sorte d’addiction que ce soit et si je fume parfois pendant quelque mois, c’est pour le plaisir de vaincre le manque par l’esprit quand mon corps s’est habitué et que je décide d’arrêter. Si j’ai réussi à sortir en tête de mes études, c’est uniquement par fierté et parce que je n’aimais pas les chemises à carreaux et les jeans de supermarché de mes camarades de classe.

     

    A 38 ans je ne possédais rien d’autre que mon intelligence au dessus de la moyenne, quelques costumes mal taillés et l’illusion d’une vie parfaite. Je croyais que réussir sa vie c’était avoir un foyer, être aimé par ses collaborateurs, posséder une maison et avoir 357 amis sur Facebook qui n’existait pas encore. Je n’avais jamais joui dans la bouche d’une femme et faire 180 km en vélo était pour moi le plaisir ultime.

     

    J’ai le sens de l’engagement et j’ai appris à ne pas faire des réalités de mes désirs anticonformistes et rock’n roll, ce qui m’a permis de donner beaucoup et longtemps à la femme qui partageait ma vie et notamment 3 enfants magnifiques. L’atavisme biologique fut pour moi une réalité.

     

    A 40 ans un roi m’a félicité pour mon travail et une femme m’a fait jouir dans sa bouche. Ma femme a essayé de m’aimer comme je le voulais mais il était déjà trop tard et elle n’était pas douée.

     

    A 43 ans je me suis cassé la gueule et l’absurdité de ma vie m’a sauté à la gorge. Au fond la piscine mon pied a pris appui sur le sol et j’ai poussé très fort pour remonter à la surface. Toujours la fierté ! J’ai compris que je pouvais faire ce que je voulais sans mourir sur le coup et j’ai cru que  « complicité sexuelle » était synonyme d’ « amour ». J’ai pris confiance en moi et j’ai accepté d’assouvir mes envies. J’ai renoncé à être aimé de tout le monde et paradoxalement c’est à ce moment-là que j’ai commencé à entendre « je t’aime ». Je n’ai pas répondu. J’ai acheté une maison, puis quatre autres. Je suis devenu un solitaire riche, vivant en bande et baisant à tout va. C’est là que j’ai commencé à m’ennuyer.

     

    A 47 ans je suis tombé amoureux d’une femme qui sait m’aimer sans réfléchir. Rien qu’en existant telle qu’elle est elle me donne plus que toutes les autres réunies en s’appliquant. La sexualité exclusive s’est imposée à moi et pour la première fois je me lance à l’aventure. La vraie. Je quitte ma zone de contrôle pour me lancer à corps perdu dans cet amour qui éclaire ma vie.

     

     

    Chère mars,

     

    Brillante tu es je confirme. Et aussi lucide et forte comme seule une femme peut l’être. Je vous envie pour ça, vous les femmes. Pour ça et pour votre capacité à jouir plus que moi.

     

    Boires des verres ensemble impliquerait de devenir des humains l’un pour l’autre. Va falloir m’en donner envie. Une simple photo de tes seins ou l’espoir de l’odeur de tes aisselles sur ma peau ne sont plus des arguments recevables à ce moment de ma vie. Par contre ton intelligence, tes tripes et les montagnes peuvent me faire tourner la tête. Si ça marche et qu’on décide de boire des verres jusqu’à ce que le jour se lève, tu ne pourras alors pas m’empêcher de te toucher et te prendre dans mes bras : je suis comme ça ! Tu ne pourras pas non plus m’empêcher de te parler d’Agnès…"

     


     

     

     

  • Un petit problème d'Oddiction

    "Détends-toi.

    Détends-toi et bande.

    Bande encore plus. Toute molle,

    toute sauf juste un petit bout. Mouille encore.

    Mouille encore, si tu la veux ton histoire sale.

    Laisse-toi faire.

    J'adore ma poupée

    Entre.

    Baisse la lumière.

    Non

    Répète

    Es-tu prête ?

    Dis-le

    Recule.

    Ne bouge pas.

    Calme-toi. Là, c'est fini. Shhh...Calme-toi

    Demande.

    Branle-toi. Devant moi

    Donne.

    Montre

    Prépare-toi.

    Prends

    Je te défends de jouir

    Tourne

    Je t’enculerai. Plus tard.

    Obéis.

    Lape.

    Va chercher ton jouet

    Ecarte

    Tu es belle

    Avale.

    Serre

    Empale-toi.

    Reste exactement comme ça.

    Ma salope

    Plus.

    Tu ne m’intéresses pas

    Penche toi

    Viens ici.

    Mieux que ça

    Mieux que ça, ou c'est la raclée

    Encore

    Dis-le

    Lèche

    Tu as mal

    Mords

    Tais-toi

    Ta bouche. Plus grande.

    Tu

    ne

    contrôles

    pas

     

    Parle

    Je vais te travailler. Longtemps.

    Tu branles et tu suces comme une reine. 

    Tu aimes, n'est-ce pas, être elle

    La bête a le regard noir de fond des seuls yeux clairs. La bête a le ton léger des hommes obéis. La bête secoue la tête quand elle mord. Les sons de bête libèrent des plaisirs retenus. Les pattes de bête sont de celles qui attirent tant elles n’ont rien d’un piège et tout d’une place. Une place de poupée.

    Tu as été magnifique

    On ne prête pas sa poupée.

     

     

     

     

     

  • La galerie des garces

    Et aussi le gentil misanthrope obèse et son cache col,
    l'excitée quinquagénaire sans culotte sous son corset,
    28 ingénues fessables qui se taisent au moment des examens et les 8 sexagénaires belges assortis dont le vieux bout suinte à la vue d'un fessier sans bouloche 
    52 ingénues à la quarantaine passée. Pauvres chéries, mes sœurs.
    Le grand dadais femelle et ses flancs lisses sans enfant qui renifle la carte Gold depuis l'autre côté de la frontière.
    7 maîtres autoproclamés éconduits par la même.
    Les memes, mememouille, memechtouilles memetrouilles

     Le dendi qui n'osera jamais ouvertement être gay et qui se fait des plans à trois en soupirant après les chibres de ses complices.
    Les chibres de ses complices, qui jaillissent de leurs slips, écrasés à la base pour paraître plus gros.
    1 amateur de cuir surtout sur les godasses et sur les lanières parce qu'il faut bien. 
    1 vieux professeur de lycée privé en velours, qui tous les quinze jours tombe en amour, rêve de chasse à courre, et s'est fait rosser chaque fois qu'il a levé la main.

     
    Un troupeau de muses perchées sur des Rabbit comme des buses sur les clôtures au bord des autoroutes.

     

     

     

  • Pour moi ce sera une assiette avec du jambon et puis des rillettes

    "Mais non, on ne te plonge pas dans du latex bouillant enfin! Non. En fait le latex curieusement c'est un liquide frais, dont on peut s'enduire directement et qui devient complètement translucide en séchant.

    - ...

    - Si tu veux, la sensation, je dirais que c'est un peu comme de la crème fraîche. Alors un type est venu et m'a étalé ça sur la peau, depuis le cou jusqu'au pubis.

    - Tu t'es fait masser les seins avec de la crème fraîche.

    - Tu es bête. Mais non, c'est professionnel. Pas exempt de sensualité, cependant. Il y a eu des regards, forcément. J'étais nue.

    - Tu t'es fait masser les seins par un type avec de la crème fraîche.

    - C'était une expérience unique. Tu ne comprends rien.

    -...

    -... Bon et après une fille s'est approchée et m'a demandé si elle pouvait me talquer."

     


     

     

  • domino.- Envol, le Monsieur Noir

    le livre dans lequel je me  suis plongée au décollage renferme des mots tellement vivants que je ne prends pas tout de suite le temps de détailler l'homme dont la compagnie m'est imposée durant ce voyage. Le passager. 

    Avez vous remarqué la douceur, toute la légèreté de ce mot, passager?

    le bref chemin, comme un souffle, qu'il révèle?

    La double consonne, 

    la langue qui de sifflante se fait douce,

    l'alternance du s et du g dans ce mot qui renferme lui aussi tout un monde de calme: sage,

    le é qui relève ce qui est incarné? 

     

    Ce monsieur qui accompagne mon voyage exhale un parfum de bois, de feu fort et de cendre fumante

    Ses poignets ont, je l'ai dit déjà? la finesse des attaches princières

    La peau brune qui se révèle lorsque la manche se tire

    la cuisse nerveuse, prise dans le pantalon de jean

    La poitrine large et puissante qui se soulève au rythme de la calme respiration

    Le ventre, ferme, un peu creusé

    Notre double respiration, parfois lorsque je prends son pas juste pour voir s'il va me convenir

    de l'entrebaillement de la chemise subtilement ouverte au repassage soigné se dévoile un triangle aussi étrangement attirant de peau sombre et de poils blancs. 

    La toison fournie appelle une main perdue, enfouie, ou deux doigts, passés dans l'ouverture laissée, pour caresser de la pulpe le rêche blanc et le doux noir. 

     

    Je prends soudain conscience, de manière étrangement aigüe et honteuse, de l'indécence de ma cuisse à quelques centimètres de la sienne gainée de jean, de la honte de mon sexe, entrebâillé si près de l'endroit où repose son sexe, le gonflement de son sexe reposant contre sa cuisse, sous le jean. La chaleur que j'imagine de son sexe au repos, un peu gonflé, posé contre sa chair noire, son sexe courbé, présenté sur le coussin dru de sa toison noire et sel. Sa taille étonnante, bien qu'insollicité. Ce gonflement qui n'en est pas un me fascine, m'attire. Mon regard passe du triangle de peau à l'odeur de feu boisé au gonflement bleu du tissu à son entrejambe. Je me surprends à me demander si l'odeur de la chair entravée est aussi forte que celle de la chair exposée. Plus concentrée, peut être. insupportable de douceur. 

    Le profil est ferme, les traits, comme le reste des contours, fins et bien dessinés. J'observe son visage à la dérobée et son entrejambe éhontément. Que va-t-il penser de la femme banale qui fouille son sexe, dévore ses poignets du regard, le humant de ses narines dilatées pour ne perdre aucune molécule du ballet olfactif qu'il déroule sans bouger ?

    Le déplacement de sa main, de son bras est lent et majestueux. Attentif, ou du moins c'est ainsi que je le ressens, à ne pas me heurter, ne pas empiéter sur mon espace, mon terrain, ma quiétude, l'onde de ma chaleur. Peut-être m'a-t-il remarquée, bien que j'observe une immobilité rigoureuse. Peut-être m'a-t-il vue. Peut être observe-t-il, sans que je le voie m'observer tant je me suis retirée tout entière, attentive aux sensations que sa récente présence invoque dans le creux de mon plexus, ma nuque, dans mes paumes.

    Je remarque soudain, sur sa cuisse, sa main posée, aux doigts étrangement écartés. 

  • Waist(ing) your time around my dreams

     

     

     

    "que fais-tu du temps qu'il te reste?"

    "j'aimerais avoir le droit d'aimer, comme on aime quand on ne se pose pas de question, tous, toutes. N'importe qui. Si fort. Sans lien, sans rien. Juste aimer, de tout m.n coeur, sans retour. S'il vous plaît."

    "J'ai fait le tour de la vie"

    "Puis-je partir?"

    "Quand on aime il faut partir", dit le bon Bl)-.aise, sans savoir, du haut de son mètre quatre vingt et ses quatre vingts kilos. 

     

    "je veux des bras autour de ma taille". 

    "Je veux le temps des bras, fort, autour de ma taille"

    "Je veux (me)perdre tout mon temps des bras autour de ma taille"

    "je veux des cheveux sur mes cheveux, des mains sur mes mains, des bouches sur ma bouche, des coeurs sur les m(a)i(e)ns"

    "je ne suis pas contre me faire inclure, a-culturer, (dé)naturer, (redé)faire, (perdre)durer"

    Je ne veux plus -{laisser}- l(')ire.

     

    je veux La douceur, le silence, les mots et le Noir. 

    Et les prières des petites filles pour ne jamais qu'on m.eur-e.

    mmmm...There would be no better place


  • Chieuse

     

    C'est une très jeune fille. Peut être quinze ans. Elle est nue dans une minuscule clairière, sous des chênes liège, les genoux dans la terre meuble et les feuilles découpées. Elle tend sa croupe à un aussi jeune, un gamin, incapable de la déflorer, mais qui massacre son cul avec un bel entrain. L'ouvrant à sec, la déchirant. Une tuerie. Plus haut sur la route qui fait des lacets, elle voit un homme, dans une voiture blanche, arrêté, qui les regarde. Elle ne songe ni à se libérer, ni à partir, ni à l'obscène de sa posture et de sa situation. Une enfant sodomisée par un autre dans une clairière, sous le regard d'un conducteur de Citroën. 

    C'est un tout jeune homme. Peut être 17 ans. Il n'a pas donné son vrai prénom à la très jeune fille qu'il n'a pas réussi à déflorer, ni ne lui a avoué qu'elle était la première à se mettre nue pour lui, à le caresser, à se donner ainsi à lui. Au contraire, pour l'avoir, pour l'impressionner, pour se rassurer, il lui a longuement parlé de son expérience avec des femmes plus âgées, plus féminines, plus désirables. Il lui a dit qu'elle ne savait pas s'y prendre, qu'il lui apprendrait comment une femme s'occupe d'un homme. Comme il n'a pas réussi à pénétrer sa chatte, fermée sous la douleur et l'inconfort, il l'a persuadée de lui donner son cul, plus souple, moins vierge, forcément. Son père lui a expliqué que ce sont les muscles les plus puissants du corps, ceux qu'il s'apprête à forer. Que la merde reflue sous la poussée de la queue. Il est paré. 

    Il ne peut pas ignorer qu'il l'ouvre en deux, mais c'est plus fort que lui. Il l'attrape et pousse, pousse jusqu'à s'engouffrer en entier et là, il la secoue comme une poupée, indifférent à la souffrance dégueulasse qu'elle supporte pour lui. Ou pour elle. Pour ne pas qu'il la repousse, pour qu'il la garde avec lui. 

    La très jeune fille ne se rend pas compte du pouvoir qu'elle est en train de prendre sur les deux hommes qui la regardent l'oeil rond, celui dans sa voiture, fasciné, et celui qui la prend et qu'elle est en train de marquer pour toujours. Bien plus profond que lui la marque, elle. La douleur qu'il lui inflige, c'est cela qui marque. La douleur qu'il a été capable, à cause de sa queue, de lui faire subir. 

    Personne ne sait bien combien de temps ça dure. Il y a juste la sensation, dégueulasse. Vraiment dégueulasse, d'avoir les entrailles retournées, mises à vif, la sensation de se casser. De part et d'autre de ce beaucoup trop jeune trou de balle, c'est tout aussi inoubliable, pour de mauvaises et différentes raisons.

    Le gamin lâche pour la première fois de sa vie son foutre dans le jeune cul. Il ne s'est même pas protégé. Il ne l'a, elle, même pas protégée. Bien que le croyant plein de femmes, elle n'a pas osé, de peur qu'il la laisse lui aussi, lui imposer. C'est le premier. Elle ne sait rien.

    Le gosse se retire. La queue recouverte de merde bien échauffée par ses va et viens. Il n'arrive pas à y croire, se jette, pris de hauts le coeur, sur un tas de feuilles pour les frotter. Indifférent à la fille recroquevillée, dont le cul bée encore, et qui se tâte du bout des doigts pour évaluer les dégâts faits à sa chair. Elle saigne. Elle saigne de partout. Même un peu du genou. 

    Mais c'est pas grave. Parce que l'horreur, ce n'est pas ce qu'elle vient de vivre. La honte, ce n'est pas qu'un gosse ait défoncé la virginité, l'innocence, et très durablement l'aptitude au plaisir d'une femme naissante. L'horreur, la honte, c'est la merde sur sa queue. 

    Alors elle lui demande pardon pour son cul. Pardon pour sa chatte rétive, pardon pour sa merde. Et gentiment, lui répond, l'oeil à moitié fou: c'est pas grave. 

     

    C'est quoi, un an après. La gamine, décidément douée pour se faire du bien, est partie loin de chez elle histoire de prendre l'air en vérifiant qu'on tient à elle. C'est non. Personne n'est venu la chercher. Ni sa mère, ni l'un de ses pères n'est monté dans une bagnole pour venir la chercher, la serrer fort, la mettre en sécurité. A la place, on lui a ordonné de revenir. Bien contente que ce soit pas entre deux gendarmes. C'est la première fois, elle ne sait pas.

    Du coup, elle revient. En train. De nuit. ça n'a pas loupé. 

    Il est arrivé pendant qu'elle dormait, seule dans un compartiment de 6 ou 8 places assises. Elle était en jean, sur le ventre. Dans son rêve, elle a senti une main qui la touchait, effleurait ses reins, sa raie, son entrejambe. Juste un effleurement. Quand elle s'est réveillée en plein, elle était excitée. Ce n'était pas la sensation de danger qui l'a sortie du sommeil. C'était le plaisir naissant. 

    Quand elle s'est redressée, qu'elle a essayé de s'enfuir le type l'a balancée une ou deux fois contre les parois, histoire de la mater.. La touchant au passage. Levant la main. Il devait être bourré, parce que quand elle a réussi à piauler faiblement, comme on crie dans un rêve sans émettre un son, il a eu un mouvement de côté et l'a laissée partir. Avec son sac. Dedans, les deux derniers volumes de Dune, achetés à l'aller. Elle les prêtera vingt ans plus tard et ils ne reviendront pas de sitôt. 

    Le contrôleur contre lequel elle se jette l'installe dans un compartiment "avec des femmes" où on dévisage la gamine de nuit qui n'a rien à foutre là. Il revient, un peu plus tard, dire à la cantonade: "le monsieur dans le compartiment que vous m'avez montré est endormi". 

    Fin de l'histoire pour tous ces messieurs. Une gamine seule dans un train. Normal.  

    La fille n'oubliera jamais ni le plaisir, naissant, ni le son de sa tête contre la vitre du train, ni surtout l'odeur de cheveu d'alcoolique du type sagement endormi dans son compartiment. 

    Deux ou trois jours plus tard, sa mère écoeurée par sa fugue la trouvera recroquevillée et hoquetante dans un coin. Elle entendra la confession de sa fille, pleurera un peu avec elle, ne s'excusera jamais de l'avoir obligée à ramper seule jusqu'à Canossa sur mer. N'en parlera jamais à quiconque. Ses autres repères en sont tous restés à la version plus sympa de la barreuse impossible qui fait vivre un enfer à sa maman. 

    Et puis il aura fallu un monsieur, un calme, un taiseux, un patient, et des siècles pour trouver le courage de lui ouvrir le bordel. Des siècles aussi à s'émerveiller qu'il aime sans se poser de question tout ce qui était vu comme noir, dégueulasse, pervers, déviant, hors norme, trop, toujours trop. Hors des clous. Son accueil suffit à consoler, laver, blanchir. Il prend tout, fort, longtemps. Il ne fait jamais mal. Il n'est jamais maladroit. Ses tripes savent. Sa queue aussi. Mêle si sa bouche ne sait pas le dire. Même si son coeur quelquefois ne sait pas qu'il sait. Ses tripes savent. Son coeur de bête. Son âme de bête. Mon royaume pour son chemin caché. 

    Et puis il aura fallu des longues files d'hommes écoutés, dans leurs pulsions, leurs désirs, leurs vices. 

    Et puis il aura fallu un monsieur, sans doute le dernier de la courte litanie, le dernier de ceux, hommes et femmes, qui auront compté, envoyé d'une morte ou même de plusieurs, pour raconter le sang et la merde, les poils et les humeurs chéris, adorés des hommes, parfois à leur insu, parfois dans de grands brasiers, parfois dans de grands embrasements, parfois avec horreur, parfois avec dévotion.  Un humain, un collectionneur, un recueilleur, pour lui dire de sa voix calme les hommes fascinés qui brûlent et soignent leurs idoles. 

    Et puis il y a un monsieur, sans doute le dernier de la courte litanie, le dernier de ceux qui auront compté, qui sans la toucher, en l'effleurant de son eau, l'accompagne avec douceur, avec ses mots à lui et dans ses mots à elle, pour les derniers mètres de ce chemin d'eau et de feu, d'air et de terre qui fait le tour d'elle-même. 

     

  • E tutta colpa mia

    Je suis coupable.

    Je suis coupable d’avoir des frelons dans le ben et de ne pas toujours avoir honte de les montrer.
    Je suis coupable d’aimer tous mes frelons. Et parfois ceux des autres.
    Je suis coupable d’avoir des fantasmes et de me branler avec.
    Je suis coupable d’être une branleuse de fantasmeurs. Plutôt un bonne branleuse de fantasmeurs, même.
    Je suis coupable d’avoir des tas de certitudes et autant de convictions. Je suis coupable d’en changer souvent. Je suis coupable d’être loyale.
    Je suis coupable d’avoir envie de choses que je ne veux pas connaître en vrai, et je suis coupable d’avoir envie que des choses se réalisent.
    Je suis coupable de trouver drôle et joli à la fois de montrer mon cul avec des lampions autour, et coupable aussi de trouver cela beaucoup moins drôle à d’autres moments. Je suis coupable d’avoir envie que d’autres trouvent ça plutôt drôle et joli un cul avec des lampions autour, et coupable de choisir mes autres.
    Je suis coupable d’avoir envie d’atteaser des hommes, des femmes, des cerveaux, et des cœurs.
    Je suis coupable d’y arriver parfois.
    Je suis coupable de ne pas aimer qu’on m’exige, qu’on me juge, qu’on me copie, qu’on me vole, qu’on me disperse ou qu’on m’aime mal et qu’on me lise. Ou qu’on me dise. Et je suis aussi coupable de tout l’inverse.
    Je suis coupable d’écrire. Beaucoup.
    Je suis coupable de tout faire de travers.
    Je suis coupable de me trouver prise en me laissant toucher tout en n’approchant personne.
    Je suis coupable d’être résiliente du pire et de ne jamais me remettre de détails.
    Je suis coupable de ne pas très bien marcher à basse température, cycle lent, et peut-être même low cost.
    Je suis coupable d’être très lâche et trop intrépide. Parfois dans la même phrase.
    Je suis coupable de choisir plusieurs fois par jour de partager ma vie, mes fantasmes mes envies, mes huiles, mes doutes, mes sourires, mes larmes et mes culpabilités avec le même, et je suis coupable de ne pas vous choisir vous. Je suis coupable d’avoir trouvé pour tout ce que je suis un accueil magnifique entre les mêmes bras, les mêmes oreilles et les mêmes cuisses. Je suis coupable de ne pas avoir été rejetée dans mes vices. Je suis coupable de ne pas avoir dû les rechercher ailleurs pour ne pas crever de ne pas être ce que je suis, et je suis coupable de ne pas en avoir, comme beaucoup d’autres, horriblement souffert.
    Je suis coupable d’être un combo de con-ass et de le montrer plusieurs fois par semaine de différentes manières et sur plein de supports.
    Je suis coupable de trouver normal qu’il y ait plus d’aiguilles dans les lits que dans les cœurs, plus de couteaux dans les alcôves que sur les champs de bataille, plus de cordes aux pieds qu’aux cous.
    Je suis coupable d’être émouvable, compassionnelle, empathique et je suis aussi coupable de m’en foutre complètement.
    Je suis coupable d’approuver l’existence d’un réseau social de pervers qui viennent avec leur surmoi parler de leur ça, cul nu si possible avec des choses fichées dedans. Je suis coupable de m’y sentir comme à la maison entourée de frères et sœurs, de pouvoir y être aussi débraillée qu’aux bruyants déjeuners de famille ou encore doucement blottie dans mon coin avec de la lecture.
    Je suis coupable de toujours préférer ma maison à moi.
    Je suis coupable de ne pas avoir envie de toujours tout partager.
    Je suis coupable de transparence. Je suis coupable d’opacité.
    Je suis coupable d’avoir plusieurs vies et aucune en double.
    Je suis coupable de n’aimer tendre la joue qu’à la condition que j’aie déjà offert tout le reste.
    Je suis coupable d’être paranoïaque à la demande et d’avoir plus souvent eu à m’en féliciter qu’à m’en blâmer.
    Je suis coupable de savoir faire parler ou taire ego, scrupules et même limites, je suis coupable de ne jamais tirer la première. Je suis coupable de ne jamais tirer qu’une fois.
    Je suis coupable de ne pas me cacher et de ne pas avoir envie qu’on m’expose.
    Je suis coupable de dire non, je suis coupable de dire stop, je suis coupable de punir fort.
    Je suis coupable de ne pas être fragile et aussi de l’être trop. Je suis coupable de ne pas être protégée et aussi d’être intouchable. Je suis coupable d’être enviée, jalousée, recherchée, ou trop aimée et c’est aussi de ma faute quand on n’en a strictement rien à foutre de moi.
    Je suis coupable de comprendre trop vite, et coupable de n’avoir rien vu venir.
    Je suis coupable d’en faire trop et coupable de ne jamais donner assez.
    Je suis coupable de trouver parfois la culpabilité agréable.
    Je suis coupable d’aimer un certain nombre de châtiments.
    Je suis coupable de ne pas parler de vous, de ne pas vous parler, de trop vous parler, de vous parler tout court.
    Je suis coupable depuis que je suis toute petite et peut-être même ma mère avant moi.
    Je suis coupable d’être inexistante et de vouloir le rester.
    Je suis coupable de disparaître. Je suis coupable d’avoir des choses à me reprocher.
    Je suis coupable d’être minable. Je suis coupable d’être là. Je suis coupable d’être ce que je suis et de m’appliquer à ne plus être ce que je ne suis pas.
    Je suis coupable d’avoir passé 40 ans. Et d’aggraver régulièrement mon cas.
    Je suis coupable de donner mon amitié. Celle-là, je l’ai bien cherchée.
    Je suis coupable d’avoir envie que les autres soient heureux.
    Je suis coupable de les rendre malheureux.
    Je suis coupable et quelquefois je ne sens même plus quand je me coulpe
    Je suis coupable de perdre mon temps sur un réseau social plutôt que d’utiliser cette immense compassion à œuvrer pour la paix dans le monde, contre l’illettrisme et pour l’éradication de la pauvreté.
    Je suis coupable d’être une anonyme.
    Je suis coupable d’être banale : un ensemble hétéroclite de morceaux bien entiers.
    Je suis coupable de ne pas aimer me laisser faire.
    Je suis coupable de me sentir coupable quand je suis forcée. Quand les choses se passent malgré moi. Je suis coupable d’être impuissante. Je suis coupable de ne pas dire non.
    Je suis coupable de ne pas me justifier.
    Je suis coupable d’avoir un gros cul, de ne pas avoir de seins, d’avoir des seins, de montrer ma culotte, de ne pas avoir de culotte, de marcher dans la rue, d’être dehors tard, de prendre des trains seule, de ne pas avoir de bombe au poivre, de savoir me défendre, d’être défendue, de ne m’être pas défendue, d’être fendue tout court, d’avoir un cul, d’avoir la tête dedans, de n’avoir pas plutôt mis un pantalon, de l’avoir parfois enlevé, de vouloir gagner ma croûte saveur vanille en pentes douces, d’aimer quand ça pique et avant tout je suis coupable d’être l’une de ces honteuses dégueulasses fâchées avec les dates qui très régulièrement noie d’un sang impur son propre sillon.
    Je suis coupable de croire des choses que je n’ai pas vues et de toujours questionner ce qu’on me montre.
    Je suis coupable de reconnaître mes faiblesses.
    Je suis coupable d’avoir tant de choses à explorer et sûrement coupable de ne pas oser.
    Je suis coupable d’aimer avoir mal. Je suis coupable de ne plus supporter la douleur. Je suis coupable de chercher le plaisir. Je suis coupable de ne pas toujours le laisser me trouver. Je suis coupable de lutter contre la nature, je suis coupable de lâcher mes instincts.
    Je suis coupable d’emboîter le loup et d’hurler avec les pas.
    Je suis coupable de plus souvent remuer le couteau que la queue.
    Je suis coupable de tous mes droits.

    Et je me reconnais bien là.

  • Tout (et son) contre elles

    Je suis la jeune
    Je suis la mère
    Je suis l'aïeule
    Je suis la putain.
    Je suis l'hystérique et je suis la posée.
    Je suis celle honteuse de son corps et celle qui viendra fièrement l'agiter sous ton nez
    Je suis celles qu'on a blessées et celles qu'on a choyées.
    Je suis la main posée sur ta joue. Je suis le poignard planté droit dans ton coeur.
    Je suis la salope recouverte de foutre. Je suis la reine sanglante et la petite chose cassée.
    Je suis dans chaque femme que tu vois, dans chaque femme que tu désires, dans celles que tu méprises, dans celles qui te font naître et celles qui te fermeront les yeux.

    Je suis la femme au ventre flasque et celle au ventre dur. Je suis la puissante propulsée des kilomètres dans l'eau et celle qui casserait net en se penchant sur ta bouche. Je suis celles dont de belles queues ont visité chaque recoin et la vierge de toutes qui ne voudra que la tienne. Je suis la vieille colorée en blond qui ne sait pas que tu ne l'aimeras jamais. Celle dont tu laboures le ventre et celle qui accueille tes pleurs. Celle auprès de laquelle tu passes sans la voir, et celle dont tu te moques.

    Je suis la source du plaisir et celle qui blesse les bêtes à mort. Je suis la lumière, je suis l'ombre et je suis l'absence de tout entre les deux.

    Je suis la femme-fleur dans chacune de mes soeurs.
    Trouve la femme-fleur dans chacune de mes soeurs.

  • rêve-Elle-Toi

     

     

    "Je suis dans le  bus. Debout, avec mon ami. Je pue l'alcool et la clope.

    "Si tu m'en crois, une douche et un café et hop: Maman et les marmots aux activités familiales  ni vu ni connu.

    - ...

    - Tu veux la revoir?"

     

    Il sort son téléphone et là mon sceptre, mon sceptre irréel qui entre et sort d'un anus. Celui d'une femme, passe encore.

    Devant moi mon sceptre irréel qui entre et sort de l'anus d'un homme."


  • Go ask Alice

    C’est une queue normale. En gros plan. Sur fond de ventre. Une toison légère. D’ici, on voit une jolie peau.

    Le gland est renflé et saillant. C’est une bien droite. Bien tendue. Bien tenue.

    Au dessus, on entend un souffle. Qui s’accélère doucement. Un léger clapotement. Un mouilleur.  Le gland se met à briller, couvert/découvert, couvert/découvert.  Je ne regarde pas la main. La main ne bouge pas. Pas de pouce qui passe sur la peau douce. La main est crispée autour de la queue.  C’est elle, le rôle titre. Pas la main.

    J’ai, fugace, une grosse envie de collection.

    Un rompu dans le rythme du souffle.  Très léger, très subtil, animal et rentré, un grognement.

    La peau, le gland, la main se tendent ensemble.  Un flot de foutre, puis  un autre, épais, très blanc, crémeux et liquide, puis un autre. Un flot de foutre qui sourd, gracieux, dans une volute, hésite et jaillit. Puis un autre. On les entend s’écraser sur une surface plus bas. Le sol. De l’eau.

    Ça dure 45 secondes.

    Et c’est à moi.


  • Par le trou de la chattière

     

     

     

    un monsieur : c'est ma joie petite pute
    un monsieur : te traiter de salope
    un monsieur : me fait toujours plaisir
    un monsieur: et il y a un monde entre salope
    un monsieur : petite salope
    un monsieur : et chienne
    un monsieur : petite chienne....

    une poupée: Quand on en a une, on dit ma.

    une poupée: Ma petite salope.

    une poupée: Ma petite chienne

    une poupée: Ma petite pute à foutre.

    une poupée: Ma garce

    une poupée: On dit ce n'est plus ta bouche. C'est ma bouche. Tu l'ouvres quand je le dis.

    une poupée: On dit ce n'est plus ton cul. C'est mon cul. Tu l'écartes quand je le dis

    une poupée: On dit ce n'est plus ton plaisir, c'est mon plaisir. Tu jouis quand je le dis.

    une poupée: On dit ce n'est plus ta chatte. C'est ma chatte. Je la pénètre quand je le veux. Avec ce que je veux. Avec qui je veux. Aussi longtemps que je veux.

    un monsieur: j'ai lâché de grands flots de sperme en vous lisant "on dit..."

    (Rideau)

  • Le banc de lady Chatterley

    Je ne suis pas là où j’ai dit que j’étais.  Je suis sur un banc, face à la mer.  Je n’ai plus rien à voir, pour encore quelques semaines, avec cette ville du nord attachante et froide, qui, certains matin m’accueille par la droite avec son incomparable, sa délicieuse,  sa très fausse odeur de pain juste grillé.

    J’ai brouillé les pistes et me suis emmêlé les pinceaux.

    Je suis sur un banc, face à la mer. Une mer pas tranquille, autour des toits d’ardoise, de très beaux hortensias.  Du vert, du paille, du bleu et du gris, du vent. Et tout à l’heure les fruits de mer, les enfants, les amis, mon amour.

    Je suis sur un banc et je pense à une femme.

    Si c’est une femme. Des bouts de corps dont je ne suis pas bien sûr qu’ils sont bien à elle posés ça et là sur des pages et des pages, et une voix.  Une voix basse, lente, posée, qui raconte longuement.  Je suis cette voix le long des quais, le long des îles, le long des boulevards.  Sur de petites places, dans des endroits qui me sont familiers. Je connais les odeurs, les sons qui bordent cette voix inconnue.  Je sais où elle est, où elle passe, d’où elle me parle.  Je sais d’où elle veut que je sache qu’elle me parle.  Je la suis dans l’eau, son eau sale qu’elle soulève longtemps et toujours au même rythme. Je la suis à son rythme de voix qui se déplace, qui scande.  Je suis l’image que la voix me donne à voir.  L’image crue que la voix me donne à voir.

    Je suis sur un banc, et je pense à une femme avec une voix.

    J’ai choisi quelque chose de compliqué. Pour l’entendre, je dois être là.

    Là en même temps qu’elle.  Le jeu que j’ai choisi reconstitue dans le noir vide et binaire les correspondances d’antan, où la réponse n’était pas immédiate. Je suis là-pas-là.  Et pourtant, je la ressens comme une basse, cette voix que je n’entends pas. Dans mon cerveau, dans mon plexus, et même quelquefois  dans le sang qui vient battre à la base de ma queue.  

    Je suis sur un banc et je pense à une femme avec une voix que je n’entends pas et qui crée pourtant une étrange torpeur.

    Je suis sur un banc, et je pense à une putain de berceuse.  

     

  • Me and the dragon

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    Gleeden est un endroit  curieux et fascinant imaginé par des surdoués, dont l’objet affiché est de  prostituer à des entraîneuses gratuites des hommes très contents de payer.  

    Alors je m'applique.

    J’y ai un grand père scatophage,  qui m’insulte quand je lui réponds mais nous vénère, moi et ma merde, quand je me tais. Il pense me dégouter alors je ne lui dis rien de la bouffée d’affection qui me saisit au contact des gens qui ont sacrifié leur honte à leurs amours.  

    J’y ai des soumis très jeunes et moins jeunes, qui viennent se frotter un peu, et que je renvoie doucement vers des dames choisies.  Ces animaux là, trop musclés et bien trop exigeants, me prendraient un temps que je leur consacrerais volontiers si j’avais la grâce d’en disposer. Plus tard. Pas encore. L’envie vient doucement. 

    Je suis en train de m’y faire un ami. Peut être même plusieurs.

    J’y branle des hommes. Assouvissant ainsi une déviance personnelle. Je les branle de mes histoires. Je les attise, je les répands. Certains remercient pour le temps que je leur consacre, et dont ils achètent pourtant chaque mot.  Pute verbale.  Je repense à Duras, la pute de la côte normande. Et à Anna, du coup, évidemment.   Je pense toujours à  Anna.

    Dans l’immense piscine sale, où (ravissement total) des trous sont percés dans CHAQUE paroi de CHAQUE cabine, à hauteur de chatte, j’ai repensé au Loup aussi : 'je choisis la vilaine, le jouet le plus dangereux.'

    Moi je choisis le semblable.

    J’ai attendu un peu avant d’ouvrir le message. Briser le silence que je m’étais occupée à soigneusement remplir me coûtait.  Quatre pages de silence plein à craquer. Deux jours. A écouter respirer. A sentir respirer.  A offrir, à un inconnu silencieux et paisible, mon impudeur en blanc sur violet, sans réaction. Sans retour. Sans rien en retour surtout.  J'ai adoré ça.  

    Un joueur doué. Un voyeur d’âmes. Je l’ai envoyé sur mars. silencieuse à mon tour, j'ai regardé ce qu’il piochait. Il a filé au noyau.

    Avant d’ouvrir le message,  je me suis dit ma fille, si tu as de la chance, la première chose que tu vas lire c'est Kikou!

    Pas de chance.

     

    Les princes charmants, j’ai envie de les promener par les cheveux, tête contre ma cuisse, droit sur le taureau. 

    Mais marraine la fée, c'est quand celle veut.

    Poutous,

    Cend’.

     


  • la poupée qui disait qu'elle voulait un poème

    Je ne viens pas te chercher avec mes mots.

    Je viens te chercher avec mes couleurs.

    Je te bleue tout entière.

     

    Au début  il y a eu les couleurs, tout de suite. le bleu, partout les couleurs fondues-enchaînées qui tourbillonnent dans le  ventre, beaucoup de bleu encore, du jaune, pas mélangé. Les cuisses  vertes. Le noir dans les reins et le noir sur la mâchoire.

    Après,  il y a eu le tipi. Le tipi rouge, puis le tipi de peau couleur de peau et brodé comme celui des playmobils, et le feu au milieu, l’ouverture, ma place en biais, et personne pour m’y rejoindre. Et puis le bleu sombre, qui palpitait.

    Il y a eu la petite chose, rouge rose, qui était dans mon ventre, sous mes côtes et que j’ai ramenée avec les couleurs, avec mon air dans ma poitrine. La petite femme ou la petite fille très ancienne, lovée endormie, son dos contre la peau de mon ventre, et qui est avec moi, maintenant.  Maintenant, il y a la petite chose, à sa place près de mon cœur.

    Il y a le sceptre, à la tête de serpent métallique, qui tient le tout et qui ne veut pas faillir. A qui il a fallu parler pour lui dire qu’il n’avait pas besoin de tout porter seul, que même s’il ne portait plus, nous toutes aurions encore  besoin de lui, et qu’il aurait sa place. A qui il a fallu dire que, lorsque les choses étaient à leur vraie place, elle tenaient ensemble d’elles-mêmes, que tout alors  tiendrait ensemble sans qu’il doive lutter pour tenir, et puis le sceptre est redevenu serpent, et s’est mis à faire des 8 à l’horizontale dans le bas de mon dos, en me massant tout entier de l’intérieur dans un grand espace que je ne connaissais  pas.

    Et Marie a essayé d’amener la poupée. Mais rien ne venait. Elle m’a demandé si j’écrivais. Elle m’a dit qu’elle voyait un poème.  Que la poupée voulait son poème.  

    Elle a dit d’essayer de savoir ce que moi je pourrai apporter, leur donner pour que tout le monde soit mieux.

     Trois…. les couleurs, la petite chose, et le sceptre-serpent.

    (La vigie-qui-ne-s’appelle pas la vigie, celle sur l’épaule qui surveille l’intérieur n’est pas venue.  Mais comme elle n’existe pas en vrai, elle a eu raison de s’abstenir)

    Plus tard, dehors, il y a eu le monsieur qui travaille chez Emmaus et qui est venu me parler et m’a cherchée ensuite.

    Je me suis dit que la poupée ne devait vraiment pas être loin du bord.

    Et tout de suite dans le métro, le monsieur qui faisait la manche, et qui, visiblement très malhabile à la conversation,  a tenu à prendre un moment pour me souhaiter pâques, me conseiller des promenades près de Joinville sur les quais de la Marne. Voulant vraiment, humain et charmant peut être pour la première fois depuis longtemps, et touchant aussi, beaucoup, m’apporter quelque chose.

    Dans le métro j’ai écrit à la poupée, et j’ai arrêté quand le poème - pas-poème est venu tout seul.

    Je ne viens pas te chercher avec mes mots. Je viens te chercher avec mes couleurs. Je te bleue, tout entière.

    Il y  a eu la jeune fille qui me souriait dans le train bondé, et l’autre, charmante et à l’odeur délicieuse, qui s’est assise à côté de moi.

    Dans la voiture, après, je me suis demandé pourquoi il n’y avait pas eu une orgiaque pour se montrer. Et là, aussitôt la sensation de ce rouge violet que j’avais vu, entre estomac et plexus : l’Orgiaque, c’est le rouge-violet.

    C’est là que j’ai compris : la poupée, c’est le bleu. Le bleu partout.

    Je ne savais pas que j’étais colorée, j’ai dit à Marie quand on a eu fini.

    Elle, elle l’avait vu tout de suite.

  • Empares

    Et d’un coup ça bascule. Je n’ai pas de corde. Je l’enserre de mes jambes. Je n’ai pas de fouet. Je le tords de mes mains. Je n’ai pas de queue. Je le prends d’en dessous. D’en dessous je l’enserre, du creux de sa nuque je lui parle.  En chuchotant je crie. De ma main, il ne veut pas, je le répands.

    Et d’un coup ça bascule. Je m’empare d’un homme.

  • More or laisse.

    mars n'est pas un blog. mars, ce ne sont pas des textes.
     
     mars c'est du more moi.
     
     
     
    Je ne suis même pas sûre d'avoir envie qu'on lise.
    Je ne suis même pas sûre d'écrire.  Je ne cherche pas de lecteur.
    Le lecteur, je ne le comprends pas. J'ai putain d'essayé, le lecteur. J'ai même cru que ce que je voulais, c'était le meilleur. On ne se comprend pas. Je crois qu'il attend quelque chose. Je me demande comment le lui donner. Je crois que je lui dois. J'essaie de plier, j'essaie de rendre et je casse. Ou c'est lui qui y passe.
     
     "J'aime tes productions", dit la twitteuse
    " si vos textes anciens ne manquaient pas
    d'intérêt, votre façon de couper court à une conversation,
    même virtuelle, est médiocre." dit la copieuse
    "Pourra-t-on continuer à vous lire, sur mars?" dit la lieuse
    "Vous, vous vous continuez" dit la plus belle, la première,  la pas-lectrice. La senteuse.
     
    Je n'écris pas. Je ne produis pas. Je ne publie pas. Je ne propose pas. Je n'expose pas. Je more
     
    Lecteur, tu perds ton temps.
     
    Mais le senteur, mais le frotteur, on se reconnaîtra.
     
     
     
     
     
     
     
     
     

  • Summer 78/88/98/...08

    Je l'ai acheté, et pendant quelques dizaines de minutes, seule, dans la voiture, j'ai eu envie de rouler au vent  avec le volant du mauvais côté, j'aurais voulu que l'autre rive de la Manche nous ait gardés.

     

     

    C'est comme un poème que tout le monde pourrait faire, et puis quelqu'un l'a fait et ça touche tout le monde.



    Merci encore, Joseph.

     


     

     

     

     

     

  • Le Sadoscope de Tata (qui pique un peu, lui aussi).

     

    Ambiance générale : Il reste encore du temps pour profiter des vacances avant que fanent les orties.

    Dom : si tu ne m’écoutes pas moi, essaie de prêter l’oreille à cette petite voix ténue, celle qui s’élève lorsque tu fais enfin taire ton satané  ego. C’est elle qui, le plus sûrement, fera éclore tes passions, naître ces moments délicats que tu convoites, elle, encore qui  te guidera vers le sommet de ton art.

    Brat : « accordez-moi la grâce de produire quelques beaux vers qui me prouvent à moi-même que je ne suis pas le dernier des hommes, que je ne suis pas inférieur à ceux que je méprise ! » suppliait Baudelaire en râlant à une heure du matin. Et toi, Brat, quelle serait-elle, ta  prière du coeur de la nuit ?

    Soum: toi qui portes fièrement ton collier, *ton précieux* anneau de soumission, souviens-toi que des deux, tu en restes le maître. Son pouvoir, c’est toi qui le choisis.  Son éclat, c’est toi qui le lui offres.  Sa valeur ne dépendra jamais que de toi.

    Mistress : On t’imagine trop juchée sur de hauts talons noirs, jupe brillante et sombre et fendue, on te raffole  dure, méchante, affirmée et forte, on aime  ta rigueur et ton effrayant courroux. Alors que toi, féminine et douce, tu sais comment s’infligent, en vérité, les plus cuisantes contraintes.

    Sado : Tu restes un insondable mystère pour tes contemporains. Ignoble vicieux, monstre froid, tu es cependant beaucoup plus proche du cœur qu’on le croit, n’est-ce pas ? Il te faut être d’une grande sensibilité pour infliger la douleur, la vraie, la juste, la bonne. Tu es un pervers rare, Sado. Peut-être un pervers vrai.  

    Maso : Hypersécréteur d’endorphines, drogué à l’adrénaline,  monopolisant l’attention, tu te vautres avec entêtement, tu imposes tes exigences,  tu vises l’intensité et surtout rien de moins.

    Doll: C’est toi, Poupée, la plus versatile de toutes. Tu promènes tes rondeurs roses ou  tes frous-frous dorés avec la nonchalance d’un bel animal. A l’affût d’un ascendant.

    Daddy : de tous les maîtres, tu es celui, le seul, qui jamais ne rechignera à changer une couche.

    Primal : Panthère un peu pelée, nonchalamment juchée sur une haute branche ou musaraigne aveugle armée de ses seules dents, il te faudra réfléchir aux deux faces de ta même pièce, aux faiblesses que tu caches, et en faire tes forces.

  • Une chatte d'activités

     

    Mes chers pervers, doux soumis, sale maso.

    Avez-vous déjà feuilleté l’un de ces livrets qui proposent aux plus petits d’exercer leur sens du toucher sur des surfaces tour à tour rugueuse, douce, souple, dure, renflée, concave, brillante, mate, dentelée, velue, piquante, résistante, effacée, appuyant, caressant, tournant, frappant un peu, risquant un doigt timide, puis une paume joyeuse, passant avec envie à la sensation d’après, repassant  à la fin sur les premières pages, ou la préférée ?

    Repenses-y.

    Je ne t'embrasse pas, je pique (un peu).

     

     

  • Domino: 3000.-

    Vous évoquez la prostitution.

    Des rendez-vous à  Milan, Nice, Genève, Paris, Tanger.

    J’y devine, je me trompe peut-être, des inconnus ayant négocié votre venue.

    Voyageuse silencieuse au gré de mystérieuses sollicitations. Petite valise.

    Vous êtes brune. 

    Vous avez cette peau fine et tendue des gens qu’on a envie de démonter.

    D’ailleurs c’est cela qui donne tant envie. Non pas la forme de votre poitrine, naturelle, un peu affaissée, un peu tombante, aux aréoles larges irrégulières, aux tétons étrangement longs sur des seins menus.  Des seins dont vous vous préoccupez peu et qui justement émeuvent. Des seins qu’on peut frapper, tordre et marquer. Non pas la taille, étroite qui de dos se creuse douloureusement de deux profondes ouïes  dans lesquelles le poing, la pogne se logent.  Non pas le dos élargi ou les cuisses nerveuses mais cette envie qui nous prend  en voyant vos os fins sous votre peau brune tendue de vous démonter, de vous disloquer, de vous scinder en deux. De vous tuer. D’être le dernier à vous prendre. Le dernier à disjoindre vos jambes. Le dernier à écarter votre cul. Le dernier à vous saigner. Le dernier à vous mordre, vous mordre et vous mordre encore. D’être celui qui aura raison de votre fragilité. Celui qui vous cassera. Vous faire mal.

    Pourtant vous n’êtes plus jeune, si vous l’avez jamais été. Vous êtes sans âge, sans marque. Vous scandez votre propre temps. A nous qui épousons de très jeunes putes pour qu’elles se conduisent en épouses, vous offrez le plaisir trouble d’une épouse qu’on paye à faire la pute.

    Vos attentifs silences tarifés impressionnent. Point de ces Cum Cum Baby oh Baby distants dans le blanc des yeux, la bouche peinte épaisse qui avance. La vôtre aux lèvres fines est aussi close que vos yeux sont grand ouverts.  Vous êtes là tout entière, silencieuse présence pénétrée et tordue. Votre nez morve. Votre chatte s’assèche et se mouille. Votre cul résiste. Votre bouche bave. Votre mascara coule. Cette peau fine tendue sur vos os. Vous êtes vivante, dame payante.